Marion Cotillard et Guillaume Canet : la réponse inattendue face à la rumeur
Vendredi 16 octobre, avant-première de Karma : au moment de l’échange avec l’équipe du film, une spectatrice se lance, en prenant beaucoup de gants. « J’espère que Marion ne le prendra pas mal, mais hier, à Quotidien, face à Yann Barthès, l’espagnol, c’était… » La phrase reste en suspens, et tout le monde a compris.

Marion Cotillard ne se démonte pas. « Je ne parle pas du tout espagnol. Je ne le prends pas mal, c’est une réalité », répond l’actrice oscarisée, comme l’a relevé Embodia Magazine. Puis elle glisse, malicieuse, une promesse pour le film : « Par contre, vous allez voir, je parle hyper bien espagnol. »
Et c’est là qu’intervient le réalisateur, qui est aussi son ex-compagnon. Guillaume Canet lâche, pince-sans-rire : « Parce que je voulais que ce soir, vous lui fassiez une réflexion sur l’espagnol. » Une pique ironique, un sauvetage en règle, et la salle se détend d’un coup. Ces deux-là se sont séparés en juin 2025, après dix-huit ans de vie commune, et pourtant ils sont là, côte à côte.
Vous pensez connaître l’histoire de ce couple ? Dix-huit ans de films, de rumeurs et de tempêtes, mais surtout un épisode, en 2016, qui dit tout de leur manière de faire face. Une réponse que personne n’avait vue venir. Pour la comprendre, il faut remonter le fil depuis le début.
Une phrase en suspens, et toute une histoire derrière
La veille de cette avant-première, sur le plateau de Quotidien, l’ambiance était nettement moins légère. Le jeudi 15 octobre, sur TMC, Yann Barthès interroge l’actrice sur l’exposition de leur fils aîné, adolescent, qui tient un second rôle dans Karma. Selon AlloCiné, l’animateur diffuse des images du jeune homme sur un photocall et lance une question qui pique.
La réponse fuse : « Je ne l’ai pas jeté. C’est très déstabilisant, je ne pensais pas qu’il aurait cette exposition si jeune. » Barthès insiste et parle de « cirque », elle se ferme d’un cran : « Non mais je ne l’ai pas lancé ! » Selon AlloCiné, l’actrice n’a pas caché son agacement face à l’insistance de l’animateur.

Ce film, justement, c’est un pari. Karma se déroule dans un village du nord de l’Espagne, où Jeanne, son personnage, tente de refaire sa vie avec Daniel, incarné par l’Argentin Leonardo Sbaraglia, sans rien lui dire de son passé. Quand Mateo, son filleul de six ans, disparaît, la police la soupçonne. Elle s’enfuit alors en France, dans la communauté religieuse où elle est née.
Le 15 mai dernier, le film a été présenté hors compétition au Festival de Cannes, et la projection s’est achevée sur six minutes d’ovation. Pour un réalisateur et une actrice séparés depuis presque un an, l’image avait de quoi troubler. Et le tournage, lui, avait commencé bien avant la rupture.
Les prises de vues ont débuté le 24 février 2025 à El Port de la Selva, en Catalogne, avant de se poursuivre en France, dans le Lot et en Corrèze. Canet a annoncé la fin du tournage le 28 mai 2025. Retenez bien cette date. Elle va prendre tout son sens un peu plus loin.
Un autre détail a de quoi faire sourire les fidèles. La musique de Karma est signée Yodelice, le groupe de son ami Maxime Nucci. Fin 2010 et début 2011, Marion l’avait accompagné en tournée et sur quelques plateaux télé. Sur scène, elle se faisait appeler « Simone », le prénom de sa grand-mère maternelle, « qui rêvait d’être chanteuse ».
Car ce film, Canet l’a écrit pour elle. Dans un entretien à l’AFP publié ce mois-ci, il avoue un vieux regret : « J’avais cette frustration d’avoir travaillé avec une actrice que j’estime être une des plus grandes actrices au monde et de ne pas lui avoir offert un grand rôle. » Une déclaration d’admiration, presque un aveu. Mais d’où vient ce lien si particulier ?
La petite fille qui ne trouvait plus ses mots

