Roselyne Bachelot grillée en sous vêtements avec Nicolas Sarkozy : cette scène intime révélée
Il y a des personnalités qui ont un don. Celui de tomber pile au milieu de la polémique du moment, et d’en ressortir avec la phrase que tout le monde répète le lendemain. Roselyne Bachelot fait partie de cette espèce rare. Et elle vient encore de le prouver.

Quelques jours avant l’arrivée de Léon XIV en France, l’ancienne ministre de la Culture était sur le plateau de C à vous, sur France 5. Sujet brûlant : Emmanuel Macron, qui a fait savoir qu’il n’assisterait pas aux messes du pape. Elle a tranché net : certaines polémiques sont « grotesques », « misérables ».
Pour elle, cette visite devait être « un moment de réconciliation ». Rien que ça. Mais pendant que les chaînes d’info tournaient en boucle sur le protocole et la laïcité, une autre séquence de Roselyne Bachelot est remontée à la surface, beaucoup moins solennelle et beaucoup plus gênante.
Une histoire racontée à la télévision en 2024, où il est question d’un meeting, d’un officier de sécurité et de Nicolas Sarkozy. Une histoire que l’animatrice a résumée d’une formule à faire rougir un plateau entier. Vous pensez connaître Roselyne Bachelot ? Attendez de lire la suite.
Un pape à Paris, un président qui boude les messes
Remettons le décor en place, parce que le timing compte. Le pape Léon XIV effectue un voyage apostolique en France du 25 au 28 septembre 2026. Quatre jours, Paris, Saint-Denis, Lourdes, Metz. Et dès avant son arrivée, une question agite la classe politique : le président sera-t-il au premier rang ?
Réponse de l’Élysée, confirmée au JDD : non. Emmanuel Macron n’avait prévu de se rendre à aucune messe pendant la visite. Pour la messe géante de la place de la Concorde, le samedi 26 septembre à 15 heures, le chef de l’État devait être représenté par son Premier ministre Sébastien Lecornu et par Brigitte Macron.

Le programme présidentiel, lui, restait chargé : accueil du souverain pontife à l’aéroport d’Orly avec son épouse, puis réception au palais de l’Élysée pour un échange suivi d’une prise de parole conjointe. Poignées de main, oui, génuflexions, non. La ligne était claire.
Et elle n’était pas choisie au hasard. Le JDD rappelle qu’en 2023, la venue d’Emmanuel Macron à la messe du pape François au stade Vélodrome de Marseille avait suscité des critiques au nom de la laïcité républicaine. Cette fois, le président avait visiblement décidé de ne pas rejouer la scène.
Sauf que le remède a déclenché une autre fièvre. Sur CNews, le député RN de l’Yonne Julien Odoul s’est indigné, lâchant une phrase relayée par la chaîne : « On a honte de ce président qui dégrade l’image de la France ». D’un côté, on reproche la présence, de l’autre, l’absence : le piège parfait.
Sur le terrain, pourtant, la ferveur était bien là. Le JDD décrit un Léon XIV acclamé à Paris et à Saint-Denis par les jeunes réunis au Stade de France, avant de poursuivre sa route vers Lourdes et Metz. Pendant que les foules acclamaient le pape, les plateaux télé, eux, se disputaient sur la chaise vide du président.
Sur France 5, une phrase que personne n’attendait

C’est dans ce climat électrique que Roselyne Bachelot s’est installée à la table de C à vous. On aurait pu attendre d’une ancienne ministre qu’elle choisisse son camp, qu’elle cogne ou qu’elle encense. Elle a fait autre chose. Elle a parlé d’elle.

