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« Trop de fêtes et trop d’alcool » : visée dans son couple, Marion Rousse, 35 ans, avait répliqué sans trembler… sa réponse cinglante au patron d’Alaphilippe

Publié par Hannah Maline le 16 Oct 2026 à 16:58
La suite après cette vidéo

Un mardi de février, un patron belge a forcé la porte de leur intimité

Aujourd’hui, à 35 ans, Marion Rousse a tout de la femme qui a réussi. Ancienne championne de France, directrice du Tour de France Femmes, consultante pour France Télévisions : son visage est familier de tous les fans de vélo. Vous pensez la connaître ? Attendez.

Marion Rousse : « un tournant difficile », les 12 ans avec Tony Gallopin qu'elle a tournés en secret

Cet été encore, elle était partout. Depuis le départ du 113e Tour de France, le 4 juillet 2026 à Barcelone, les téléspectateurs la retrouvaient chaque jour au micro de France Télévisions, raconte le site Ode. Le même site la décrit comme l’un des visages incontournables de la Grande Boucle.

Mais il y a eu cette semaine de février 2024. Un dirigeant de 69 ans au palmarès vertigineux a alors lâché dans un magazine belge une formule qui n’avait plus rien de sportif : « trop de fêtes et trop d’alcool ». La cible ? Le compagnon de Marion Rousse. Et, par ricochet, elle-même.

Ce n’était pas un commentaire de comptoir. C’était le patron de l’équipe de son conjoint qui parlait, celui qui signait les chèques. Et il ne s’est pas arrêté aux résultats : il est entré dans le couple, dans la vie de famille, là où un employeur n’a normalement rien à faire.

La réponse de Marion Rousse est tombée vite. Tranchante et publique, elle a déclenché une réaction en chaîne que personne n’avait vue venir, jusqu’à l’intervention d’une autre femme du milieu. Mais pour comprendre pourquoi ces mots l’ont piquée à ce point, il faut remonter le fil. Loin.

Une gamine du Nord tombée dans une famille de vélo

Marion Rousse voit le jour le 17 août 1991 à Saint-Saulve, dans le Nord. Chez elle, le vélo est une affaire de famille : elle est la cousine des coureurs David et Laurent Lefèvre, et d’Olivier Bonnaire. Le peloton n’a jamais été pour elle un monde étranger.

Petit clin d’œil du destin : deux de ses cousins s’appellent Lefèvre. L’homme qui, des années plus tard, va s’en prendre à son couple s’appelle Lefevere. Une lettre et un accent d’écart, et aucun lien entre eux. Retenez ce nom, il revient très vite.

Sur le vélo, Marion Rousse est une puncheuse. Elle roule pour GSD Gestion en 2010, puis pour Vienne Futuroscope en 2011 et 2012. C’est en 2012 qu’elle décroche le titre qui va la suivre partout : championne de France sur route.

Marion Rousse Julian Alaphilippe instagram photo

De 2013 à 2015, elle porte les couleurs de l’équipe Lotto Belisol Ladies. Puis, en octobre 2015, elle annonce la fin de sa carrière de coureuse. Elle n’a que 24 ans. La suite va montrer qu’elle avait d’autres cartes à jouer.

Ces cartes, c’est le micro. Marion Rousse devient consultante pour Eurosport et France Télévisions. Une jeune femme qui décortique les courses à l’antenne, dans un milieu dominé par les hommes : le pari est osé. Il va pourtant faire d’elle une voix familière des téléspectateurs.

Retenez bien ce détail du micro. Il reviendra des années plus tard, dans la bouche d’une femme qui ne lui voulait pas du bien. Et la formule sera sans pitié.

Des larmes en direct, un mariage… et une rupture annoncée sur Instagram

Marion Rousse défend Julian Alaphilippe, la femme de Philippe Gilbert répond par une phrase crue

Côté cœur, tout commence en 2008, lors des championnats de France de l’Avenir. C’est là, selon Ode, qu’elle rencontre Tony Gallopin. Le vélo les rapproche, et ils deviennent, d’après le même site, l’un des couples emblématiques du cyclisme français.

