« C’est ma vengeance » : ce coup bas du Conseil de l’ordre que Michel Cymes n’a jamais digéré

Une chronique radio, un courrier anonyme, une convocation. Au début des années 2000, Michel Cymes apprenait que faire ses premiers pas à l’antenne pouvait déclencher une procédure. L’affaire a tourné court, mais elle lui est restée en travers de la gorge pendant plus de dix ans. Et la raison de cette rancune dépasse largement le simple agacement professionnel.
Une lettre de dénonciation en pleine entrée à France Info
Retour au début des années 2000. Michel Cymes mène alors de front ses consultations et sa toute nouvelle chronique sur France Info. Une double casquette qui, visiblement, ne plaît pas à tout le monde.
Un courrier arrive au Conseil de l’ordre. Il reproche au médecin deux choses : parler à l’antenne sans carte de presse, et faire de la publicité pour sa consultation. Résultat, une convocation en bonne et due forme.
Le médecin l’a raconté au Parisien en novembre 2014 : « Quand j’ai commencé à France Info, j’ai reçu une convocation du Conseil de l’ordre, après une lettre dénonçant le fait que je fasse une chronique radio sans carte de presse, et soi-disant de la pub pour ma consultation. » Une phrase lâchée avec ironie, mais pas avec légèreté.
On imagine le stress d’un jeune chroniqueur qui débarque à Radio France et se retrouve convoqué devant ses pairs. Le reproche tient en une ligne, mais la procédure, elle, pèse. Surtout quand on ignore qui a pris la plume.
Pour comprendre pourquoi cette histoire a laissé une trace, il faut regarder les confidences qu’il a faites sur lui-même au fil des années. Mais avant cela, que s’est-il vraiment passé le jour de la convocation ?
Le président du Conseil de l’ordre était un fidèle auditeur
La suite a pris une tournure cocasse. Michel Cymes se présente devant l’institution, prêt à se défendre. En face, le président de l’ordre s’est révélé être un auditeur assidu.
Selon le récit du principal intéressé, il l’a accueilli par ces mots : « Mon cher confrère, je vous écoute à la radio tous les jours. Continuez, c’est super ! » Pas de remontrances, pas de sanction. Des encouragements.
L’auteur de la lettre a donc raté son coup. Il voulait freiner la carrière radio d’un médecin, il a surtout offert à sa cible une anecdote en or. Et sur le fond, le dossier a été classé sans suite notable.
Le contexte rend la scène encore plus savoureuse. Quand il raconte l’histoire, le 2 novembre 2014, le complice de Marina Carrère d’Encausse occupe la 2e place des animateurs préférés des Français, selon un classement OpinionWay pour TV Magazine et Europe 1. Le dénoncé d’hier est devenu un visage familier de millions de foyers.
On pourrait s’arrêter là, sur un joli happy end. Pourtant, le médecin qui alerte aujourd’hui sur nos habitudes n’a jamais vraiment ri de cette lettre. Et c’est ce qu’il a confié ensuite qui change la lecture de toute l’affaire.
Pourquoi cette lettre résonne dans l’histoire de sa famille
Dans la même confidence, le ton change. « C’est ma vengeance par rapport à cette lettre de dénonciation », lâche Michel Cymes, en parlant de son refus de demander une carte de presse. Il ajoute, sobrement : « Quelque chose qui, dans ma famille, rappelle de mauvais souvenirs. »
Le mot « dénonciation » prend alors tout son poids. Ses deux grands-pères sont morts à Auschwitz. Voilà pourquoi un simple courrier a pu laisser une trace aussi profonde.
Son grand-père Chaim Cymes a été arrêté à Paris le 14 mai 1941 lors de la rafle du Billet vert. Il a été interné à Pithiviers, puis déporté en juin 1942. Sa femme, elle, a échappé au Vél d’Hiv, cachée avec ses deux enfants, dont Nathan, le père du médecin. Michel Cymes l’a raconté au Courrier du Loiret en 2023.
Selon le récit repris par Ode, la promesse de ne jamais demander le précieux sésame serait donc sa manière de répondre à un procédé qui sentait le mauvais souvenir familial. Pas une posture de star, mais une cicatrice transmise.
Reste une question : que devient une « vengeance » quand la vie du médecin bascule complètement ?

Du cabinet médical à sa propre chaîne
Depuis cette confidence de 2014, tout a changé. Michel Cymes a quitté Le Magazine de la santé en 2018. Il a aussi renoncé à ses consultations, un choix qui n’a rien eu d’anodin.
« Ce fut un déchirement le jour où j’ai envoyé ma lettre de démission », confiait-il à Télé Star en 2021. Une autre lettre, cette fois écrite de sa main, qui a marqué sa carrière.
En 2023, il a ensuite mis fin à l’aventure Les Pouvoirs extraordinaires du corps humain avec Adriana Karembeu. Le duo avait pourtant imposé sa patte sur le petit écran, entre pédagogie et bonne humeur.
Aujourd’hui, à 69 ans, celui à qui l’on reprochait de parler dans un micro sans carte de presse dirige sa propre chaîne, Mieux. Il la pilote depuis septembre 2025 et y anime une émission quotidienne.
Le contraste est saisissant : le médecin dénoncé pour ses débuts radio est devenu patron de sa chaîne. Et, d’après ses propos de 2014, sans jamais avoir demandé la fameuse carte.
Ce que cette vengeance dit de lui aujourd’hui
La vengeance de Michel Cymes n’a rien de spectaculaire. Pas de règlement de comptes, pas de nom jeté en pâture. Juste un refus têtu, tenu pendant des années, face à un procédé qu’il n’a jamais accepté.
Elle raconte aussi un médecin qui n’a jamais cessé de parler de sa famille avec pudeur. Quand il évoque ses grands-pères, il le fait sans pathos, presque à voix basse, comme dans cette confidence de 2014.
Son parcours rappelle que les polémiques les plus futiles en apparence peuvent toucher des cordes sensibles. Chez lui, la vie publique reste d’ailleurs régulièrement rattrapée par les remous médiatiques, comme lorsqu’il a porté plainte après une insulte sur W9. Preuve qu’il ne laisse pas passer ce qu’il juge injuste.
Et la santé, son terrain de jeu historique, reste au cœur de ses prises de parole, comme lorsqu’il met en garde sur ces boissons chaudes du quotidien qu’on croit anodines. Même sans blouse, le réflexe du médecin ne l’a pas quitté.
Une lettre anonyme devait le freiner. Elle lui a surtout donné une promesse à tenir : pas de carte de presse, et une chaîne à son nom. Joli retour de bâton.
Et si vous croyez que les grandes carrières se construisent sans coups bas, ce qui s’est passé sur scène un soir de 1997 avec Pascal Obispo vous fera voir les choses autrement. Quant à celles qui bousculent les couples médiatiques, la question que posait Adriana Karembeu à un sexologue ne manque pas de piquant.