Stéphane Plaza : ce qu’il avait affirmé au tribunal… et ce que la police a découvert chez lui quelques mois plus tard
Deux mots. « J’ai menti. » Ils viennent de Stéphane Plaza, et la presse people vient de les remettre en lumière, comme on rouvre une vieille boîte à chaussures. Mais attention : ce mensonge-là n’a rien à voir avec un tribunal. Il parle d’une maladie, d’une mère, et d’un fils qui a choisi de ne pas tout dire.

Vous croyez connaître l’histoire de l’agent immobilier le plus célèbre de France ? L’ascension sur M6, la chute, les condamnations : tout le monde a vu passer les gros titres. Sauf qu’au milieu de ce feuilleton judiciaire, il y a un détail que presque personne n’a relevé. Une question posée à l’audience, et une réponse donnée face aux juges.
Ce détail, on vous le livre à la fin, promis. D’abord, il faut comprendre d’où il vient, ce garçon de Suresnes devenu le visage préféré des Français. Et comment, en quelques années, tout ce qu’il avait construit s’est effondré pièce par pièce, comme une maison dont on aurait retiré les murs porteurs.
Parce que pour mesurer ce que cette fameuse réponse change, il faut avoir tout vu : les agences, les audiences, la complice de toujours, les premières révélations, les juges. Accrochez-vous. Ce qui suit n’a rien d’une émission du dimanche après-midi.
Le mensonge d’un fils, bien avant les juges
Commençons par ces deux mots, puisqu’ils ouvrent tout. En 2016, Stéphane Plaza perd sa mère, Christiane, emportée par un cancer. Elle était fleuriste. Depuis, chaque 12 septembre, il publie un petit mot pour elle sur les réseaux sociaux, un rituel que ses abonnés connaissent bien.
Le deuil le fait basculer. Auprès de Gala, il avait raconté l’effondrement sans fard : « J’ai perdu la voix, je me suis renfermé sur moi-même. Dans le fond, je m’en suis voulu : je ne comprenais pas pourquoi on m’enlevait ma maman alors que tout me souriait… » Tout lui souriait, oui. C’est précisément ce qui rend la suite si vertigineuse.

En avril 2023, sur France Bleu, il revient sur ces derniers jours. La décision est prise de renoncer à une thérapie jugée trop lourde. Sa mère, elle, croyait encore qu’elle allait sortir. Alors il a joué le jeu : « J’ai menti parce qu’on a décidé de pas faire la thérapie parce qu’elle était trop lourde, il fallait l’intuber, etc… »
La scène qu’il décrit ensuite est déchirante. « Quand votre maman vous dit ‘ça va être bien dans deux semaines’ et vous savez qu’elle va partir dans 2 jours, forcément votre gorge est très serrée quand vous lui dites oui et que votre regard n’est pas aussi puissant », a-t-il confié. Un mensonge par amour, assumé. Il dit ne pas s’en être voulu.
Et puis il y a cette dernière phrase de sa mère, qu’il rapporte au même micro, et qui sonne comme un testament. Retenez bien ce moment, avril 2023. Personne ne le sait encore, mais c’est l’un des derniers printemps tranquilles de sa vie publique.
« Est-ce qu’elle l’a compris dans ma réponse, oui, je pense en toute honnêteté, et quand elle me dit ‘Va faire rire les gens et quoi qu’il arrive je verrai quand tu auras des récompenses’, oui je pense qu’elle avait compris, on se l’ai pas dit mais je pense. » Des récompenses, il en a eu. Ce qu’elle n’a pas vu, c’est la suite.
Le petit négociateur qui rêvait de théâtre

Remontons le fil : Stéphane Plaza naît le 9 juin 1970 à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, cadet de deux garçons. Ses parents se séparent quand il est enfant ; le père, Raymond, est un ancien coureur cycliste professionnel, la mère vend des fleurs. Pas vraiment le décor d’un futur magnat de l’immobilier.