L’été 2014 les propulse sous les projecteurs. Tony Gallopin prend le maillot jaune puis remporte une étape du Tour de France. Marion Rousse, alors consultante pour Eurosport, ne peut cacher ses larmes en direct, raconte L’essentiel.

En octobre 2014, ils se marient. Un mariage entre gens du même monde, et une image de couple parfait pour les amateurs de vélo. Sur le papier, l’histoire semble écrite.

Elle ne l’est pas. En février 2020, Marion Rousse annonce leur séparation sur Instagram : « Parce que la vie ne se déroule pas toujours comme prévu… Après 12 années, Tony et moi sommes séparés depuis quelques mois », écrit-elle, selon Ode. Elle dit garder « beaucoup d’affection et de bienveillance » pour cette histoire.

Trois ans plus tard, Tony Gallopin reviendra avec pudeur sur cette page dans L’Équipe. « Je n’ai aucun regret quand je parle de ça. Il y a eu de très bonnes choses », confie-t-il, tout en reconnaissant que « ça ne s’est pas fini de la meilleure des façons ». Mais en 2020, un nouveau chapitre s’ouvre déjà, à une vitesse folle.

Marion Rousse prend un selfie avec son chiot Pomsky roux et blanc, qu’elle tient dans ses bras, au premier plan sur fond flou.

Avril 2020 : l’aveu dans L’Équipe qui change tout

Deux mois après l’annonce de la séparation, en avril 2020, un coureur français officialise sa relation avec Marion Rousse dans L’Équipe. Paris Match reprend ses mots : « Elle me supporte, m’encourage ». Ce coureur, c’est Julian Alaphilippe. Et à ce moment-là, il n’est pas n’importe qui.

Ce choix n’a rien d’anodin. Selon Ode, Alaphilippe est l’un des coureurs français les plus médiatisés de ces dernières années, ancien porteur du maillot jaune et auteur de victoires de prestige. Le couple attire aussitôt tous les regards.

Les internautes s’emballent. Selon Ode, beaucoup se demandent si le coureur a joué un rôle dans la rupture avec Tony Gallopin. Le site est clair : rien ne permet de l’affirmer, et ni elle, ni Tony Gallopin, ni Julian Alaphilippe n’ont jamais confirmé cette hypothèse.

En janvier 2021, c’est Alaphilippe qui annonce sur les réseaux sociaux que le couple attend un enfant. La famille s’agrandit. La championne devenue consultante vedette et le coureur star forment désormais un foyer.

Ce duo a tout pour fasciner. Mais quand l’un des deux est dans la lumière, l’autre se retrouve forcément dans le champ de la caméra. Et la première à en faire les frais, très vite, c’est elle.

Septembre 2020 : le dessin qui annonçait déjà tout

Septembre 2020. Le couple est officiel depuis quelques mois et Alaphilippe dispute le Tour de France. Le quotidien L’Humanité publie alors une caricature signée du dessinateur Espé, rapporte Puremédias. On y voit Marion Rousse dénudée dans un lit, aux côtés de son compagnon.

Dans la bulle, la consultante lance : « Julian, pouvez-vous répondre aux questions de France Télévisions ? ». Le coureur, lui, est dessiné la bave aux lèvres. Son métier, sa crédibilité, ses années d’antenne : tout est ramené à une chambre à coucher.

marion rousse commentatrice - copie

La réplique de Marion Rousse fuse sur Twitter. Elle se dit « désabusée » et écrit : « Il faut n’avoir aucun respect des femmes, de la femme, pour rabaisser à ce niveau six ans de consulting sportif à la télévision ». Déjà, elle refuse qu’on confonde sa vie privée et son travail.

Les soutiens affluent, comme celui d’Estelle Denis : « Ce dessin est honteux ! Comment peut-on être aussi vulgaire et aussi peu drôle… ». Le journal finit par dépublier le dessin et présente ses excuses, en évoquant un « manque de vigilance ».

Retenez la mécanique, car elle va se répéter. Une professionnelle reconnue, ramenée à son statut de compagne d’un coureur. Quatre ans plus tard, les mots seront différents et ils viendront d’un homme bien plus puissant. Mais la cible sera la même.