« Je suis agnostique et je n’assiste pas à la messe du pape, mais je respecte les gens qui y vont », a-t-elle déclaré sur France 5. Une phrase simple, presque banale. Et pourtant, au milieu des invectives, elle a sonné comme un seau d’eau froide sur une dispute de comptoir.
Ce qui frappe, c’est la position qu’elle se donne. Pas de leçon de laïcité, pas de sermon non plus. Juste une invitation à la décrispation, avec ce mot qu’elle a choisi : réconciliation. Venant d’une femme qui a passé sa vie à distribuer des coups en politique, le contraste est savoureux.
Et l’histoire ne s’arrête pas là. Ce lundi 28 septembre, selon Euronews, Emmanuel Macron a finalement « réorganisé son agenda » : il assistera à la messe de Léon XIV à Metz et le raccompagnera à l’aéroport le soir même, deux rendez-vous absents de son programme initial. Volte-face ou geste d’apaisement ? Chacun y lira ce qu’il veut.
À Metz, justement, le souverain pontife devait aussi prononcer un discours sur « le thème de la construction européenne comme modèle pour la paix », au centre des congrès Robert-Schuman. L’Élysée précisait au JDD que les dirigeants des 26 autres pays de l’Union étaient invités, et qu’Emmanuel Macron devait introduire la prise de parole.
Voilà pour l’actualité, grave, protocolaire, presque diplomatique. Mais le plus drôle, c’est que cette apparition très sérieuse de Roselyne Bachelot a réveillé le souvenir d’une autre séquence télé. Une séquence où il n’était pas question de laïcité, mais d’un incident très embarrassant… et d’un futur président de la République.
Une agnostique élevée chez les religieuses

Pour comprendre pourquoi cette femme peut parler de messe avec autant de liberté, il faut remonter très loin, jusqu’à une enfance qui ressemble à un roman. Née Narquin le 24 décembre 1946 à Nevers, la petite Roselyne est envoyée en pensionnat à sept ans. Sept ans, l’âge où d’autres découvrent à peine la lecture.
Elle grandit au collège La Retraite-Sacré-Cœur, à Angers, sous une discipline stricte. Et les religieuses ne font pas dans la dentelle : à huit ans, elles lui font redoubler sa classe malgré son niveau, jugeant l’enfant trop jeune pour entrer en sixième. Une rigueur qui en dit long sur l’éducation de l’époque.
Le plus étonnant arrive en terminale. Elle a raconté qu’une religieuse s’était éprise d’elle, lui envoyant des mots doux et des lettres enflammées. Cette sœur la surnommait « petit masque courageux » : imaginez la scène dans un pensionnat catholique, un vrai scénario de film.
La jeune fille a aussi une autre passion dévorante : la musique. Piano dès trois ans et demi, trois à quatre heures de pratique par jour, du chant jusqu’à vingt ans. L’opéra, lui, la foudroie à vingt-quatre ans, quand un ami l’emmène pour la première fois au Festival de Vérone. Retenez ce goût du spectacle, il va compter.
Alors oui, quand l’ancienne pensionnaire des religieuses se déclare aujourd’hui agnostique à la télévision, la phrase prend une autre épaisseur. Elle sait de quoi elle parle. Elle a vécu l’Église de l’intérieur, avec ses règles, ses excès et ses tendresses inattendues.
Pharmacienne, fille de député et bête politique


La suite de son parcours n’a rien d’un long fleuve tranquille. Déléguée médicale au laboratoire ICI Pharma de 1969 à 1976, elle interrompt ses études de pharmacie avant de les reprendre. Résultat : un doctorat obtenu en 1988 à l’université d’Angers, dont elle sort major de promotion. Têtue, la dame.
La politique, elle l’a dans le sang. Son père, Jean Narquin, résistant et député gaulliste de Maine-et-Loire, l’initie très tôt. Elle milite au RPR, devient conseillère générale en 1982, puis reprend en 1988 le siège de son père à l’Assemblée nationale. Une passation de flambeau en famille.
Elle se fait vite remarquer pour son indiscipline. En 1991, elle vote la loi Évin contre les consignes de son parti. En novembre 1998, elle défend le PACS à l’Assemblée contre les membres de son propre groupe, un plaidoyer qui lui assure une notoriété nationale et révèle une élue qui n’obéit qu’à elle-même.
En 2002, la voilà porte-parole de Jacques Chirac pour la présidentielle, puis ministre de l’Écologie et du Développement durable. Deux ans plus tard, en mars 2004, elle perd son portefeuille. Entre-temps, la canicule de l’été 2003 a fait d’elle une cible des Guignols de l’info, qui la présentaient comme « la ménagère de moins de 50 de QI ». Ça pique.
N’importe qui aurait pu disparaître après une humiliation pareille. Elle, non. Elle part siéger au Parlement européen de 2004 à 2007, en attendant son heure. Et cette heure a un nom : celui d’un homme qui va entrer à l’Élysée au printemps 2007.
2007 : l’année où tout se joue avec Nicolas Sarkozy

