Mimie Mathy et le syndrome de la queue de cheval : comment son mari s’organise au quotidien
Elle a incarné l’ange gardien de millions de téléspectateurs pendant plus de 25 ans. Aujourd’hui, c’est Mimie Mathy elle-même qui a besoin d’aide au quotidien. Face caméra, dans « Sept à Huit », la comédienne de 69 ans a livré un témoignage rare sur ce qui lui arrive vraiment.

Et la phrase qu’elle prononce, avec un calme troublant, résume à elle seule l’ampleur du bouleversement.
Une phrase qui a glacé les téléspectateurs
« Je ne marcherai plus », lâche Mimie Mathy face à Audrey Crespo-Mara. Pas de larmes, pas de dramatisation. Juste un constat, presque philosophe, livré depuis sa maison de Vaison-la-Romaine, en Provence.
L’actrice raconte l’évolution de son état avec une précision clinique. « Ça s’est un peu dégradé depuis un an, mais depuis six mois, je ne marche plus du tout », confie-t-elle dans cet entretien repris par TF1 Info.
Derrière ce basculement, un nom : le syndrome de la queue de cheval. Une pathologie neurologique méconnue du grand public, mais aux conséquences dévastatrices sur la mobilité.
Quatre opérations, et puis plus rien
Le syndrome de la queue de cheval correspond à une compression des nerfs situés à la base de la colonne vertébrale, généralement causée par des hernies discales. Chez Mimie Mathy, personne de petite taille, le risque était identifié depuis longtemps.
« Je pensais que ça viendrait un peu plus tard, je pensais que je serais plus forte que tout le monde », admet-elle. L’illusion n’a pas tenu longtemps face à la réalité de la maladie.
Pour tenter d’enrayer la progression, l’actrice a subi quatre opérations. « J’ai été opérée quatre fois pour élargir le canal rachidien et dégager tous les nerfs qui permettent la mobilité », détaille-t-elle. Mais le corps a fini par dire stop.
« Petit à petit, il n’y a plus d’opérations possibles », lâche-t-elle, sans détour. Un couperet médical qui a fait basculer définitivement son quotidien vers le fauteuil roulant.

Ce qu’elle a mis du temps à accepter
Se résigner n’a rien eu d’immédiat pour la comédienne. « J’ai mis du temps à le digérer, je trouvais ça injuste », avoue-t-elle sans filtre devant les caméras de « Sept à Huit ».
Une injustice d’autant plus difficile à encaisser qu’elle s’est battue toute sa vie contre le regard des autres. « Je me suis battue toute ma vie. J’ai lutté contre les préjugés qu’on avait vis-à-vis des personnes de petite taille », rappelle-t-elle.
Aujourd’hui, elle refuse pourtant de sombrer dans l’apitoiement. Chaque jour, elle passe plusieurs heures dans sa piscine pour marcher dans l’eau et retrouver, ne serait-ce que quelques instants, la sensation d’être debout.
Ce combat quotidien, elle ne le mène pas seule. Et c’est là que son mari entre en scène, avec un rôle qui a totalement changé de nature ces derniers mois.
La cloche à côté du four à pain
À Vaison-la-Romaine, le vignoble de Benoist Gérard jouxte directement la maison familiale. Une proximité qui s’est révélée précieuse quand la mobilité de sa femme s’est effondrée.
« J’ai la chance que ces parcelles soient à côté de la maison : on a une cloche à côté du four à pain, et quand Mimie a besoin de moi, elle sonne. Elle n’a même pas besoin de prendre le téléphone, j’entends et j’arrive », explique-t-il.
Un système artisanal, mais redoutablement efficace, entre le travail dans les vignes et le rôle d’aidant. Mimie Mathy le résume avec une simplicité désarmante : « Je me dis que j’ai la chance d’avoir un mari qui m’aime, d’être entourée, d’avoir quelqu’un qui peut travailler avec moi à la maison, et qui peut m’aider dans tous les gestes du quotidien ».

Mais vivre à deux avec ce nouveau quotidien ne s’improvise pas du jour au lendemain.
Repenser le couple, phase par phase
« Ce n’est pas si simple, mais il faut savoir s’adapter, et retrouver un équilibre de couple. Alors ça passe par des phases compliquées, des phases beaucoup plus heureuses, et puis, ensemble, on avance et on trouve », résume Benoist Gérard, avec une lucidité rare.
Une adaptation qui touche aussi la carrière de la comédienne. Contrairement à ce que beaucoup redoutaient, il n’y a pas de tournage de « Joséphine, ange gardien » prévu dans l’immédiat, la série ayant déjà trois épisodes d’avance. Rien à voir avec sa santé, donc, pour l’instant.
Mimie Mathy prépare même deux projets d’envergure : une nouvelle série où elle interprétera une avocate en fauteuil roulant, et un one-woman-show qui assume pleinement sa nouvelle réalité. « Je serai en fauteuil, et j’assume le fauteuil. Et j’entre sur un bruit de Harley Davidson », annonce-t-elle, avec cette énergie qui a toujours fait sa marque de fabrique.
De quoi rassurer les fans les plus inquiets, tout en donnant une leçon de résilience à ceux qui suivent son histoire depuis des mois, comme le rapportent également Paris Match et Télé Star.