« Ce n’est pas The Voice Afrique ici » : à 14 ans, Mentissa gagne un concours et subit une vague de haine

Une adolescente de 14 ans lève un trophée devant les caméras. Elle vient de gagner un télé-crochet, tout devrait être joyeux. Pourtant, derrière l’écran, d’autres messages l’attendent, bien moins tendres que les applaudissements.
Des années plus tard, Mentissa raconte ce que ces messages lui ont fait. Et surtout comment elle a fini par se relever.
Une victoire à 14 ans qui vire au cauchemar
En 2014, Mentissa remporte la première saison de The Voice Kids en Belgique. Elle n’a que 14 ans. Le sacre devait ouvrir la porte d’une carrière musicale.
Selon le récit qui en est fait, le jury avait été séduit par la puissance et la singularité de son timbre. Sur le plateau, tout se passe donc comme dans un rêve.
Mais une fois la victoire acquise, la célébration laisse place à un déferlement de messages hostiles sur Internet. La jeune fille découvre bien trop tôt la face sombre de la notoriété. Elle est submergée.
Cette vague de haine raciste et ces attaques sur les réseaux sociaux auraient brisé sa confiance. Au point de mettre sa passion entre parenthèses pendant près d’un an. Pour une ado, c’est une éternité.
Sa parole publique sur le sujet est plus récente, et elle a pris la forme d’un retour sur cette période. D’autres personnalités ont elles aussi raconté les coups reçus à cause de leur physique, preuve que ces blessures ne datent pas d’hier.
Mais que contenaient exactement ces messages ? Elle a fini par le dire.
Les mots qui ont fait mal, dits sans filtre
Invitée de l’émission Fréquenstar, Mentissa a levé le voile sur le contenu des messages reçus alors qu’elle n’était qu’une enfant. Elle ne les a pas édulcorés. Les mots sont crus, et c’est ce qui les rend marquants.
Elle rappelle d’abord le contexte : c’était la première édition de ce télé-crochet en Flandre. Selon ses propos rapportés par Public, les gens voulaient y voir « une petite fille blanche gagner ».
Les attaques étaient aussi directes. Elle cite des commentaires comme « c’est pas The Voice Afrique ici ! ». Ils visaient à la fois sa couleur de peau et ses prestations vocales.
Un détail frappe : la remise en cause portait aussi sur sa voix, celle-là même qui avait convaincu le jury. Le racisme se déguisait en critique musicale.
Une partie de ces violences a circulé sur les réseaux, où un extrait de son témoignage a été relayé. Ce genre de harcèlement en ligne touche aussi les plus jeunes, comme le montre le cas d’un collégien harcelé depuis des années à Paris.
Face à cette haine, à un âge où l’on construit son identité, que se passe-t-il dans la tête d’une enfant ? Sa réponse est le moment le plus dur de son récit.
« J’en suis venue à regretter d’avoir gagné »

Voici la phrase qui résume tout. Mentissa a confié : « J’en suis venue à regretter d’avoir gagné, parce qu’en fait tu te sens vraiment comme une m*rde ». Une confession brute, sans fard.
Elle explique avoir fini par intégrer ces remarques destructrices. À force de les lire, elle a commencé à les croire. C’est le mécanisme le plus insidieux de la haine en ligne.
Prise de honte face aux critiques qu’elle finissait par croire, elle a refusé les sollicitations médiatiques. Elle s’est éloignée des studios pendant au moins une année. Elle a tout arrêté, alors qu’elle venait de gagner.
Le contraste est cruel. Une victoire censée ouvrir toutes les portes a poussé une adolescente à les fermer elle-même. Sans soutien, le traumatisme aurait pu mettre fin à la carrière avant même qu’elle commence.
Heureusement, l’histoire ne s’arrête pas là. Il y a eu un retour, et il est passé par un chanteur très français.
Le retour qui a tout changé : The Voice, Vianney et « Et bam »
Sept ans après cette expérience douloureuse, Mentissa a trouvé les ressources pour revenir. En 2021, elle participe à la dixième saison de The Voice en France. Un tournant décisif.
Elle intègre l’équipe de Vianney. Le chanteur lui offre un cadre bienveillant pour s’exprimer pleinement. Un coach attentif, cela change tout quand on a déjà été blessée.
Guidée par son mentor, elle va jusqu’en finale. Elle a pu tourner la page de ces années de doutes et lancer véritablement sa carrière professionnelle. La boucle est bouclée : le même type d’émission, mais une tout autre atmosphère.
Le succès du titre Et bam a ensuite propulsé la chanteuse. Elle s’impose aujourd’hui comme une voix incontournable de la scène francophone.
Ces parcours d’artistes révèlent souvent des coulisses lourdes. Christophe Willem se souvient encore d’une phrase des coulisses de la Nouvelle Star, signe que les concours de chant marquent longtemps.
Ce que son témoignage change aujourd’hui
En parlant publiquement de la haine subie adolescente, Mentissa prouve qu’elle a surmonté ces violences. Elle se réapproprie son destin musical. Et elle offre un exemple à ceux qui vivent la même chose.
Son récit rappelle une réalité simple : derrière une victoire, il peut y avoir une enfant très seule face à des commentaires. La notoriété précoce n’est pas toujours un cadeau.
Selon la source, elle a pu compter sur un cadre sain pour avancer. Ce point compte : le soutien d’un mentor et d’une équipe a fait la différence entre abandonner et renaître.
Le sujet des attaques en ligne contre des personnalités reste d’actualité. Lou Pernaut a elle aussi sorti du silence sur le cyberharcèlement, avec des mots tout aussi crus.
On peut aussi y voir la force d’une prise de parole tardive. Plusieurs années après, Mentissa raconte sans détour, ce qui permet de nommer les choses. Et si certaines blessures ne s’effacent pas, elles peuvent devenir un récit.
Autre exemple de coulisses très lourdes : le harcèlement dont se dit victime Amandine Pellissard a lui aussi déclenché de fortes réactions.
Ce qui reste, c’est une voix qui a refusé de se taire. Mentissa a gagné deux fois : sur scène, puis contre la honte.
Et si ce parcours vous a touché, l’annonce après laquelle tout a basculé pour Kendji Girac prolonge ce voyage dans les coulisses des chanteurs. Quant à ce coach emblématique de The Voice qui annonce un départ définitif, il pose une autre question : qui reste vraiment après le rideau ?