Cet homme, Nicolas Sarkozy, né le 28 janvier 1955 à Paris, n’est pas un inconnu des grandes messes politiques. Élu maire de Neuilly-sur-Seine le 29 avril 1983, à 28 ans, il s’est fait les dents très tôt. En 1988 déjà, il était chargé d’organiser les grands meetings de Jacques Chirac pour la présidentielle.
Les meetings, donc, il connaît. Les scènes, les coulisses, la sécurité, les espaces réservés où le candidat se prépare avant d’affronter la foule. Tout un univers codifié, où rien n’est laissé au hasard. Un univers dans lequel une ministre va un jour débarquer en urgence.
En 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la République avec 53,1 % des suffrages face à Ségolène Royal. Et c’est pendant cette campagne-là, selon le récit rapporté en 2024, que se niche l’histoire qui nous intéresse. Patience, on y vient.
Le 18 mai 2007, Roselyne Bachelot est nommée ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports. Elle est présentée comme la « grande amie » du Premier ministre François Fillon. Selon le conseiller politique Patrick Buisson, elle est même la seule ministre que Fillon a voulu imposer dans son gouvernement.
Retenez ce détail : ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui l’a réclamée, c’est Fillon. Toute la relation entre la ministre et le président porte cette ambiguïté : loyale, oui, fan inconditionnelle, pas vraiment. Elle le prouvera plus tard, noir sur blanc.
Pendant ce temps, la vie privée du nouveau chef de l’État fait les gros titres. Marié à Cécilia Ciganer-Albéniz depuis 1996, il divorce en 2007. Puis il épouse Carla Bruni le 2 février 2008, dans le Salon vert du palais de l’Élysée. Un mariage célébré sans publication des bans, avec l’autorisation du procureur, afin de ne pas « troubler l’ordre public ».

Le futur « cher et tendre » de Carla Bruni est donc, à cette époque, un homme au centre de toutes les attentions. Chaque geste est scruté, chaque apparition commentée. Imaginez alors ce que pourrait devenir le moindre incident embarrassant survenu près de lui. C’est exactement là que notre histoire va se loger.
La grippe A, le cauchemar ministériel
Au ministère, Roselyne Bachelot ne chôme pas. Elle défend en 2008-2009 la loi HPST, publiée au Journal officiel le 22 juillet 2009, qui crée notamment les agences régionales de santé. Une réforme lourde, technique, qui ne fait pas rêver les foules mais redessine l’hôpital.
Puis arrive la tempête. En 2009-2010, elle se retrouve au cœur d’une énorme controverse : la commande de 95 millions de doses de vaccin contre la grippe A (H1N1). Le coût global de la campagne est estimé à 1,5 milliard d’euros. Et seulement 8 % des Français se sont fait vacciner.
Le rapport d’enquête du Sénat, présidé par François Autain et rendu public le 29 juillet 2010, met en lumière le poids des lobbys et des contrats commerciaux jugés trop contraignants. La ministre encaisse. Encore. Cette femme semble avoir une peau de crocodile.
Détail révélateur : désignée tête de liste de l’UMP pour les régionales de 2010 dans les Pays de la Loire, elle renonce finalement, préférant rester au ministère, officiellement pour suivre la grippe A et la réforme hospitalière. C’est Christophe Béchu qui reprend le flambeau. Elle ne lâche pas son poste. Elle ne lâche jamais rien.