Marion Cotillard naît le 30 septembre 1975 à Paris, dans le 12e arrondissement. Chez elle, le théâtre n’est pas un rêve lointain, c’est le métier de la maison. Sa mère, Niseema Theillaud, est comédienne de théâtre et directrice d’acteurs. Son père, Jean-Claude Cotillard, est un spécialiste du mime et du burlesque qui part en tournée jusqu’en Asie.
Le décor, lui, n’a rien de glamour : la famille vit plusieurs années dans une tour d’Alfortville, près de Créteil. En 1977 arrivent deux petits frères, les jumeaux Quentin et Guillaume, unis par une complicité fusionnelle. Marion, elle, reste à l’écart, solitaire, isolée aussi à l’école.
Elle traverse alors une véritable phase de mutisme, dont la sortent les planches. « Avec le théâtre, j’ai recommencé à m’exprimer en employant des mots que d’autres avaient déjà utilisés », a-t-elle raconté. Le théâtre l’a aidée, dit-elle, « à retrouver les mots qui m’avaient tellement manqué ». Son père, lui, lui montre des films muets et l’initie au mime.

Puis vient Orléans : option théâtre au lycée Voltaire, puis, en 1994, le Conservatoire d’art dramatique de la ville, où elle suit notamment les cours… de son propre père. La même année, elle décroche le premier prix du conservatoire. En 1997, c’est son cousin, le comédien Laurent Cotillard, qui la dirige pour sa première apparition sur scène.
Il y a pourtant un détail qui aurait pu tout faire dérailler : son nom. Invitée de Variétés sur RTL, samedi 17 octobre, elle l’a confié à Augustin Trapenard : « On m’a dit qu’il fallait que je change de nom. On m’a dit clairement qu’il fallait que je le fasse. » Elle ne l’a jamais fait, par respect, explique-t-elle, pour ses grands-parents et pour son père.
Le plus fou, c’est qu’elle n’a jamais aimé ce nom. Au micro de Konbini, elle a raconté comment son cousin avait croisé une actrice, dont elle tait l’identité. Il lui parle de sa cousine comédienne. Le verdict tombe, cinglant, quand l’actrice apprend qu’elle porte le même nom que lui : « Non mais c’est impossible. »

Impossible. Le mot reste en travers de la gorge. Des années plus tard, ce nom jugé injouable s’affichera sur les écrans du monde entier. Mais avant d’y arriver, il va falloir manger un peu de vache enragée.
Pâte à modeler, taxi et une étiquette qui colle

Le premier prix d’Orléans lui offre une apparition de quelques minutes dans la série Highlander. Ensuite, direction Paris, près de la gare du Nord, où les rôles sont minuscules et les fins de mois difficiles. Entre deux tournages, la future star tente même de vendre des figurines en pâte à modeler qu’elle fabrique elle-même.
Et puis, en 1998, le coup d’accélérateur : Taxi, produit par Luc Besson, cartonne. Elle y joue la compagne du héros et décroche, à 23 ans, sa première nomination aux César. La France entière découvre son visage, et elle reprendra le rôle dans les deux suites.
Mais le succès a un revers. Libération a écrit plus tard qu’elle avait « longtemps traîné une image de godiche du cinéma français ». Elle-même craint d’être enfermée dans un rôle d’« actrice-poupée ». Après Taxi 3, sorti en janvier 2003, elle prévient Luc Besson : c’est terminé pour elle, son personnage reste toujours « en retrait ».
Entre-temps, un appel venu d’Amérique change la donne. Tim Burton lui offre un petit rôle dans Big Fish, sa première incursion dans le cinéma américain. Un signe qu’elle juge providentiel. La jeune femme de la tour d’Alfortville commence à regarder plus loin.