Ses étés, il les passe chez ses grands-parents à Ronce-les-Bains, près de Royan. Et très tôt, une passion le dévore : la scène. Sept ans de formation au conservatoire d’art dramatique de Levallois-Perret, puis à celui de Neuilly, avec une troupe amateur en prime. Le gamin veut faire l’acteur, pas vendre des trois-pièces.
Seulement voilà, l’école ne suit pas. Il échoue au bac économique et social, décroche à la place un certificat de capacité en droit. Il hésite alors entre des métiers qui n’ont rien à voir : secrétaire médical, croupier, ou intermédiaire immobilier. Imaginez une seconde le destin de la télé française si le casino l’avait emporté.
En juillet 1987, il a 17 ans et pousse la porte de l’agence d’une cousine comme négociateur. Il y restera quatorze ans. Quatorze années d’anonymat total, de visites, de clés et de compromis, loin de toute caméra. C’est là que se forge le personnage que la France adoptera plus tard.
Le théâtre, lui, ne le lâche pas. La comédienne Marthe Mercadier lui ouvre les portes du milieu, et il enchaîne quelques pièces sans jamais quitter l’immobilier. En 2001, ironie savoureuse, il décroche un petit rôle dans la série Le Groupe : un livreur de fleurs. Le fils de la fleuriste a bouclé la boucle avant même d’être connu.
Mais le vrai tournant n’a lieu ni sur une scène, ni dans une agence. Il a lieu dans les allées d’un salon professionnel, en 2005. Et personne, ce jour-là, ne se doute qu’un casting improvisé va accoucher d’un phénomène.
Le casting sauvage qui a tout changé

La société de production Réservoir Prod cherche un expert immobilier pour une nouvelle émission inspirée d’un programme américain, Sell This House. Elle repère Stéphane Plaza sur un salon de l’immobilier, lors d’un casting sauvage. Le négociateur de l’ombre passe soudain de l’autre côté de la caméra.
En 2006, M6 lance Recherche appartement ou maison. La chaîne aurait pu confier le programme à l’un de ses animateurs maison. D’après AlloCiné, elle a préféré faire passer des essais à plusieurs agents immobiliers, et c’est lui qui s’est imposé. Un vrai professionnel, pas un présentateur déguisé.
La recette prend immédiatement. Puis vient Maison à vendre, à partir de décembre 2007, l’émission de home staging où l’on relooke des biens invendus. Suivront Les experts c’est vous en 2010, puis Chasseurs d’appart’ en 2015. Plaza devient le monsieur Immobilier de la télé.
Les programmes se multiplient. À partir du 17 octobre 2019, il présente La meilleure offre avec Julien Courbet, pour venir en aide à des propriétaires pressés de vendre. En novembre 2020, en pleine crise du Covid, il annonce lever le pied pour un temps indéterminé. Puis M6 le rappelle en 2022 pour Mission travaux, aux côtés de Laurent Jacquet.
Toutes ces émissions lui construisent un énorme « capital sympathie ». Trois fois, il est élu « animateur télé préféré des Français ». Trois fois. À ce stade, il n’est plus un agent immobilier qui passe à la télé : c’est une marque.
Et une marque, ça se monétise. L’ancien négociateur de l’agence de sa cousine va bientôt voir son propre nom s’afficher sur des centaines de vitrines. C’est là que l’histoire prend une tout autre dimension, et que les enjeux deviennent colossaux.

Un empire bâti sur un sourire
En 2010, il intègre le groupe ERA-CTI comme manager général, une parenthèse qui ne dure qu’un an. Mais l’idée est lancée. En 2015, il s’associe à M6 et à deux anciens du réseau Laforêt, Bernard de Crémiers et Patrick-Michel Khider, pour créer Stéphane Plaza Immobilier, un réseau d’agences franchisées.
Le deal est simple : il prête son nom et son visage, en échange de 25,5 % du capital. Le réseau profite d’une notoriété immédiate, comparable aux géants comme Orpi ou Century 21. Ouvrir une agence coûte cher, avec un droit d’entrée de plusieurs dizaines de milliers d’euros et une redevance mensuelle. Mais tout le monde veut son « Plaza » en vitrine.
En janvier 2022, M6 devient actionnaire majoritaire en remettant 2,5 millions d’euros sur la table. Cette année-là, l’entreprise affiche une rentabilité record de 50 % pour 25 millions d’euros de chiffre d’affaires. Fin 2023, le réseau compte 672 franchisés. Une machine de guerre.
Et pour l’homme qui a donné son nom à tout ça, le jackpot est réel. Entre 2017 et 2024, la société lui verse 11,6 millions d’euros de dividendes, dont 2,27 millions au seul printemps 2024. Retenez cette date aussi. Au printemps 2024, l’orage gronde déjà depuis des mois.
Le paradoxe est cruel : tout repose sur un seul homme. Son visage est la vitrine de centaines d’agences. Mais que se passe-t-il le jour où ce visage devient un problème ? Des centaines de franchisés vont bientôt le découvrir à leurs dépens.