Le 14 novembre 2010, Nicolas Sarkozy la nomme ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale dans le troisième gouvernement Fillon. Le portefeuille est pensé pour une grande loi sur la dépendance, mais l’année suivante, le président annonce le report du projet pour préserver les finances publiques. Un rendez-vous manqué, et ses carnets secrets vont bientôt parler.
Ce que la ministre notait en secret sur le président

Car pendant la campagne de 2012, Roselyne Bachelot tient un journal où, semaine après semaine, elle consigne tout. Et cinquante jours après la défaite de Nicolas Sarkozy face à François Hollande, elle publie ces carnets chez Flammarion. Titre : À feu et à sang. Tout un programme.
Le JDD en dévoile alors des passages au vitriol. Le 21 décembre 2011, elle assiste au dernier Conseil des ministres de l’année et le qualifie de « plus sinistre du quinquennat ». Elle y note une ambiance « mortifère » et un président qui a « fort mauvaise mine ». Voilà le chef de l’État croqué sans fard.
Elle diagnostique aussi un « état dépressionnaire aigu » chez ses collègues et s’interroge : « Comment gagner une campagne avec un chef et des troupes aussi diminués? » Venant d’une ministre en exercice, la question est d’une franchise redoutable. Le livre vise pourtant moins Sarkozy que son entourage.
Ses cibles, selon le JDD ? Un trio de conseillers qu’elle surnomme la « bête à trois têtes » : Claude Guéant, Emmanuelle Mignon et surtout Patrick Buisson, qu’elle décrit comme une « personnalité manipulatrice qui cherche son quart d’heure de célébrité ». Le même Buisson qui la décrivait comme la seule ministre imposée par Fillon. La boucle est bouclée.

Le livre raconte même une soirée d’anniversaire où, entre deux danses, Roselyne Bachelot et Bruno Le Maire se demandent si la campagne s’achèvera par « une défaite ou un désastre ». Une scène digne d’une comédie noire, avec des ministres qui dansent en pronostiquant leur propre naufrage.
Le livre réserve aussi un chapitre étonnant à Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy, présentée par l’autrice comme injustement attaquée. Solidarité de porte-parole, sans doute : dix ans plus tôt, c’est elle qui tenait ce rôle auprès de Jacques Chirac. Et elle en profite pour glisser que Chirac était déjà « affaibli, voire amoindri » à l’époque.
« Il fallait être loyal » : la confession au JDD
Dans une interview accordée au JDD au moment de la sortie du livre, elle enfonce le clou. « J’avais anticipé la défaite de Nicolas Sarkozy », affirme-t-elle. Elle évoque des « erreurs de comportement » qui l’avaient fragilisé dans son propre électorat, et une stratégie droitière qui, selon elle, éloignait les électeurs modérés.
Elle rapporte aussi ce que le président lui répétait à propos de ses conseillers : « Ce sont des gens extraordinaires, ils connaissent tout, ils comprennent tout et ils m’emmèneront vers la victoire. » On connaît la suite. La phrase, relue après coup, a quelque chose de cruel.
Puis vient cette formule étonnante, presque tendre : « j’ai vu mon Sarkozy changer d’avis ». Mon Sarkozy. Le possessif dit tout d’une relation faite de proximité, d’agacement et d’affection mêlés. Elle cite même Alain Juppé à propos du président : « Il a complètement tort mais nous ne pouvons pas le dire. »