Puis vient le déclic critique. En février 2005, elle reçoit le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, avec quelques minutes de présence à l’écran à peine. Elle y joue une prostituée qui veut venger son amant mort dans l’enfer des tranchées, et la « godiche » cloue le bec à ses détracteurs.
Mais pour comprendre la suite, il faut faire un détour du côté de Rambouillet. Là-bas, un autre destin s’est joué quelques années plus tôt. Celui d’un garçon qui, lui, ne rêvait pas de cinéma. Il rêvait de chevaux.
Le jeune cavalier qui n’aurait jamais dû faire du cinéma
Guillaume Canet naît le 10 avril 1973 à Boulogne-Billancourt. Ses parents élèvent des chevaux et possèdent un haras du côté de Rambouillet. L’enfant ne pense qu’à une chose, devenir cavalier professionnel de saut d’obstacles, et le cinéma n’est pas au programme.
Et puis tout s’arrête net : il a 18 ans, comme le rappelait le JDD en 2015, lorsqu’une chute brise ses rêves de carrière. Lors d’un concours, son cheval part une foulée trop tôt devant l’obstacle, et le cheval comme le cavalier tombent. Pire, le cheval se relève sur le jeune homme.
Le garçon a aussi longtemps boxé, de 16 à 25 ans, a-t-il raconté au JDD, en rêvant même de passer professionnel. « Mais je n’étais pas assez bon et je n’aimais pas prendre des coups dans la gueule ! » Son idole d’enfance, c’était le boxeur Marcel Cerdan, le compagnon d’Édith Piaf. Gardez ce nom en tête, il va resurgir de façon troublante.

Faute de chevaux, il prend la scène : Cours Florent, théâtre, quelques téléfilms. En 1999, il est nommé au César du meilleur espoir masculin pour En plein cœur, puis il part donner la réplique à Leonardo DiCaprio dans La Plage de Danny Boyle. Le jeune cavalier blessé est devenu un acteur que le monde regarde.
Mais il veut aussi être de l’autre côté de la caméra. Après l’échec de Vidocq, il écrit et réalise son premier long métrage, Mon idole, sorti en 2002. Il y offre son premier rôle au cinéma à sa femme, l’ancien mannequin allemand Diane Kruger, rencontrée en 1999 et épousée en septembre 2001.
À ce moment-là, sur le papier, rien ne rapproche vraiment le réalisateur marié et la jeune actrice de Taxi. Rien, sauf une amitié qui existe déjà depuis plusieurs années. Et qui va bientôt passer devant une caméra.
1997 : la rencontre que personne n’a vue venir
Ils se connaissent depuis 1997, mais à l’époque, chacun vit sa vie. Elle fréquente l’acteur Julien Rassam, fils du réalisateur Claude Berri, tandis que lui est sur le point de rencontrer Diane Kruger. Entre eux, rien d’autre qu’une belle amitié, comme le racontait Yahoo en 2019.
La vie de Marion bascule alors dans le drame. Le 18 octobre 1998, Julien Rassam se défenestre sous ses yeux depuis le troisième étage de l’hôtel Raphael, à Paris. Il en restera tétraplégique, avant de se suicider en 2002.

Les années suivantes, chacun suit sa route amoureuse. De 2000 à 2005, elle est en couple avec l’acteur Stéphan Guérin-Tillié, avec qui elle tourne plusieurs fois. Puis elle fréquente le chanteur Sinclair, de 2005 à 2007. Canet, lui, divorce de Diane Kruger en janvier 2006.
Mais c’est un tournage qui fait tout basculer. Dans Jeux d’enfants, de Yann Samuell, les deux amis jouent deux personnages liés par le fameux jeu du « cap ou pas cap », et leur complicité crève l’écran. Le film dépasse le million d’entrées en France et vaut à Marion le Trophée Chopard de la révélation féminine à Cannes en 2004.
Plus de vingt ans après, Canet n’a rien oublié. Interrogé par la marque Sandro sur « la chose la plus bizarre » qu’il ait faite dans une bibliothèque, il a répondu sans réfléchir. « J’ai tourné une scène où j’ai rencontré la mère de mes enfants, Marion, pour Jeux d’enfants. C’était une scène dans laquelle nous nous sommes en quelque sorte rapprochés… »
Selon Purepeople, la scène avait été tournée dans les travées de la bibliothèque universitaire de Liège. À l’époque pourtant, toujours selon le site, rien ne laissait entrevoir une idylle. Chacun était encore en couple de son côté. Il faudra attendre plusieurs années pour que la fiction rattrape la réalité.
Et quand la fiction finira par rattraper la réalité, ce couple deviendra une cible. Si exposée qu’un jour, il faudra trouver une parade inédite pour faire taire le bruit. Mais pour l’instant, nous sommes en 2007. Et tout s’emballe.
2007, l’année où tout s’emballe