De consultante à patronne : une ascension qui ne passe pas inaperçue

Pendant ce temps, les casquettes s’empilent. Depuis 2019, Marion Rousse est aussi directrice adjointe du Tour de la Provence. Elle ne se contente plus de commenter les courses : elle les organise.

Puis arrive la consécration. En octobre 2021, elle est nommée directrice du Tour de France Femmes. C’est elle qui prend la tête d’une épreuve qui porte le nom du Tour de France, à 30 ans.

Le symbole est énorme. Pendant des années, les courses féminines calquées sur le Tour ont lutté contre les difficultés financières, le manque de couverture médiatique et le sexisme. La première édition du Tour de France Femmes, organisée par ASO, s’élance le 24 juillet 2022. Avec Marion Rousse aux commandes.

Directrice de course, consultante télé, ex-championne : elle coche toutes les cases. Elle a une carrière à elle, des responsabilités à elle, un agenda à elle. Gardez ça en tête : c’est précisément sur ce terrain qu’elle va devoir se défendre.

Car pendant qu’elle grimpe, son compagnon, lui, commence à glisser. Et l’homme qui l’emploie n’a pas pour habitude de se taire.

Julian Alaphilippe et Marion Rousse

L’enfant de Saint-Amand et le parrain de Moorslede

Pour saisir la violence de ce qui va suivre, il faut comprendre ce que représente Alaphilippe pour son équipe. Né le 11 juin 1992 à Saint-Amand-Montrond, il commence par le cyclo-cross. Il y termine deuxième des championnats du monde juniors en 2010.

Sa route croise très tôt celle d’une écurie belge. Il passe par l’équipe de développement de la formation Omega Pharma-Quick-Step, puis rejoint l’équipe première en 2014. Selon L’Avenir, c’est dans cette formation qu’il fera toute sa carrière jusqu’en 2024.

À la tête de cette maison, un homme : Patrick Lefevere. Né le 6 janvier 1955 à Moorslede, en Flandre, il a été coureur et a remporté Kuurne-Bruxelles-Kuurne et une étape de la Vuelta en 1978. Dès 1980, il troque le vélo contre le rôle de directeur sportif.

Son bilan de manager donne le vertige. Sous sa direction, son équipe a célébré près d’un millier de victoires, dont 22 Monuments, 124 étapes de grands tours et 19 titres mondiaux. Mapei, Domo-Farm Frites, puis Quick-Step à partir de 2003 : il a bâti une machine redoutée.

L’homme a aussi traversé une épreuve : en septembre 2000, on lui diagnostique une tumeur au pancréas, avant qu’il soit déclaré guéri en 2001. Un survivant, un bâtisseur, et un dirigeant connu pour son franc-parler. Ce dernier trait va faire des dégâts.

Pendant des années, le tandem fonctionne à merveille. Le site suisse Watson rappelle que le Français a fait « les beaux jours » de l’équipe, avec des étapes du Tour et des classiques comme la Flèche wallonne ou Milan-San Remo. La presse allemande parle même de Lefevere et de son « protégé ».

Deux maillots arc-en-ciel, un contrat en or… et la mécanique qui se grippe

Lefevere lui-même désignera plus tard son souvenir préféré : le Tour 2019, où son coureur a porté le maillot jaune pendant 15 jours, selon lui, rapporte CyclingUpToDate. Le dirigeant estime même qu’il aurait peut-être pu gagner ce Tour-là. Le site recense 44 victoires du Français sous les couleurs de l’équipe.

Julian Alaphilippe et Marion Rousse

Le sommet arrive en 2020 et 2021. Alaphilippe devient champion du monde sur route deux années de suite. Le maillot arc-en-ciel sur les épaules d’un Français, deux fois d’affilée : l’équipe belge tient son joyau.

En 2021, le coureur signe un nouveau contrat. Selon le magazine allemand Tour et le site Watson, il lui rapporterait 2,3 millions d’euros par an. Un salaire de star, qui va devenir le cœur du problème.

Car c’est là que tout se grippe. Pour Lefevere, la signature de ce contrat marque un tournant dans la carrière de son coureur, rapporte Tour. Les victoires se font rares : Watson décrit un Français qui « ne gagne quasiment pas ».