Pourquoi ne rien dire pendant la campagne ? Sa réponse tient en quatre mots : « Il fallait être loyal. » Et sa sentence finale sur la gestion de la campagne claque comme une porte : « Nicolas Sarkozy a installé le désordre dans sa maison. » Elle assure pourtant que son livre « rend hommage à Sarkozy ».
Sur Nathalie Kosciusko-Morizet, elle se montre encore plus précise dans cet entretien. Elle affirme que Patrick Buisson a mené contre la porte-parole « une guerre déchaînée ». Le ton est donné : les coulisses de la campagne de 2012, racontées par elle, ressemblent à un champ de bataille où chacun marche sur des œufs.
Retenez cette image de la maison en désordre. Parce que l’anecdote qui a refait surface cette semaine se déroule, elle aussi, dans un lieu très privé réservé au candidat. Un endroit où l’on n’entre pas comme ça. Sauf, visiblement, en cas d’urgence absolue.
Une reconversion que personne n’avait vue venir

Après 2012, Roselyne Bachelot tourne une page. Elle aurait pu retrouver son siège de députée : elle démissionne. Le 8 octobre 2012, elle fait ses premiers pas de chroniqueuse dans Le Grand 8 sur D8, aux côtés de Laurence Ferrari, Audrey Pulvar, Élisabeth Bost et Hapsatou Sy. Une ex-ministre en talk-show quotidien : le virage est spectaculaire.
Les signes de ce changement de vie s’accumulent vite. Début mars 2013, elle effectue une démarche pour obtenir une carte de presse. Le 10 avril 2013, lors de la journée « Le Grand Switch », elle présente même le journal télévisé de la mi-journée de D8. L’ancienne ministre passe de l’autre côté du micro, pour de bon.

Elle y prend goût à une vitesse folle. En 2013, elle joue dans un prime-time de la série Nos chers voisins sur TF1, dans le rôle de Fabienne, une cousine décrite comme exigeante et culottée. Culottée : retenez bien le mot, il va prendre un sens très savoureux dans quelques minutes.
La même année, elle apparaît dans le remake du clip Ça ira de Joyce Jonathan. En mars 2014, elle présente la météo pour une spéciale de D8. Puis elle rejoint Cyril Hanouna sur Europe 1 en octobre 2014, avant d’intégrer Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier sur RTL en novembre 2015.
Elle ose tout. En 2016, elle se lance dans Fort Boyard sur France 2. En mars 2018, elle monte sur la scène de Bobino avec Myriam El Khomri et Marlène Schiappa pour une représentation des Monologues du vagin, au profit du Collectif féministe contre le viol. En 2020, elle participe même aux Reines du shopping de Cristina Córdula sur M6.
Une ex-ministre qui ne quitte plus les plateaux
La cadence ne faiblit pas. Le Grand 8 s’arrête en juin 2016 ? Elle rebondit aussitôt : en septembre 2016, elle prend les commandes d’une émission quotidienne sur RMC, 100 % Bachelot, entre 15 heures et 16 heures. Deux mois plus tard, la voilà chroniqueuse dans AcTualiTy, présentée par Thomas Thouroude sur France 2.
À la rentrée 2017, direction LCI, où elle co-anime avec Julien Arnaud une émission-débat, La République LCI. De septembre 2018 à juillet 2019, elle a même sa propre tranche matinale, L’Heure Bachelot, tous les jours de 9 heures à 10 heures. En 2019, elle siège comme jurée dans Le Grand Oral de Laurent Ruquier sur France 2.

