Philippe Lacheau a dû vendre sa voiture pour tenir : « J’ai vécu sur mes économies »
Philippe Lacheau, c’est le visage de la comédie populaire à la française, celui qui remplit les salles et fait rire des millions de spectateurs. Canal+ lui consacre d’ailleurs une semaine entière en octobre. Pourtant, avant les succès, le comédien a traversé une période où il n’avait presque plus rien, et la voiture n’est que la moitié de l’histoire.

Canal+ fête Philippe Lacheau, mais ses débuts n’avaient rien d’une fête
Le 7 octobre, la chaîne diffuse le documentaire Fifi et sa bande, c’était pas gagné. Quatre épisodes sont programmés les 7 et 8 octobre, dès 21h10. Le titre donne déjà le ton.
Le 9 octobre, toujours à 21h10, Marsupilami passe pour la première fois à la télévision. Une vraie semaine de gala pour un homme né le 25 juin 1980 à Fontenay-sous-Bois. Sauf que cette réussite s’est construite à pas lents, et pas toujours dans le confort.
Au début des années 2000, le jeune comédien envoie la cassette de l’un de ses sketchs au Morning Live de Michaël Youn. Repéré, il rejoint Casting Live, puis Total Fun. De là naît la Bande à Fifi, qu’il crée avec Tarek Boudali, Reem Kherici, Julien Arruti, Pascal Boisson, Vanessa Guide et Patrick Mbeutcha.
Une troupe de copains, donc, soudée avant même d’être connue. Et un homme qui, aujourd’hui encore, sait ce qu’il veut : il lui est arrivé de dire non à certains rôles qui ne lui correspondaient pas.
Mais comment une bande qui passe à la télévision se retrouve-t-elle, quelques années plus tard, sans le sou ? Tout bascule en 2007.
Le Grand Journal s’arrête : la troupe « comptait trop cher »
En 2002, Karl Zéro offre à Philippe Lacheau ses premiers sketchs au Journal des bonnes nouvelles. En 2005, la troupe rejoint Le Grand Journal, qui lui ouvre une vitrine bien plus large. Les choses semblent s’accélérer.
L’aventure s’arrête pourtant en juin 2007. La raison, rapportée dans la source : la troupe « comptait trop cher ». Les histoires de chiffres et de cachets à la télévision ne datent pas d’hier, comme le rappelle ce malaise autour du salaire de Cyril Hanouna sur un plateau.
Le plus dur commence alors. Deux ans plus tard, en 2009, la bande se produit au Théâtre du Splendid avec Qui a tué le mort. Le comédien apparaît ensuite dans L’Arnacoeur, puis dans Paris à tout prix. Des rôles, de la visibilité, mais pas de quoi se mettre à l’abri.
C’est ce que l’on appelle une traversée du désert. Pour tenir, celui qui partage sa vie avec Élodie Fontan depuis 2015 aurait dû compter sur les allocations chômage. Une réalité loin de l’image du réalisateur à succès que le public connaît aujourd’hui.
Dans une interview accordée à TV Magazine et reprise par Ode, il raconte cette période sans détour. Selon ces propos, il déclare : « J’ai vécu sur mes économies et j’ai vendu ma voiture pour tenir. Quand Babysitting s’est concrétisé, je n’avais vraiment plus rien. » Voilà la phrase qui résume tout. Mais ce n’est pas elle qui dit le mieux ce que ce film représentait pour lui.

Babysitting : 250 francs par émission et un rêve de gosse
Les belles revanches demandent souvent du temps, comme celle de Vianney, qui est revenu cinq ans plus tard avec une annonce inattendue. Pour Philippe Lacheau, le déclic s’appelle Babysitting. Son tout premier long-métrage change sa trajectoire.
Le tournage démarre le 25 juin 2013. Le film sort en 2014 et dépasse les 2 millions d’entrées. Pour un comédien qui venait de vendre sa voiture, la bascule est brutale.
Dans la même interview, il livre un détail qui en dit long sur son état d’esprit : « C’était mon tout premier salaire, je gagnais 250 francs par émission, mais j’aurais été prêt à le faire gratuitement. » L’argent, visiblement, n’a jamais été le moteur. Le plaisir de jouer, si.
Et ce n’était pas qu’une question de salaire. Il confie aussi : « J’avais un rêve de gosse qui semblait totalement inaccessible. Nous ne connaissions personne dans le milieu du cinéma mais nous y sommes arrivés. » Aucun carnet d’adresses, aucun piston, juste une bande d’amis qui n’a pas lâché.
La suite donne raison à leur obstination. Babysitting 2 franchit les 3,2 millions d’entrées, tandis qu’Alibi.com approche les 3,5 millions. De quoi mesurer l’écart entre l’homme qui n’avait « plus rien » et l’un des réalisateurs les plus populaires du moment. Reste à voir ce que cette semaine télé raconte du chemin parcouru.
Ce que cette semaine Canal+ dit de sa revanche
Depuis Babysitting, Philippe Lacheau enchaîne les projets populaires, devant et derrière la caméra. En 2021, il réalise et joue notamment dans Super-héros malgré lui. Le film suit Cédric, choisi pour incarner Badman, avant un accident qui lui provoque une amnésie.
Convaincu d’être réellement un super-héros, ce dernier part combattre des ennemis imaginaires. Selon la programmation évoquée, le long-métrage est diffusé à la télévision ce mercredi 7 octobre 2026 à 21h25. Une coïncidence de calendrier qui fait de cette semaine un véritable hommage.
Le compagnon d’Élodie Fontan a donc de quoi regarder derrière lui avec un certain sourire. Les années de chômage, les économies qui fondent, la voiture vendue : tout cela fait désormais partie d’un récit que le grand public découvre en documentaire. Et c’est peut-être là le plus beau retournement.
Chez les humoristes, les trajectoires qui finissent bien commencent d’ailleurs souvent par un coup de pouce du destin. On le voit aussi chez ceux qui officialisent enfin leur bonheur, comme Jamel Debbouze et Alix. Chez Lacheau, le succès est arrivé par la porte de service, mais il n’est plus près d’en repartir.
La morale tient en une phrase : celui qui a vendu sa voiture pour tenir a fini par remplir les salles. Reste à savoir quelles autres coulisses se cachent derrière les visages que l’on croit connaître.
Parce que les rumeurs vont parfois plus vite que les faits, voyez l’annonce qui a plongé la famille de Dany Boon dans l’horreur. Et si l’on vous disait qu’une annonce pouvait glacer des millions de téléspectateurs en quelques secondes, le « c’est fini » d’Anne-Elisabeth Lemoine en dit long.