Le sort s’en mêle. En avril 2022, Alaphilippe chute lourdement sur Liège-Bastogne-Liège et met longtemps à s’en remettre. Pour beaucoup, l’explication est toute trouvée. Pas pour son patron, qui voit les problèmes ailleurs, selon Tour.

Et c’est ici que le récit change de nature. Tant qu’il s’agissait de classements et de budget, on restait dans le sport. Mais chaque nouvelle sortie de Lefevere va se rapprocher un peu plus du foyer de Marion Rousse.

Les premières banderilles d’un patron qui ne lâche rien

Julian Alaphilippe Marion Rousse

Premier signal, rappelé par Watson : des réflexions de Lefevere sur les résultats du Français aux Mondiaux, meilleurs que ceux obtenus avec Quick-Step. Une remarque piquante, quand on sait qui paie le salaire.

Puis, fin 2022, le manager ne mâche plus ses mots dans La Dernière Heure. La phrase, citée par Watson, fait mal : « Julian a un salaire de champion mais il doit confirmer qu’il en est toujours un ». Le ton est donné.

Il y a surtout novembre 2022, un rendez-vous dont on mesurera plus tard l’importance. D’après les propos de Lefevere rapportés par Het Nieuwsblad et repris par IDLProCycling, il prend alors Alaphilippe à part à Diegem. Il cite José De Cauwer comme témoin de la scène.

marion rousse motivation muscler fesses

Le dirigeant raconte avoir posé une alternative brutale : soit il laissait partir son coureur, soit la méthode changeait dès ce moment-là. Son message, toujours selon ses dires : le talent seul ne suffit plus, et en vieillissant, il faut commencer à vivre autrement.

En 2023, rebelote, cette fois dans le média belge Sporza. Selon Watson, Lefevere estime que son coureur mange une trop grande part de son budget sans performer suffisamment. Et une petite phrase passe presque inaperçue.

« Je comprends ses maladies et ses chutes, mais tu ne peux pas continuer à te cacher derrière ça. Sa femme et son manager étaient là. Je lui ai dit que je n’étais pas du tout content », déclare-t-il. Pour la première fois, la compagne du coureur apparaît dans le décor.

Watson y voit une stratégie : le manager enfonce celui qu’il chérissait il n’y a pas si longtemps, dans l’espoir de lui donner un électrochoc. Si c’est un électrochoc, le plus violent reste à venir. Et ce ne serait pas la première fois que ce patron frappe trop fort.

Un précédent qui aurait dû alerter tout le peloton

Car la langue de Patrick Lefevere a déjà dérapé. Le site Le Dérailleur le rappelle : en 2021, alors que le sprinteur irlandais Sam Bennett s’apprête à retourner chez Bora-Hansgrohe, le patron belge l’attaque sans relâche.

Il compare alors le départ de son coureur au retour de femmes chez elles après des violences domestiques. La sortie lui vaut de vives critiques. Selon le site Sticky Bottle, il avait aussi présenté Bennett comme le summum de la faiblesse mentale.

Le dirigeant était même allé plus loin. Quand Bennett, blessé, n’avait pas pu prendre le départ du Tour, Lefevere avait mis en doute la gravité de sa blessure, selon Sticky Bottle. Il évoquait plutôt une forme d’anxiété de performance, avant que le coureur ne doive finalement se faire opérer du genou.

La suite a un goût de déjà-vu. Dans sa chronique suivante, rapporte Sticky Bottle, Lefevere admet que ses mots sur les violences conjugales n’étaient pas appropriés et lâche un « Mea culpa ». Mais il précise, dans le même souffle, que son opinion sur le coureur reste inchangée.

tennis

Bennett, lui, garde le silence pendant des semaines, souligne le même site. Le patron parle, le coureur se tait : le rapport de force est installé.

Retenez ce schéma : la sortie choc, le tollé, l’excuse partielle, puis la persistance. Trois ans plus tard, il va se reproduire presque à l’identique. Avec, cette fois, une femme dans le viseur.