En octobre 2007, c’est officiel : Marion Cotillard devient la compagne de Guillaume Canet. Dix ans après leur rencontre. Le timing est vertigineux, car les deux artistes sont au sommet au même moment. Cette année-là, Canet décroche le César du meilleur réalisateur pour Ne le dis à personne.
Avec ce thriller adapté d’Harlan Coben, il devient le plus jeune réalisateur « césarisé » de l’histoire du prix. Le gamin tombé de cheval a pris sa revanche. Et de l’autre côté, sa nouvelle compagne s’apprête à vivre la folie d’une vie.
Le rôle, c’est Édith Piaf, dans La Môme d’Olivier Dahan, et elle a failli ne jamais l’avoir. Les producteurs lui préféraient Audrey Tautou, mais Dahan exige : « Cotillard ou personne ». Ce choix aurait même conduit TF1 à diviser son financement par trois, l’actrice n’étant pas assez « bankable » aux yeux des investisseurs.
Pour devenir Piaf, elle s’impose une métamorphose : cinq heures de maquillage par jour, sourcils et naissance des cheveux rasés, une voix grave, le corps tassé. Le film dépasse les 5 millions d’entrées en France. Et vous vous souvenez de l’idole d’enfance de Canet, Marcel Cerdan ? Sa compagne vient d’incarner la femme qui partageait la vie de son héros.
Ce rôle va la hanter pendant neuf mois et, dans The Guardian, elle a raconté avoir tout tenté pour se libérer de Piaf. « J’ai fait des exorcismes avec du sel et du feu. J’ai voyagé jusqu’à Bora Bora pour lui échapper. » Mais le meilleur reste à venir, direction Los Angeles.
Un soir de février, à Hollywood

Le 24 février 2008, au Kodak Theatre, Forest Whitaker ouvre l’enveloppe de la meilleure actrice. C’est elle. L’actrice française monte sur scène. Dans son discours, archivé par l’Académie des Oscars, elle remercie Olivier Dahan : « You rocked my life ».
Puis elle cherche ses mots, en anglais. « I’m speechless now », lâche-t-elle avant une phrase restée célèbre : « Thank you life, thank you love, and it is true, there is some angels in this city. » Merci la vie, merci l’amour. Prononcée quelques mois après le début de son histoire avec Canet, la formule prend aujourd’hui une autre couleur.
Le palmarès est historique. Golden Globe, BAFTA, César et Oscar pour un même rôle. Elle devient la troisième Française après Simone Signoret et Juliette Binoche à gagner cette statuette, et la seule interprète couronnée pour un rôle en langue française. La petite fille au nom « impossible » vient d’entrer dans l’histoire.
Et Canet, dans tout ça ? Il est là, mais en coulisses. Pour Mon clown, le documentaire réalisé par l’agent de l’actrice, Bastien Duval, qui la suit pendant la promotion de La Môme, il compose, écrit et interprète deux chansons : Mrs Hyde et The Fool from Liverpool. Une manière discrète d’accompagner sa compagne.
Mais la gloire a son revers. Aux États-Unis, une partie de la presse ressort une interview de février 2007 sur Paris Première. Marion Cotillard y doutait de la version officielle du 11-Septembre : « Je pense qu’on nous ment sur énormément de choses ». La polémique enfle, certains réclament même qu’on lui retire son Oscar.
Elle exprime ses regrets publiquement, à chaque occasion. Des années plus tard, en 2013, elle a résumé l’affaire avec une lucidité désarmante : « c’était l’histoire d’une petite actrice qu’on interroge sur un coin de comptoir, qui répond de façon pas très informée ni très intelligente, et on lui tombe sur la tronche pendant des années… » Elle vient d’apprendre une leçon. Les mots d’une star peuvent devenir des armes contre elle.