Le clown des Grosses Têtes monte sur les planches

Pendant ce temps, l’ancien élève du conservatoire réalise enfin son rêve de gosse. À la télévision, il joue dans L’Homme de la situation de 2011 à 2015, puis enchaîne les apparitions : Alice Nevers, Meurtres à Figeac, et même Un gars, une fille au pluriel sur TF1 en 2023, dans le rôle du « gars ».
Au théâtre, il triomphe aux Bouffes-Parisiens avec À gauche en sortant de l’ascenseur en 2014-2015, puis Le Fusible en 2015-2016, deux pièces mises en scène par Arthur Jugnot. Au cinéma, il est Zac dans J’ai perdu Albert de Didier Van Cauwelaert, en 2018. L’ancien élève de Levallois a gagné son pari.
À la radio, il devient un pilier. Dès l’été 2012, il anime Plaza vous Z sur RTL avec Cécile de Ménibus. Puis, à partir d’octobre 2016, il rejoint la bande des Grosses Têtes de Laurent Ruquier, où il restera jusqu’à l’automne 2023. Sept ans de fous rires.
Laurent Ruquier lui écrit même une pièce sur mesure : Un couple magique, jouée aux Bouffes Parisiens en 2022, mise en scène par Jean-Luc Moreau. Le titre fait sourire aujourd’hui, avec le recul. Car c’est justement du côté de sa vie de couple que tout va se fissurer.
Notez au passage la date de sortie des Grosses Têtes : automne 2023. Difficile de ne pas la rapprocher de ce qui se passe, précisément à ce moment-là, et qui va tout faire voler en éclats. Mais avant, il faut vous présenter la femme qui a partagé son écran pendant près d’une décennie.

La complice de neuf ans qui a quitté le plateau avant l’orage
Elle s’appelle Emmanuelle Rivassoux. Née à Salon-de-Provence, originaire du Var, fille de boulanger, elle a grandi dans le Sud au gré de nombreux déménagements, qui ont nourri son goût pour la décoration. Bac ES en poche à 18 ans, elle file à Paris intégrer l’école Créapole.
Diplômée en architecture d’intérieur et en design de mobilier et luminaire, elle travaille une dizaine d’années pour des particuliers. Puis la télé la repère : elle débute sur NRJ Paris dans Paris style. En 2014, elle rejoint Maison à vendre sur M6, aux côtés de Stéphane Plaza.
Le duo s’installe dans la durée : lui fait le show, elle transforme les intérieurs. Elle tourne aussi Redesign avec Sophie Ferjani en 2017, participe à Mieux chez soi en 2019, aux Reines du shopping en 2020. Et fin 2022, elle le retrouve encore pour Rénovation surprise sur Gulli, preuve d’une complicité au long cours.
Le travail, elle en parle avec passion à Télé-Loisirs : « J’ai tout adoré. C’était une émission très prenante. En tant qu’architecte d’intérieur, je passais environ trois semaines à travailler sur chaque maison. » Trois semaines par maison : on mesure la somme de travail cachée derrière chaque épisode.
Et puis, en mars 2023, elle annonce son départ de Maison à vendre, après neuf ans. Elle évoque une forme de « lassitude » créative et se compare à un chef cuisinier qui a besoin de « nouvelles recettes ». Rien, dans ses explications, ne renvoie à ce qui va suivre.