Février 2024 : l’interview qui met le feu aux poudres

L’hiver 2024 est déjà électrique. Selon Le Dérailleur, l’équipe s’est séparée de Franck Alaphilippe, cousin et entraîneur du coureur. Et lors du Tour Down Under, en Australie, le Français a reconnu ne pas savoir s’il continuerait avec Quick-Step, ni même s’il poursuivrait sa carrière au-delà de 2024.

Février 2024. La saison belge s’apprête à s’ouvrir avec le Het Nieuwsblad, programmé le samedi, et Alaphilippe doit y participer. Le mardi, quelques jours avant, Patrick Lefevere revient à la charge dans l’hebdomadaire Humo, raconte Watson.

Le dirigeant commence sur un ton presque paternel. « Julian est un bon gars, mais depuis qu’il a signé son super contrat, on ne l’a plus vu au même niveau. J’aime mes coureurs mais il faut rester juste », lance-t-il. Un compliment, puis le couteau.

« Avec l’âge, il faut se préparer davantage, s’entraîner plus dur », poursuit-il. Jusque-là, rien qu’un patron ne puisse dire à un salarié de 31 ans. Puis la phrase tombe : « Je pense que chez lui, il y a eu trop de fêtes et trop d’alcool ».

Un coureur de haut niveau accusé publiquement, par son propre employeur, d’avoir négligé son hygiène de vie : dans le cyclisme, c’est une gifle. Et elle tombe à quelques jours de la première classique belge de la saison.

Selon la version rapportée par IDLProCycling, Lefevere revient aussi sur la réunion de novembre. Il affirme avoir prévenu son coureur, devant sa femme et son manager, qu’à la prochaine incartade il serait licencié sur-le-champ. Le message, assure-t-il, semble avoir porté.

Tour de France : Marion Rousse caricaturée

Mais le pire reste à venir. Car Lefevere ne s’arrête pas au coureur. Il prononce un prénom. Celui de Marion.

« Sous la coupe » : la phrase qui fait tout basculer

« Julian est sérieusement sous la coupe de Marion Rousse. Peut-être trop. » Voilà ce que découvre le public. En quelques mots, la directrice du Tour de France Femmes n’est plus une professionnelle reconnue : elle devient l’explication présumée des difficultés de son compagnon.

Le contraste est saisissant. Au moment où ces mots paraissent, Marion Rousse a 32 ans, une course internationale à diriger et une place à l’antenne du service public. Et la voilà réduite, dans la bouche du patron de son compagnon, à une influence encombrante.

L’image choisie n’arrange rien. « Julian est un jeune chien plein d’énergie : il faut le laisser traverser la cour de temps en temps », ajoute-t-il. Selon le magazine Tour, il précise qu’il faut aussi savoir fixer une limite, car il reste en lui un petit côté espiègle.

Le vocabulaire frappe : un jeune chien, une cour, quelqu’un qui le retient. Dans ce tableau, la compagne tient le mauvais rôle, celle qui serrerait trop fort. Une lecture du couple que Marion Rousse, on va le voir, n’a pas du tout digérée.

Selon les médias, la traduction varie : Watson et Purepeople rapportent une autre version, « Il est sérieusement sous le charme de Marion. Peut-être trop ». Sous la coupe ou sous le charme ? L’interview a été donnée en néerlandais, un détail que Lefevere va bientôt mettre en avant.

Reste l’essentiel : la vie privée d’un couple vient d’être jetée sur la place publique par l’employeur de l’un des deux. Le 21 février, Marion Rousse va répondre. Mais autour d’elle, le peloton s’embrase déjà.

Le syndicat des coureurs lâche le mot qui fâche

Le bus d'une équipe cycliste garé dans le village départ d'une course, symbole du monde du peloton où s'est jouée la polémique
Marion Rousse défend Julian Alaphilippe, la femme de Philippe Gilbert répond par une phrase crue

Pascal Chanteur, président du syndicat des coureurs, l’UNCP, monte au créneau dans L’Équipe. Il ne prend pas de gants : « Dans le monde de l’entreprise, ce genre de choses, à partir du moment où vous les dites dans la presse, il n’y a pas de demi-mesure, il faut être clair : ça s’appelle du harcèlement ».