Les Brad et Angelina à la française

Après l’Oscar, les portes de l’industrie s’ouvrent en grand. En 2008, elle devient l’égérie de Dior et de son sac Lady Dior. Les publicités prennent la forme de courts métrages signés par des cinéastes comme Olivier Dahan ou David Lynch. Elle toucherait près de 1,5 million de dollars à chaque nouveau tournage pour la maison.
Hollywood suit : Michael Mann l’engage face à Johnny Depp dans Public Enemies, Christopher Nolan l’enrôle pour Inception. En février 2011, elle devient l’actrice la mieux payée de France et l’actrice non américaine la mieux payée d’Hollywood. La fille de la tour d’Alfortville joue désormais dans la cour des géants, et le couple qu’elle forme avec Canet aussi.
Désormais, le couple fascine. Les médias le comparent sans cesse à un tandem hollywoodien bien précis : Brad Pitt et Angelina Jolie. La comparaison flatte. Elle va pourtant se retourner contre eux de la façon la plus inattendue qui soit.
Car ces deux-là font tout l’inverse des stars américaines : ils n’apparaissent en public qu’en de rares occasions. Ils ne se marient pas, malgré des rumeurs persistantes que l’actrice dément encore dans un entretien en 2014. Selon Yahoo, ils refusent de trop s’afficher sur les réseaux sociaux, et leur jardin secret est bien gardé.
Des films à deux, et des larmes à l’écran

Sur les plateaux, en revanche, ils ne se quittent plus. En 2009, ils partagent l’affiche du Dernier Vol. En 2010, Canet la dirige dans Les Petits Mouchoirs, le film de bande devenu phénomène : près de 5,5 millions de spectateurs, deuxième meilleure performance de l’année en France.
Ce film-là, elle a pourtant du mal à le regarder : dans Marie Claire, elle a expliqué que son personnage de Marie était celui qui lui ressemblait le plus. « C’est très difficile pour moi de regarder ce film car j’y suis réellement moi. C’était même insupportable. » Une confidence rare, qui en dit long sur ce que Canet capte d’elle.
Des Petits Mouchoirs à Astérix, les films du couple n’ont pas toujours fait l’unanimité. Blood Ties, tourné aux États-Unis, attire moins de 250 000 spectateurs en France en 2013. Les Inrocks s’amusent même d’un motif récurrent chez Canet : « faire pleurer Marion Cotillard, beaucoup ». Et Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu, doté de 65 millions d’euros de budget, sera un échec en 2023.
Pourtant, ils restent fidèles à leur duo. Canet a dit son admiration pour l’engagement de sa compagne : « à partir du moment où elle a décidé de faire un film, elle le fait à 150 % ». Elle, de son côté, a confié à Madame Figaro : « Je sais qu’il aime mon travail. Et moi, j’adore être dirigée par lui ».
Quand Internet se moque, il monte au front
Au printemps 2011, leur premier enfant naît. Selon Le Figaro, ce n’est pas un hasard si le couple a choisi le magazine américain US Weekly pour annoncer la naissance. Retenez ce réflexe : quand il faut parler, ces deux-là choisissent eux-mêmes leur terrain. C’est un indice.