Sa passion de jeunesse ne l’a jamais quittée. Elle publie Verdi amoureux en 2013, sort en 2016 un disque d’airs d’opéra français intitulé Salut à la France !, et tient à partir de septembre 2016 une chronique hebdomadaire sur France Musique. La petite pianiste du pensionnat a trouvé sa scène.
Jamais très loin de la politique pour autant. Le 16 juillet 2012, l’Élysée la nomme à la Commission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique présidée par Lionel Jospin. Le 8 janvier 2013, elle entre au Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. Un pied sur les plateaux, un pied dans les institutions.
Un détail mérite d’être souligné pour la suite. En 2014 puis en 2017, Roselyne Bachelot est candidate au Money Drop sur TF1, un jeu animé par Laurence Boccolini. Les deux femmes se sont donc déjà croisées sur un plateau bien avant 2024. Gardez ce nom en tête : c’est elle qui, des années plus tard, posera la question qui fâche.
Le retour surprise au gouvernement, puis la peur
Et puis, coup de théâtre. Le 6 juillet 2020, alors qu’elle avait répété ne pas envisager de retour en politique, Roselyne Bachelot est nommée ministre de la Culture dans le gouvernement de Jean Castex, sous Emmanuel Macron. Les internautes se moquent. Le monde culturel, lui, salue globalement la nomination.
Et les décisions tombent vite. En août 2020, elle confirme la suppression de la chaîne France Ô de la TNT, malgré une tribune signée par 125 personnalités et une pétition de plus de 68 000 signatures. Dans le même temps, elle annonce le report de l’arrêt de France 4, après les bonnes audiences de la chaîne pendant le confinement.

Le contexte est terrible : salles fermées, festivals à l’arrêt, pandémie de Covid-19. Elle plaide pour assouplir les règles sanitaires imposées aux lieux culturels. En octobre 2020, elle annonce une enveloppe supplémentaire de cinq millions d’euros pour les festivals, en plus des dix millions déjà prévus.
Le 20 mars 2021, c’est elle qui tombe. Elle annonce être positive au Covid-19, alors qu’elle avait reçu une première injection de vaccin. Hospitalisée à l’hôpital Bégin de Vincennes, placée sous oxygénothérapie renforcée, elle ne sort que le 1er avril. L’ancienne ministre de la Santé face au virus : l’ironie est cruelle.
Et son franc-parler, lui, ne faiblit pas. Aux professionnels du cinéma qui critiquent la politique du gouvernement tout en recevant d’importantes aides liées à la crise, elle renvoie des « problèmes de riches ». Une formule courte, qui claque, et qu’on retient : c’est tout elle.
En mai 2022, elle n’est pas reconduite dans le gouvernement Borne, et Rima Abdul Malak lui succède. En 2023, elle publie 682 jours, la chronique de son passage au ministère de la Culture. La présentation de l’éditeur, relayée par ActuaLitté, résume le personnage en trois mots : « Roselyne tire à vue. »
Depuis, elle est revenue aux Grosses Têtes et multiplie les chroniques sur BFM TV. En 2024, elle publie Sacrés monstres !, galerie de portraits des figures politiques qu’elle a côtoyées, puis en 2026 un livre écrit avec Éric Dupond-Moretti. Elle ne s’arrête jamais de raconter, surtout ce qu’elle a vu de près.
Nicolas Sarkozy, de l’Élysée à la prison de la Santé


Pendant que son ancienne ministre triomphe sur les plateaux, le destin de Nicolas Sarkozy prend un tour bien plus sombre. Candidat à sa réélection en 2012, il n’obtient que 48,4 % des voix au second tour face à François Hollande. Il revient à la tête de l’UMP en 2014, qu’il rebaptise Les Républicains, puis échoue à la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017.
Puis viennent les tribunaux. En 2023, dans l’affaire Sarkozy-Azibert, il est condamné en appel à trois ans de prison pour corruption et trafic d’influence. En 2024, dans l’affaire Bygmalion, la cour d’appel le condamne à un an de prison, décision confirmée définitivement en 2025.
Il devient ainsi le premier président de la Ve République condamné à de la prison ferme. Et ce n’est pas fini. Dans le dossier du financement libyen présumé, il est condamné en première instance en septembre 2025 à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs.
Le 21 octobre 2025, il est écroué à la prison de la Santé. Il en sort le 10 novembre 2025, placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès en appel. Dans ce dossier, il reste présumé innocent tant que la justice ne s’est pas définitivement prononcée.
Le contraste avec la campagne victorieuse de 2007 est vertigineux. Le candidat triomphant, entouré de ses conseillers, est devenu un justiciable. C’est aussi pour ça que les anecdotes de campagne de cette période fascinent autant : elles racontent un homme au sommet, dans une bulle protégée.
Une bulle faite de sécurité, de loges, de coulisses fermées au public. Et c’est justement dans l’une de ces coulisses que Roselyne Bachelot s’est retrouvée un jour, dans une situation qu’elle n’avait certainement pas prévue. C’est sur un plateau de télévision qu’elle en livrera la version la plus détaillée.