Le mot est lâché, et il pèse lourd. Pour Chanteur, ces propos relèvent « du domaine du privé, du familial ». Il juge « déplorable qu’un employeur puisse avoir de tels propos à l’encontre d’un de ses salariés ».

Il va plus loin. Dans une entreprise ordinaire, estime-t-il, le salarié serait en droit d’aller déposer plainte. Et il rappelle la règle du vrai chef d’entreprise : tout se règle « entre quatre murs ».

Sa conclusion sonne comme une alerte : « J’espère que Julian va être solide car c’est extrêmement violent ». Ces mots ne viennent pas d’un proche du couple. Ils viennent du représentant des coureurs.

À l’étranger aussi, des voix s’élèvent. L’ancienne coureuse Chloe Hosking appelle le CPA à prendre clairement position pour Alaphilippe, rapporte Le Dérailleur. Selon elle, l’intimidation et l’humiliation publique sont inacceptables sur n’importe quel lieu de travail.

En Belgique, la RTBF décrit un simple coup de pression qui se transforme en « vrai pugilat », à environ 48 heures de la première classique de l’année. En Allemagne, le magazine Tour résume la séquence : un manager qui attaque sa star et la compagne de celle-ci, et qui provoque un grand remous. Le linge sale de l’équipe s’étale au grand jour.

Le coup de poignard venu d’une autre femme du milieu

Le mercredi, un nouveau front s’ouvre, et celui-là, personne ne l’avait vu venir. Bettina Pesce, l’épouse de Philippe Gilbert, s’invite dans la bagarre sur Instagram. Selon Purepeople, elle commente directement la publication de Marion Rousse.

D’après Purepeople, la publication de Marion Rousse a énormément fait réagir, et les commentaires s’y accumulent. Parmi eux, celui de Bettina Pesce, que le site présente sous le nom de Bettina Gilbert. Et ce commentaire-là ne va pas passer inaperçu.

Marion Rousse : « un tournant difficile », les 12 ans avec Tony Gallopin qu'elle a tournés en secret

Le nom de son mari n’a rien d’anodin. Philippe Gilbert, ancien coureur belge, a couru trois saisons pour Patrick Lefevere et a remporté le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et l’Amstel, rappelle Watson. Purepeople précise qu’il a aussi été l’équipier d’Alaphilippe.

Son message est d’une rare violence : « Cela s’appelle le revers de la médaille, Marion, et encore Patrick n’étale qu’un tiers du comportement de ton homme, tu devrais même faire profil bas à ce sujet… », écrit-elle, dans la version rapportée par la RTBF. Un tiers de quoi ? Elle n’en dit pas plus.

Elle prend ouvertement le parti du manager : « Il dit simplement tout haut ce qu’il pense et que beaucoup de gens autour de toi pensent tout bas ! Son coureur payé une fortune doit aussi des comptes à son patron. Ça reste la règle ».

Puis elle vise la consultante : « Tu passes ta vie à parler mal des gens derrière ton micro cachée dans ton studio et quand il s’agit d’assumer, tu n’as jamais été au rendez-vous ». Le micro, encore lui. Celui qui avait fait la carrière de Marion Rousse devient une arme contre elle.

Elle termine sur un proverbe d’une grossièreté assumée : « Y a un proverbe qui dit ‘tu as voulu manger du mouton et bien maintenant tu chies de la laine’ ». Purepeople estime qu’elle n’a visiblement pas eu de très bons rapports avec Marion Rousse. Et la réponse de l’intéressée ? Selon le même site, il n’y en a eu aucune.

Le patron s’excuse… puis en remet une couche

Face à la tempête, Patrick Lefevere doit s’expliquer. Dans L’Équipe, il commence par ce qui ressemble à des excuses : « Les mots ont été plus durs que ce que j’aurais voulu. J’ai tout à fait débordé, je suis désolé ». On croit l’affaire close, à tort.

Dans la foulée, il en rajoute. « J’ai dit que je voulais qu’il change de comportement. Que Mme Marion se sente attaquée dans sa vie privée, c’est son problème », lance-t-il, selon Watson. Le ton est glacial.

