« Décision déchirante » : les Pussycat Dolls annulent leur tournée américaine, mais pas Paris

Seize ans après leur séparation, les Pussycat Dolls avaient promis un retour en fanfare avec une tournée mondiale. Mais la réalité du marché vient de rattraper le girls band : presque toutes les dates américaines sont supprimées. De l’autre côté de l’Atlantique, en revanche, l’accueil est tout autre — et la France n’est pas en reste.
Un comeback qui semblait gagné d’avance
Quand le groupe a officialisé son retour il y a quelques semaines, les réseaux sociaux se sont enflammés. Nicole Scherzinger, dont l’ex Lewis Hamilton fait régulièrement la une, reste l’un des visages pop les plus reconnaissables des années 2000. Les Pussycat Dolls, c’est « Don’t Cha », « Buttons », « When I Grow Up » — des tubes qui cumulent des milliards de streams et qui tournent encore en boucle dans les playlists nostalgie.

Logiquement, une tournée mondiale semblait être une formalité. Le groupe avait annoncé des dizaines de dates en Amérique du Nord et en Europe, misant sur la puissance de la nostalgie et une fanbase fidèle depuis deux décennies. Sauf que la nostalgie ne suffit pas toujours à remplir des salles.
La douche froide américaine
Dans un message publié sur Instagram, les Pussycat Dolls ont reconnu ce que l’industrie du concert redoute le plus : les billets ne se vendaient pas. « Après avoir porté un regard honnête sur la tournée nord-américaine, nous avons pris la décision difficile et déchirante d’annuler toutes les dates nord-américaines, à l’exception d’une seule », écrit le groupe.
Une seule date survit au naufrage : le 6 juin prochain, lors du festival WeHo Pride à Los Angeles. Le choix n’est pas anodin. « La communauté LGBTQ+ nous a montré tant d’amour et de soutien tout au long de notre carrière. Nous sommes honorées de faire partie d’un week-end enraciné dans la joie, la fierté, la musique et la famille choisie », précise le communiqué.

Cette décision révèle une fracture nette entre le buzz en ligne et la réalité des guichets. Être viral ne signifie plus être bankable — un constat que d’autres artistes connaissent bien. Le prix des billets de concert a explosé ces dernières années, et le public américain se montre de plus en plus sélectif dans ses dépenses.
Pourquoi l’Amérique boude quand l’Europe applaudit
Le contraste avec le marché européen est saisissant. Là où les salles américaines restaient désespérément vides, plusieurs concerts européens affichent déjà complet. « L’accueil que nous avons reçu est incroyable : plusieurs concerts affichent déjà complets », confirme le groupe sur Instagram.
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Comment expliquer un tel décalage ? Aux États-Unis, le marché du live est saturé. Entre les tournées pharaoniques et les prix qui font bondir les fans, le public doit choisir. En Europe, la rareté joue en faveur des Pussycat Dolls : le groupe ne s’y est quasiment pas produit depuis sa séparation en 2010, ce qui crée un effet de nouveauté que le continent américain n’offre plus.
L’industrie du concert traverse d’ailleurs une période de tension côté billetterie. Les polémiques autour de la tarification dynamique et des places à prix exorbitant ont rendu les spectateurs méfiants. Mais quand la demande est là, les salles se remplissent — et pour les Pussycat Dolls, cette demande se trouve clairement de ce côté-ci de l’Atlantique.
Paris, le 19 septembre : la date qui résiste
Pour les fans français, pas de mauvaise surprise : la date de Paris, programmée le 19 septembre, est bel et bien maintenue. Le groupe promet d’ailleurs un spectacle à la hauteur de l’attente. « Nous mettons tout en œuvre pour faire de ce spectacle une véritable célébration de la musique et des souvenirs, tant pour les fans qui nous suivent depuis le début que pour ceux qui nous découvrent pour la première fois », écrivent les artistes.

La France reste un marché fiable pour les artistes des années 2000 en quête de revival. L’engouement récent autour des concerts de Céline Dion à Paris — avec des millions d’inscrits aux tirages au sort et des reventes au marché noir — prouve que le public hexagonal est prêt à dépenser pour revoir ses icônes sur scène.
Le revival des girls bands a ses limites
L’annulation partielle de cette tournée pose une question plus large : le comeback des groupes iconiques des années 2000 fonctionne-t-il encore ? Les Spice Girls avaient déjà prouvé en 2019 que la recette marchait — mais uniquement au Royaume-Uni, où elles avaient vendu 700 000 billets en quelques minutes. Leur projet de tournée mondiale, lui, n’avait jamais vu le jour.
Pour les Pussycat Dolls, le schéma se répète. La fanbase est là, mais elle est géographiquement concentrée. Remplir un festival Pride à Los Angeles est une chose. Remplir trente salles de 10 000 places à travers les États-Unis en est une autre.
Ce semi-échec ne signe pas pour autant la fin du girls band. La tournée européenne, elle, a toutes les chances de fonctionner. Et si le spectacle parisien tient ses promesses, les Pussycat Dolls pourraient très bien revenir avec un calendrier mieux calibré. En attendant, les fans qui n’ont pas encore sécurisé leurs billets pour la rentrée feraient bien de ne pas trop attendre — la leçon américaine montre que rien n’est jamais acquis dans le monde du live.