Dimanche 3 mars 2024, un plateau de France 2
Direction Les Enfants de la télé. L’émission culte a changé de visage : après le départ de Laurent Ruquier de France Télévisions en 2023, c’est Laurence Boccolini qui en a pris les commandes, quittant pour l’occasion son jeu quotidien Tout le monde veut prendre sa place.
Le programme a une longue histoire derrière lui. Lancé sur France 2 le 17 septembre 1994, porté par Pierre Tchernia et Arthur, il s’est construit autour des archives télévisées et des souvenirs qu’on ressort devant les intéressés. Un concept redoutable : l’invité vient pour sourire, et repart parfois avec une vieille casserole remise sur le feu.
Le dimanche 3 mars 2024, à 18h40 sur France 2, l’animatrice reçoit une belle brochette : Carole Gaessler, Lola Ces, Sandrine Quetier, Anggun. Et Roselyne Bachelot. Au menu, comme toujours, des archives, des souvenirs, des moments de télé qui font rire ou grincer des dents.
Ironie de l’histoire : Laurence Boccolini ne restera pas longtemps aux manettes. Selon Allociné, elle a été poussée vers la sortie par la direction de France Télévisions après seulement deux saisons. Le Parisien annonçait le 30 juin 2025 que Faustine Bollaert devait lui succéder. L’animatrice avait réagi sur Instagram : « Tous vos mots me bouleversent un peu. »
Mais en ce mois de mars 2024, elle est encore la reine du plateau. Et elle a une question derrière la tête pour son invitée. Une histoire qui remonte à une campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, selon le récit rapporté depuis, celle de 2007. Une mésaventure dont l’ancienne ministre ne semblait plus se souvenir très précisément.

C’est souvent comme ça, à la télé. L’invité arrive détendu, prêt à parler de ses livres ou de sa carrière. Et l’animatrice sort de sa manche le souvenir que personne n’attendait. Ce jour-là, Roselyne Bachelot va devoir replonger dans un épisode qu’elle avait déjà évoqué dans la presse écrite, quelques années plus tôt.
Une question à faire rougir n’importe quel invité

Laurence Boccolini ne prend pas de gants. Elle résume l’épisode d’une formule particulièrement embarrassante, en demandant tout simplement à son invitée si elle s’est « retrouvée en petite culotte devant Sarkozy ». Oui, vous avez bien lu : devant Sarkozy.
Imaginez le choc de la formule dans la bouche d’une animatrice de France 2, un dimanche à 18h40. Une ancienne ministre de la Santé, une ancienne ministre de la Culture, une sociétaire des Grosses Têtes, en sous-vêtements devant le président de la République. La promesse est énorme. De quoi faire bondir n’importe quel téléspectateur de son canapé.
Souvenez-vous de ce rôle de cousine culottée dans Nos chers voisins. Et du possessif « mon Sarkozy » employé dans le JDD. Tout, dans le parcours de cette femme, semblait mener vers une réponse franche et sans filtre. Elle n’a jamais eu peur des mots.
Un détail de chronologie rend d’ailleurs l’affaire encore plus piquante. Au printemps 2007, Roselyne Bachelot n’est pas encore ministre de Nicolas Sarkozy : elle siège au Parlement européen jusqu’au 17 mai et n’est nommée à la Santé que le 18. Mais elle a déjà dirigé l’Écologie de 2002 à 2004. Retenez-le, ce titre de ministre va compter.