Et l’image animalière revient, en pire. « J’ai dit que c’était bien qu’elle soit là pour l’aider, mais de temps en temps, il faut lui lâcher la laisse. » Puis la phrase qui résume tout le rapport de force : « Je peux encore dire ce que je veux, je le paye moi, et très bien ».

marion rousse jalousee collegue - copie 2

Auprès de Het Nieuwsblad, selon IDLProCycling, il admet une période avec trop de fêtes. Mais il ajoute une précision de taille : depuis leur discussion de novembre 2022, assure-t-il, Alaphilippe n’a plus bu d’alcool, ni dans l’équipe ni en dehors.

Il dit même avoir interrogé des personnes présentes lors du stage en Sierra Nevada : pas une goutte. Et l’entraînement, selon lui, n’a jamais posé problème. Vous avez bien lu : l’homme qui dénonçait « trop d’alcool » explique que son coureur n’en boit plus depuis plus d’un an.

Pourquoi, dans ce cas, avoir présenté les choses ainsi dans Humo ? Chacun se fera son idée. Mais le plus surréaliste reste à venir : le patron et son coureur vont bientôt devoir s’asseoir côte à côte.

Côte à côte devant les micros : la conférence de presse sous tension

Le jeudi, à deux jours de l’Omloop Het Nieuwsblad, Julian Alaphilippe et Patrick Lefevere apparaissent ensemble en conférence de presse, raconte Orange Sports. Un rendez-vous pas forcément attendu, souligne le site. Et le dirigeant commence par verrouiller la parole de son coureur.

« Je peux imaginer que beaucoup voudraient revenir sur ce qui s’est dit dans les médias, mais pour être clair, on n’est pas là pour parler de ça. On veut parler de ce week-end et Julian Alaphilippe ne répondra pas aux questions sur ce sujet », prévient-il. Le coureur est assis à côté de lui. Et il se tait.

Puis Lefevere plaide sa cause. « Cette interview avec Humo a duré trois heures, le passage en question à peine trois minutes. Mon néerlandais n’est probablement pas toujours compris », explique-t-il. Il reconnaît avoir peut-être commis une erreur, car il faisait référence à des événements de novembre 2022.

Et il glisse une blague qui ne manque pas de sel : « Et puis, au bout de trois heures, on avait juste bu deux ou trois verres, pas plus (rires) ». L’homme qui reprochait « trop d’alcool » à son coureur plaisante sur les verres bus pendant l’interview. L’ironie est totale.

Surtout, il désigne celle qui, selon lui, a fait déborder l’affaire : « Je ne voulais absolument pas l’insulter, mais la presse s’en est emparée et sa femme a commencé à réagir, ça a fait le tour de la France. Bien sûr, c’était totalement inutile. Mais j’aurais peut-être dû formuler différemment… »

marion rousse jalousee collegue - copie 2

Le samedi, sur l’Omloop, la journée tourne au cauchemar pour Alaphilippe. Selon Cyclismerevue, il chute une deuxième fois et crie « J’en ai marre », une scène captée par les caméras d’Eurosport. Le site belge titre son infolettre sur une « nouvelle forme de harcèlement qui doit cesser ».

Le champion sort enfin de sa réserve

Un vélo de course appuyé contre un mur de pierre dans le Nord de la France, rappel des racines cyclistes de Marion Rousse

Il faudra attendre le 29 mars 2024 pour l’entendre. À deux jours du Tour des Flandres, Alaphilippe répond enfin sur RMC Sport et franceinfo, selon le site Ode relayé par Yahoo. Il annonce aussi qu’il ne s’imagine pas sur le Tour de France cet été-là, puisqu’il sera au départ du Giro, précise Orange Sports.

« J’ai réussi vraiment à m’en détacher au maximum comme j’ai souvent l’habitude de faire. Après, ça m’a plus fait chier pour Marion qui, elle, n’a rien demandé et qui n’aime pas du tout être dans les histoires », confie-t-il. Le coureur encaisse. C’est pour sa compagne qu’il s’inquiète.