Mais le timing, lui, est saisissant : six mois après son départ, la tempête éclate. La complice aura quitté le navire juste avant qu’il ne prenne l’eau, pure coïncidence assurément. Et ce qui arrive en septembre 2023 va faire l’effet d’une bombe.
Six pages qui font trembler M6
Le 21 septembre 2023, Mediapart publie une longue enquête de six pages, selon AlloCiné. Trois anciennes compagnes de Stéphane Plaza y accusent l’animateur de violences verbales et psychologiques : humiliations, dénigrement, menaces. Et pour deux d’entre elles, d’agressions physiques.
Le récit le plus glaçant concerne une jeune femme apparue en 2022 la main dans une attelle. Selon Mediapart, il lui aurait tordu les doigts au cours d’une dispute. L’une des plaignantes l’accuse de lui avoir « fracturé l’annulaire et luxé le majeur et l’index ». Mediapart publie même, dans au moins un des cas, des SMS où l’animateur reconnaît et s’excuse pour des faits de violences physiques.
Une autre ex-compagne, ancienne participante de son émission, évoque des menaces de mort et des morsures. Une troisième raconte une fourchette levée dans sa direction au cours d’une dispute. Le portrait dressé par Mediapart est celui d’un homme colérique, multipliant les liaisons en promettant à chacune l’exclusivité.
La riposte est immédiate. Par la voix de son avocate, Me Hélène Plumet, Stéphane Plaza dénonce « des allégations totalement extrapolées, voire mensongères ». Selon sa défense, trois femmes « éconduites » se seraient liguées contre lui. Il affirme même avoir porté plainte contre elles dès juin 2023 pour harcèlement et cyberharcèlement.

Son avocate va plus loin. D’après Puremédias, Me Plumet affirme que les faits sont suffisamment graves pour que son client craigne pour sa vie, comme il l’a indiqué au procureur. De son côté, Mediapart assure avoir recueilli les témoignages de deux autres jeunes femmes, selon AlloCiné. Parole contre parole, la guerre est déclarée.
Le pays tombe de sa chaise. Le gentil maladroit du petit écran, accusé de violences conjugales ? Pour beaucoup de téléspectateurs, on imagine le choc. Et la question qui brûle toutes les lèvres : que va faire M6 ?
La soirée maudite du 10 octobre

M6 choisit d’abord la prudence. Le groupe ouvre une enquête interne mais maintient son animateur à l’antenne, au nom de la présomption d’innocence. Et il ne touche pas à sa programmation. Résultat : le 10 octobre 2023, une soirée spéciale Stéphane Plaza est prévue, avec un numéro inédit de Recherche appartement ou maison, puis un documentaire intime.
Ce documentaire s’intitule « Stéphane Plaza : voyage avec mon père ». Le fils part en vacances avec Raymond, l’ancien cycliste. Une plongée dans sa vie privée, diffusée au pire moment possible. Car ce même 10 octobre, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour « violences par conjoint », après avoir reçu deux courriers d’ex-compagnes.
Le choix du sujet a de quoi troubler. Six mois plus tôt, sur France Bleu, il confiait justement avoir changé de regard sur son père après la mort de sa mère : « C’est pour ça que j’ai enfin compris un peu tard peut-être pour mon papa; moi j’étais plus proche de ma maman au début mais l’amour était le même. » Ce voyage ressemble à une réponse. Il tombe au pire moment.

Devant le siège de la chaîne, une trentaine de personnes se rassemblent à l’appel de la militante féministe Alice Coffin. Interrogée par Puremédias, elle dénonce chez M6 « une stratégie de défense et de réhabilitation insupportable ». Le documentaire est, selon elle, une manière d’aller faire pleurer dans les chaumières.
Et les téléspectateurs ? Selon Puremédias, ils sont au rendez-vous : le numéro inédit attire 1,97 million de fidèles, soit 10 % du public, et le documentaire 1,01 million de curieux. Le public ne lâche pas encore son animateur. Mais la justice, elle, vient d’entrer dans la danse.
Dans les mois qui suivent, deux plaintes sont déposées pour « violences par conjoint ». Un rapport médical atteste de blessures à la main gauche de l’une des plaignantes : deux luxations et un arrachement osseux des doigts. L’affaire n’a plus rien d’une rumeur. Elle a désormais un dossier.
Plaintes, contre-plaintes et un procès qui recule
En novembre 2023, la contre-attaque s’organise. Des personnes se présentant comme des proches de l’animateur portent plainte à leur tour pour harcèlement et menaces contre trois ex-compagnes. Stéphane Plaza, lui, annonce vouloir attaquer en diffamation la journaliste de Mediapart, Sarah Brethes.
Le climat est électrique, chaque camp accuse l’autre. Côté franchisés, l’inquiétude monte : quelques agences cherchent déjà à s’émanciper du nom de l’animateur. Avec l’affaire toujours en cours début 2025, le réseau redoute un « jugement défavorable ». Pourtant, le nom « Stéphane Plaza » est encore valorisé 800 000 euros dans les comptes de la société.