Sauf que cette fois, la principale intéressée ne laisse pas passer la version de l’animatrice. Elle rectifie immédiatement. Et ce qu’elle raconte ensuite est à la fois plus drôle, plus absurde et plus révélateur que la formule choc de Laurence Boccolini. Accrochez-vous.
La vérité sur ce meeting de Nicolas Sarkozy
Alors, que s’est-il vraiment passé ce jour-là, dans les coulisses d’un meeting du futur président ? Tout ce que vous avez lu jusqu’ici converge vers cette réponse : la ministre loyale mais lucide, l’homme des grands meetings, la cousine culottée de TF1, la question de Laurence Boccolini. La voici, racontée par l’intéressée elle-même.
« Je ne me suis pas retrouvée en petite culotte devant Sarkozy », corrige d’abord Roselyne Bachelot. Puis elle raconte : « Mais c’est vrai que l’officier de sécurité a dit : ‘Madame la ministre, votre combinaison est déchirée.’ Une robe, on peut la rectifier, mais la combinaison, il faut l’ôter. » Le voilà, le fameux incident : une combinaison qui lâche en plein meeting.
Alors elle prend une décision express : « Donc j’ai demandé à aller dans la tente qui servait de loge à Sarkozy et je me suis déshabillée pour pouvoir la réparer. » La loge du candidat, cet espace ultra-protégé des meetings, transformée en cabine d’essayage de fortune pour une ministre en détresse vestimentaire.
Mais le détail qui change tout, c’est qu’elle a précisé que Nicolas Sarkozy ne l’avait pas vue se changer. Elle avait simplement utilisé la tente servant de loge pour réparer sa tenue. Pas de regard présidentiel, pas de scène gênante en tête-à-tête. La formule de l’animatrice tombe à l’eau.
Et puis, avec son sens de la chute, elle a ajouté une petite phrase dont elle a le secret : « Il donne pas trop dans mon style Sarkozy ». Rideau. En une réplique, elle désamorce le sous-entendu, se moque d’elle-même et égratigne gentiment l’ancien président. Du Bachelot pur jus.
En 2019, elle en avait dit un peu plus
Le plus croustillant ? Cette anecdote n’était pas inédite. En février 2019, selon Starmag, elle s’était déjà confiée au Monde, pour un dossier consacré à « La tragédie de la droite », dans une version bien moins pudique : « Je portais une combinaison, je l’avais déchirée et on voyait mon slip. Il fallait que je la retire. »
Toujours citée par Starmag, elle poursuivait : « Je vois un officier de sécurité, je lui demande si je peux entrer dans la tente du « chef ». » On voyait son slip, donc. On comprend mieux d’où pouvait venir la formule de Laurence Boccolini, cinq ans plus tard.
Starmag rapportait aussi ce qu’elle avait découvert dans la tente : « des buffets somptueux qui attendaient Sarko et ses amis » et un « valet de chambre qui tenait la chemise propre ». Voilà l’envers du décor d’un meeting présidentiel, vu par une ministre en train de sauver sa tenue.
Les récits ne s’accordent d’ailleurs pas tous sur l’année. Les articles consacrés à l’émission de 2024 et La Nouvelle Tribune, en 2019, situent l’histoire pendant la campagne de 2007, tandis que Starmag évoquait en 2019 une autre campagne présidentielle. Un flou qui ajoute encore au mythe de l’anecdote.
Finalement, cette histoire dit tout de Roselyne Bachelot. La femme qui encaissait les moqueries des Guignols en 2003 a appris à transformer ses mésaventures en répliques. Et c’est ce même ton qu’elle a choisi pour parler du pape sur France 5 : pas de solennité forcée, juste un « Je suis agnostique » suivi d’un appel au respect.
Le 24 décembre prochain, Roselyne Bachelot fêtera ses 80 ans. Ministre sous Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, elle a vu défiler trois présidents de près, parfois de très près. Et avec elle, visiblement, une tenue déchirée peut devenir une légende de la télévision.