« Elle n’a pas apprécié être mêlée avec des propos comme ça qui étaient inutiles et qui n’avaient pas de sens », poursuit-il. Pour lui, l’affaire est classée : « Je m’en fous, en fait ». Cyclingnews en fait d’ailleurs son titre, avec un « I don’t care » sans appel.

Sa réponse la plus éclatante, il la donne pourtant sur la route. Sur le 107e Giro, il remporte la 12e étape, 193 kilomètres entre Martinsicuro et Fano, au terme d’une échappée menée avec Mirco Maestri, rapporte le site officiel de la course. Il devance Jhonatan Narváez et Quinten Hermans.

À l’arrivée, il explique que gagner une étape du Giro était son rêve, et que cette victoire compte après des moments difficiles. Il dit l’avoir obtenue grâce à son équipe, à sa femme et à son fils, qui l’ont toujours soutenu. Même le maillot rose Tadej Pogačar salue un coureur qui a montré qu’il était de retour.

Sa femme. Ce mot, prononcé au moment du triomphe, sonne comme une réponse à ceux qui la présentaient comme un frein. Mais la riposte qui avait fait vaciller le patron belge, c’est elle qui l’avait signée, des semaines plus tôt.

Le message qui a tout déclenché

Julian Alaphilippe Marion Rousse

Rembobinons jusqu’au 21 février 2024, au cœur de la tempête. Ce jour-là, Marion Rousse publie un message de quelques lignes. C’est lui qui a déclenché les sarcasmes de Bettina Pesce, et c’est à lui que semble répondre le « c’est son problème » de Lefevere.

Le message est publié sur X, et sur Instagram selon Purepeople. Pas de communiqué d’avocat, pas d’intermédiaire. Juste une femme qui s’adresse directement au tout-puissant patron de l’équipe de son compagnon. Et chaque mot vise juste.

Elle attaque d’entrée : « Quels que soient les sentiments de Monsieur Lefevere à mon égard, il est inadmissible de s’attaquer comme il le fait à notre vie privée. » Les sentiments à son égard : l’allusion laisse entendre que l’animosité ne date pas d’hier.

Puis elle démonte l’accusation point par point : « Alors non, je ne bois pas d’alcool, jamais même. Raté pour les fêtes également », écrit-elle, selon la version reproduite par Watson. Avec un jeune enfant, explique-t-elle, le couple préfère être en forme le matin.

Vient ensuite la phrase qui change la lecture de toute l’affaire : « Vous ne réussirez pas non plus, comme vous l’avez déjà évoqué, à m’empêcher de travailler pour m’occuper et rester auprès de Julian le temps de sa carrière ». Selon elle, Lefevere aurait donc déjà abordé la question de son travail.

« Les missions que j’exerce me passionnent et sachez que j’ai plein de projets », ajoute-t-elle. Puis le coup de grâce : « Mais je vous le dis, en aucun cas, je ne vous permets de parler de ma vie privée. Merci désormais de cesser de parler à tort et à travers et de faire preuve de davantage de respect et… de classe ». Ces points de suspension avant « de classe » : tout est dit.

Après la tempête, chacun a pris sa route

Le 19 août 2024, la séparation est actée : Alaphilippe quitte Soudal Quick-Step pour Tudor Pro Cycling, annonce L’Avenir. Peu avant, Lefevere avait confié à Sporza, selon CyclingUpToDate, qu’il comprenait que son coureur parte à 32 ans en choisissant l’argent.

Le 10 décembre 2024, c’est au tour de Patrick Lefevere d’annoncer qu’il quitte la direction de l’équipe, où Jurgen Foré lui succède. Une page de plus de vingt ans se tourne à Quick-Step.

Et Marion Rousse ? En août 2026, Purepeople relayait ses confidences sur son quotidien de mère et de professionnelle : « Mon compagnon part 200 jours par an ». Elle y explique comment elle concilie vie de famille et vie professionnelle. Exactement le droit qu’elle revendiquait en février 2024.

Le patron belge a quitté son fauteuil, le coureur a changé d’équipe. Il lui parlait de fêtes et d’alcool, elle lui a répondu respect et classe. Plus de deux ans et demi plus tard, c’est sa réplique à elle que la presse ressort encore.

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