Sam Neill, le paléontologue de « Jurassic Park », est mort à 78 ans

Une nouvelle qui frappe fort dans le monde du cinéma. Sam Neill, l’acteur néo-zélandais qui a incarné le paléontologue Alan Grant dans Jurassic Park, s’est éteint ce lundi 13 juillet à l’âge de 78 ans.
Ses proches ont annoncé la nouvelle sur Instagram, évoquant un décès « soudain et inattendu ». Aucune cause précise n’a été communiquée pour l’instant.
« Sam était entouré de sa famille et s’est éteint avec la dignité qui a caractérisé toute sa vie », a écrit son entourage dans le communiqué. Une formule sobre pour un homme qui, en quelques décennies, est devenu un visage familier du cinéma mondial.
Une rémission annoncée il y a seulement trois mois
Le timing rend cette disparition d’autant plus troublante. En avril dernier, Sam Neill avait annoncé être en rémission d’un cancer du sang, après avoir suivi une thérapie génique.
Une bonne nouvelle qui laissait penser que l’acteur avait encore de belles années devant lui. Il évoquait d’ailleurs régulièrement son envie de profiter encore longtemps de sa vie, loin des plateaux.
En 2023, il confiait déjà au Guardian : « Je n’ai pas peur de mourir, mais ça m’embêterait. Parce que j’aimerais bien vivre encore une ou deux décennies, vous comprenez ? »
Il évoquait alors ses terrasses viticoles, ses oliviers et ses cyprès plantés, qu’il rêvait de voir s’épanouir. Ce que la maladie ne lui aura finalement pas laissé le temps de voir grandir.
Le rôle qui aurait dû revenir à Harrison Ford
Peu de gens le savent, mais le personnage du Dr Alan Grant dans Jurassic Park n’était pas destiné à Sam Neill au départ. Steven Spielberg avait initialement pensé à Harrison Ford pour ce rôle.
C’est finalement l’acteur néo-zélandais qui décroche le rôle en 1993, année charnière de sa carrière. Il reprendra le personnage dans le premier et le troisième volet de la saga, puis dans Jurassic World : Renaissance, sorti en 2022.
Cette même année 1993 lui offre un autre triomphe : le rôle du colon Alistair Stewart dans La Leçon de piano, de la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion. Le film décroche la Palme d’or à Cannes puis trois Oscars l’année suivante.

Un pionnier du cinéma néo-zélandais
Avant de devenir une star internationale, Sam Neill a participé activement à la naissance d’une industrie cinématographique quasiment inexistante dans son pays. Son tout premier grand rôle, dans Sleeping Dogs en 1977, marque l’histoire : c’est le premier film néo-zélandais jamais sorti aux États-Unis.
Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon a d’ailleurs salué ce parcours sur X, rappelant que l’acteur « a débuté à une époque où l’industrie cinématographique était quasi inexistante dans notre pays ».
Sam Neill s’était fait remarquer dès 1979 dans Ma brillante carrière, de Gillian Armstrong, porté par l’essor du cinéma australien de cette génération. Une décennie plus tard, il reçoit un AFI Award du meilleur acteur pour Un cri dans la nuit, aux côtés de Meryl Streep.
150 films et des seconds rôles inattendus
La filmographie de Sam Neill compte environ 150 films en cinq décennies. Un chiffre vertigineux qui inclut des rôles aussi divers que le fils du diable dans Omen III, un commandant soviétique face à Sean Connery dans À la poursuite d’Octobre rouge, ou une apparition marquante aux côtés d’Isabelle Adjani dans le film culte Possession.
Son rôle dans Ivanhoé, au début des années 1980, lui vaut même une popularité surprenante en Suède, où le film est diffusé à la télévision chaque jour de l’An depuis quarante ans. Un détail que peu de fans français connaissent.
Plus récemment, l’acteur d’origine irlandaise avait renoué avec ses racines en incarnant l’inspecteur Chester Campbell dans les deux premières saisons de Peaky Blinders, aux côtés de Cillian Murphy. Il avait aussi prêté sa voix à des épisodes des Simpson et de Rick et Morty.
Cette disparition rappelle celle d’autres figures du grand écran récemment disparues, comme l’actrice de « Superman » Valérie Perrine ou Chuck Norris, autant de visages qui ont marqué des générations de spectateurs.
Une ferme viticole et des animaux baptisés comme ses co-stars
Loin des plateaux, Sam Neill menait une autre vie, tout aussi passionnée. Il possédait une ferme viticole baptisée « Two Paddocks », nichée dans la région de Central Otago, sur l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande.
Une activité qu’il décrivait comme « incroyablement chronophage et coûteuse », mais aussi « gratifiante et amusante ». De quoi occuper ses journées entre deux tournages.
Détail savoureux relayé par The Guardian : l’acteur donnait à ses animaux de ferme les noms de ses anciennes co-stars. Une poule s’appelait Laura Dern, un canard Kylie Minogue, et une vache portait fièrement le nom d’Helena Bonham Carter.
Un clin d’œil malicieux qui résume bien l’homme : un acteur immense, mais qui gardait toujours une bonne dose d’autodérision et d’attachement pour sa vie simple, loin des projecteurs d’Hollywood.