L’été 2012 apporte une tempête d’un autre genre. Dans The Dark Knight Rises de Christopher Nolan, son plus gros succès commercial, la scène de mort de son personnage devient virale. Un Tumblr moqueur, « People dying like Marion Cotillard », recense des internautes qui imitent son jeu. Le magazine Première juge la séquence à la fois « cultissime » et « ridicule et risible ».
L’actrice, elle, ne réagit pas officiellement. Elle avait déjà lâché à Télé 2 Semaines, cité par Puremédias : « Si vous saviez à quel point je m’en fous ». Mais quelqu’un, lui, ne compte pas laisser passer. Fin 2012, dans les colonnes de Première, son compagnon prend la parole.
« Toute cette histoire à propos de la séquence où le personnage de Marion meurt dans The Dark Knight Rises n’est absolument pas de sa faute », assure Guillaume Canet. Puis il désigne le coupable : « C’est celle de Nolan, qui aurait dû monter une autre prise ». Selon lui, elle avait proposé une multitude d’options au réalisateur.
L’ironie de l’histoire viendra douze ans plus tard. En février 2024, lors de la 49e cérémonie des César, c’est Marion Cotillard elle-même qui remet à Christopher Nolan un César d’honneur. Elle y salue un « génie » au « cinéma jubilatoire, puissant et exigeant ». Elle, au moins, a tourné la page.
D’autres voix s’élèvent. En 2013, Jean Dujardin s’emporte contre les moqueries en ligne : « Je trouve dégueulasse toute cette merde qu’on balance sur Marion Cotillard. » Plus tard, Xavier Dolan dénoncera un « mépris systématique » envers elle et Léa Seydoux. Ce n’est que quatre ans après qu’elle-même admettra que certaines réactions étaient « disproportionnées » et qu’« il y a des choses qui peuvent blesser ».
Retenez la méthode : lui monte au créneau, elle garde le silence. Il défend, elle encaisse. Mais un jour, ce schéma va s’inverser, et c’est elle qui parlera la première.

La rançon de la gloire, jusqu’aux menaces

Car la célébrité de ce couple a un prix que le public soupçonne mal. Dans le podcast Legend de Guillaume Pley, dont un extrait a été publié le 8 janvier 2025, Canet a raconté un épisode glaçant. Selon Purepeople, une fan amoureuse de Marion Cotillard lui en voulait beaucoup et a proféré des menaces.
« Ça a été très loin trop loin c’était inquiétant parce qu’il y a eu des menaces on a été obligé de prévenir les autorités pour que ça s’arrête », a-t-il confié. Selon le site, le couple n’a pas eu d’autre choix que de se défendre. Derrière les photos de tapis rouge, la vie privée devient un terrain miné.
L’actrice, elle, a déjà dû passer par la justice pour protéger son intimité. Habituée à être traquée par les paparazzis sur ses tournages à l’étranger, elle a fait condamner en 2012 un site qui avait publié des photos d’elle dans un aéroport. Le message est clair : sa vie privée n’est pas un produit en libre-service.
Dans ce contexte, la discrétion n’est pas une coquetterie. C’est une protection. Et c’est précisément pour ça que l’épisode de 2016 surprend autant. Car ce jour-là, ce couple qui fuit les projecteurs va faire exactement l’inverse de ce qu’on attend de lui.
Il faut dire que 2016 démarre en trombe pour l’actrice. Au Festival de Cannes, elle présente deux films en compétition, Mal de pierres de Nicole Garcia et Juste la fin du monde de Xavier Dolan. Elle devient la première comédienne à défendre six films en compétition sur cinq années consécutives. Un record.

2016 : le tournage qui va tout déclencher
La même année, elle retrouve Hollywood pour un film de grand spectacle, Alliés, de Robert Zemeckis. Son partenaire à l’écran ? Brad Pitt, l’autre moitié du couple auquel on compare sans cesse le sien. Selon PureBreak, ils y jouent une love story sulfureuse, rien que de très banal sur le papier pour une star de son calibre.
Sauf qu’en septembre 2016, un séisme secoue Hollywood. Brad Pitt et Angelina Jolie annoncent leur divorce, choquant la planète entière, comme l’écrivait alors PureBreak. Les tabloïds du monde entier se jettent sur l’affaire. Et très vite, ils cherchent un coupable.
Selon PureBreak, plusieurs tabloïds étrangers lancent alors une rumeur : Marion Cotillard, la partenaire de Brad Pitt dans Alliés, aurait une liaison avec l’acteur américain. Certains la disent même « dévastée ». L’actrice française se retrouve propulsée au cœur du divorce le plus médiatisé de l’année.
Imaginez la scène côté français. Le couple le plus discret du cinéma hexagonal, qui n’a jamais commenté sa vie privée, voit son nom accolé à une histoire d’adultère planétaire. La comparaison avec Brad et Angelina, si flatteuse pendant des années, vient de se retourner contre eux de la pire des façons.
Que faire ? Se taire comme pour The Dark Knight Rises, envoyer un avocat, publier un démenti sec par communiqué : toutes les options semblent mauvaises. Le silence nourrit la rumeur, le démenti l’amplifie.