Vient le temps du procès. Le 28 août 2024, la défense demande le report de l’audience, en invoquant les difficultés psychologiques de son client, attestées par sa psychologue. Le tribunal accepte et renvoie l’audience au 9 janvier 2025. À une condition : qu’une expertise psychiatrique soit réalisée entre-temps.
Le verdict des experts tombe : Stéphane Plaza est apte à comparaître, et son avocat annonce qu’il sera présent. En janvier 2025, ses propres plaintes contre les trois femmes pour harcèlement sont classées sans suite. Le terrain est dégagé : rendez-vous au tribunal de Paris.
Ce qui va se dire dans cette salle d’audience, le 9 janvier, va peser lourd. On y parlera de doigts tordus, d’argent, de domination. On y parlera aussi, et c’est ce détail que l’on garde pour plus tard, de ses habitudes. Une question précise va lui être posée : retenez bien sa réponse.
Face aux juges, un homme qui nie tout

Le 9 janvier 2025, Stéphane Plaza fait face au tribunal. Il nie en bloc les faits de violences conjugales qui lui sont reprochés. Sur l’épisode des doigts tordus, au printemps 2022, il avance une explication inattendue : sa dyspraxie, ce trouble de la coordination qu’il avait révélé publiquement le 14 mai 2020.
D’après l’AFP, citée par 20 minutes, il lâche à la barre : « Je ne contrôle pas ma force car je suis dyspraxique et maladroit. » La maladresse, ce trait qui faisait rire la France entière le dimanche, devient soudain un argument de défense. Le contraste est vertigineux.

Le parquet, lui, ne rit pas. Il insiste sur le poids financier supporté par les victimes, dans un dossier où l’argent aurait été un élément central des mécanismes de domination. Et il requiert 18 mois de prison avec sursis, assortis de 10 000 euros d’amende. Retenez ce chiffre de 18 mois : il reviendra.
Au cours de ces débats, l’animateur est aussi interrogé sur un autre terrain que les violences elles-mêmes. Un terrain plus intime, que les plaignantes ont mis sur la table. On n’en dira pas plus pour l’instant : pour le grand public, ce passage est éclipsé par le reste des débats. Il prendra tout son sens quelques mois plus tard.
Pour l’heure, il faut attendre le délibéré. Le tribunal se donne plus d’un mois pour trancher. Le 18 février 2025, la France découvre sa décision. Et la réaction de l’intéressé, à l’énoncé du jugement, va faire le tour des rédactions.
18 février 2025 : les larmes, puis le couperet
Le tribunal de Paris condamne Stéphane Plaza à douze mois de prison avec sursis pour violences habituelles sur une ancienne compagne, entre 2018 et 2022. Selon l’AFP, l’animateur est en pleurs à l’énoncé du jugement. Il a aussi interdiction d’entrer en contact avec elle pendant trois ans.
Le président du tribunal relève que la plaignante a décrit « de manière constante » quatre scènes de violence, dont trois ont été corroborées par des témoignages et des examens médico-légaux. Plaza devra lui verser 5 000 euros pour son préjudice physique, 3 000 euros pour son préjudice moral et 3 000 euros de frais d’avocat.

