Adieu Tim Curry : l’acteur du clown de « Ça » et du Dr Frank-N-Furter s’éteint à 80 ans

Il y a des visages qu’on n’oublie jamais, même des décennies après les avoir croisés sur un écran. Celui de Tim Curry en fait partie, entre paillettes glam-rock et rictus glaçant de clown tueur. L’acteur britannique s’est éteint à 80 ans, laissant derrière lui deux rôles cultes qui ont marqué des générations entières de spectateurs, et une dernière décennie de combat que peu connaissaient vraiment.
Une légende du cinéma s’éteint à Los Angeles
C’est un morceau du cinéma d’horreur et du cinéma fantastique qui disparaît avec lui. L’acteur anglais est mort à son domicile de Los Angeles, ont rapporté mercredi 26 août 2026 plusieurs médias américains, dont TMZ qui cite des sources proches de la famille.
Depuis plus de dix ans, Tim Curry vivait avec les séquelles d’un grave AVC qui l’avait laissé lourdement handicapé. Une réalité qu’il avait affrontée avec une discrétion remarquable, loin des projecteurs qui avaient pourtant fait de lui l’une des figures les plus reconnaissables du cinéma de genre.
Sa carrière avait pourtant débuté loin des plateaux hollywoodiens, sur les planches des théâtres londoniens dans les années 1960. Un parcours d’acteur de scène qui allait bientôt croiser un projet aussi fou qu’inattendu, celui qui changerait sa vie pour toujours et le propulserait, malgré lui, vers un statut d’icône que même les amateurs de séries et de films culte connaissent encore aujourd’hui.
Le Dr Frank-N-Furter, un rôle qui a défié le temps
Impossible d’évoquer Tim Curry sans parler du Dr Frank-N-Furter, ce savant fou extraterrestre autoproclamé « travesti de Transylvanie » qu’il a incarné d’abord sur scène puis dans The Rocky Horror Picture Show, sorti en 1975. Un film qui racontait l’arrivée de Janet Weiss (Susan Sarandon) et Brad Majors (Barry Bostwick), jeunes fiancés bloqués par une panne de voiture, dans un château peuplé de créatures aussi étranges qu’inoubliables.
Le long-métrage, hommage parodique aux films de science-fiction et de série B, a pourtant essuyé un échec commercial cuisant à sa sortie. Personne n’aurait parié un centime sur son avenir. Mais redistribué à New York lors de séances nocturnes, il est devenu culte, avec un public de fans transformant chaque projection en véritable spectacle vivant, scènes rejouées en salle comprises.
« J’étais hésitant au début, si le film marchait, cette image pourrait me coller à la peau. Mais j’ai toujours pensé que cela ne valait pas la peine de le faire si on ne prenait pas un risque », confiait-il dans une interview londonienne des années 1970. Un pari totalement gagné, plus d’un demi-siècle plus tard, alors que le film continue d’être projeté en salle.
Le clown qui a hanté toute une génération
Au-delà du cinéma déjanté de Rocky Horror, Tim Curry a marqué les esprits avec un rôle radicalement différent : celui du clown effrayant dans l’adaptation télévisée du roman de Stephen King, Ça. Une performance glaçante qui a nourri les cauchemars de toute une génération, bien avant que le personnage ne soit repris au cinéma des décennies plus tard.
Sa filmographie témoigne d’une polyvalence rare : le concierge du palace dans Maman j’ai encore raté l’avion !, un rôle dans Charlie et ses drôles de dames, ou encore le majordome dans Cluedo, adaptation du célèbre jeu de société. Sur scène, il a interprété Shakespeare, Brecht et Tom Stoppard, avant d’endosser le costume du roi Arthur dans Monty Python’s Spamalot à Broadway et au West End.
Les hommages affluent depuis l’annonce de sa mort. Susan Sarandon, sa partenaire dans Rocky Horror, a salué sur Instagram un homme « drôle, sexy et original » : « ce que j’aimais le plus chez lui, c’était son cœur. Même immobilisé dans son fauteuil roulant, il restait toujours si gentil et généreux avec ses fans ».
Carol Burnett, sa partenaire dans Annie en 1982, a résumé d’une phrase l’essence de son talent : « personne ne savait incarner de méchants attachants aussi bien que lui ».
Un talent rare, celui de faire aimer les monstres et rire de la peur, restera à jamais associé à son nom.
Tim Curry laisse derrière lui bien plus qu’une filmographie : une manière unique de rendre les personnages les plus inquiétants profondément humains. Quel autre acteur aura su, comme lui, transformer un savant fou en icône adorée par des générations entières ?