Quand les rumeurs ont enflé en 2016, le couple a choisi une arme que personne n’attendait. Une arme qui, presque dix ans plus tard, prend un relief tout particulier.
La réponse que personne n’avait vue venir
Le 21 septembre 2016, Marion Cotillard publie un long message. Pas dans un journal, pas chez un avocat : sur Instagram. « Ceci sera la première et seule réaction que j’aurai concernant la déferlante inouïe qui a commencé il y a de ça 24 heures et à laquelle je suis mêlée malgré moi », écrit-elle, selon le texte relayé par PureBreak.
Puis vient la phrase qui fait tout basculer : « Pour commencer, j’ai rencontré il y a quelques années l’homme de ma vie, le père de notre fils et du bébé que nous attendons aujourd’hui. Il est mon amour, mon meilleur ami et le seul homme dont j’ai besoin. » Elle est enceinte de leur deuxième enfant, et c’est ainsi que le monde l’apprend.
Voilà la réponse inattendue. Pour faire taire les rumeurs, l’actrice n’a pas seulement démenti : elle a rendu publique sa seconde grossesse sur un réseau social. Aux médias et aux « haters, trolls et consorts » qui ont le jugement si rapide, elle souhaite même « un prompt rétablissement ». Et elle adresse à Angelina et Brad son vœu de les voir « trouver la paix ».
Quelques heures plus tard, Guillaume Canet sort à son tour du silence, sur Instagram lui aussi. « Je n’ai pas non plus l’habitude de parler de ma vie privée, que jusqu’à présent j’ai toujours protégé avec beaucoup d’attention… », écrit-il, selon Fémin Actu. Il dit sa « fierté », son « amour », son « admiration » pour Marion face à des « accusations débiles et non fondées ».

Dix ans plus tard, la même méthode

Le couple qui fuyait les projecteurs vient d’utiliser le plus public des outils, et en janvier 2017, il en fait même un terrain de jeu. Pour la promo de Rock’n Roll, où ils jouent leurs propres rôles, Canet poste une photo de Marion endormie dans un train, bouche ouverte, avec ce défi : « Rock ? Pas rock ? » Selon CinéSérie, elle réplique aussitôt avec un cliché peu flatteur de lui, et la guerre des photos est déclarée.
Le bébé annoncé dans la tempête naît en mars 2017. Le couple traverse encore huit ans ensemble, d’autres films, d’autres rumeurs. Puis, le 27 juin 2025, la nouvelle tombe : ils se séparent, « d’un commun accord ». Un mois, presque jour pour jour, après la fin du tournage de Karma, achevé le 28 mai.
Et la méthode n’a pas changé. Pas question de laisser la rumeur prendre les devants : un communiqué commun adressé à l’AFP, pour couper court aux spéculations et aux rumeurs. « Cette décision a été prise dans une bienveillance mutuelle », écrivent-ils, en demandant que la vie privée de leurs enfants soit respectée. Comme en 2016, ils parlent avant qu’on parle pour eux.
Et ils tiennent parole. En mai 2026, ils montent ensemble les marches de Cannes pour Karma. Dans Paris Match, Canet résume : « nous avons énormément de respect l’un pour l’autre ». À l’AFP, il ose même une pirouette sur l’avenir : « Rien ne m’interdit dans quelques années de proposer un film à Marion qu’elle acceptera ou pas. »
Alors, vendredi soir, quand une spectatrice a taquiné son espagnol, on a revu le réflexe de 2016. Elle a répondu elle-même, sans fuir, et lui est venu derrière pour la défendre d’une pique. Verdict mercredi 21 octobre, à la sortie de Karma : on saura si elle « parle hyper bien espagnol ». Dix-huit ans d’amour, une séparation, et toujours le même duo face au bruit du monde.