Il est en revanche relaxé pour les violences psychologiques habituelles dénoncées par la seconde plaignante. Le tribunal précise ne pas remettre en cause sa parole, mais estime que les faits reposent majoritairement sur ses seules déclarations. Plaza fait immédiatement appel. La bataille judiciaire est loin d’être finie.
Mais à M6, on n’attend plus. Dans la foulée, le groupe annonce la déprogrammation de ses émissions « à compter de ce jour », prenant acte de la condamnation, selon son communiqué relayé par l’AFP. Près de vingt ans après le casting sauvage, la chaîne qui l’avait fait roi éteint la lumière.
Recherche appartement ou maison, Maison à vendre, Chasseurs d’appart’, les rediffusions : tout disparaît de la grille. L’homme qui occupait les dimanches après-midi de M6 n’existe plus à l’antenne. Et dans les agences qui portent son nom, la panique s’installe.
Son nom en vitrine devient un boulet
Dès janvier 2025, des franchisés entament des démarches pour quitter le réseau. Après la condamnation, l’avocat d’agences voulant partir résume la situation d’une formule terrible : le jugement « vient vider la marque Stéphane Plaza Immobilier de sa substance ». Le visage qui faisait vendre fait désormais fuir.
Une autre avocate de franchisés enfonce le clou : selon elle, la visibilité de l’animateur, qui faisait autrefois la force du réseau, est devenue sa plus grande faiblesse. Le paradoxe que l’on pressentait au moment de la création de l’enseigne vient d’exploser au grand jour. Le nom qui ouvrait toutes les portes les referme.

Les chiffres suivent. En 2024, le chiffre d’affaires de la franchise recule de 15,2 % à 21,4 millions d’euros, et le bénéfice net chute de 30 % à 8,9 millions. Le nombre d’agences baisse, sur fond de crise immobilière persistante. Plusieurs agences signalent des pertes depuis la condamnation.
En avril 2025, la société qui exploite la franchise dégaine un plan B : une nouvelle marque, Sixième Avenue, sous-titrée « l’immobilier par M6 ». Son président, Gilles Charron, jure qu’« il ne s’agit pas de tourner la page, mais d’ouvrir une voie complémentaire ». Le réseau historique compte alors 527 agences.
Le message est limpide : on garde l’enseigne historique, mais on prépare une sortie de secours. Stéphane Plaza, qui détient toujours ses parts, reste cantonné à la seule marque qui porte son nom. M6, de son côté, s’apprête à frapper un dernier coup.
Car ce « plan B » n’est qu’une étape. Et à l’été 2026, le grand divorce sera officialisé noir sur blanc. Mais avant cela, un autre épisode, au printemps 2025, va venir s’intercaler dans cette descente aux enfers. On y reviendra, c’est même lui qui donne tout son sel à cette histoire.
L’été 2026, M6 coupe le dernier fil

Début juillet 2026, le communiqué tombe. Les actionnaires annoncent séparer Stéphane Plaza Immobilier et Sixième Avenue en deux sociétés indépendantes. Plaza devient le seul actionnaire du réseau qui porte son nom. M6, elle, monte à 68 % de Sixième Avenue, aux côtés des deux cofondateurs historiques.

Henri de Fontaines, membre du directoire du groupe M6, parle d’une « étape de clarification importante ». Une clarification qui ressemble surtout à un divorce spectaculaire, quatre ans et demi après que la chaîne a misé 2,5 millions supplémentaires pour devenir majoritaire. Le timing interroge : M6 n’attend même pas le verdict en appel.
L’avocate Sarah Laassir, qui a accompagné une cinquantaine de franchisés désireux de partir, ne mâche pas ses mots auprès de l’AFP : « C’était vraiment un soutien de façade. » Selon elle, ce revirement prouve que l’avantage concurrentiel lié à l’image de l’animateur avait disparu.
D’après elle, la position de M6 a longtemps placé les agences devant un choix sans issue. Soit rester dans le réseau Stéphane Plaza Immobilier, sous peine de payer d’importantes indemnités en partant. Soit rejoindre Sixième Avenue, un réseau qu’elles n’avaient pas choisi, presque sous la contrainte.
Ironie de l’histoire : l’homme qui a commencé à 17 ans dans la petite agence d’une cousine se retrouve, à 56 ans, seul maître à bord du réseau qui porte son nom. Seul, et désormais privé du soutien de la chaîne qui l’avait lancé.
Et pendant que les juristes s’écharpent, une autre échéance approche à grands pas. Fin juin 2026, Stéphane Plaza a de nouveau rendez-vous avec la justice. Cette fois, c’est la cour d’appel de Paris qui l’attend.
L’appel qui devait tout arranger

Le procès en appel s’ouvre le 26 juin 2026. Et là, surprise : le parquet général se montre beaucoup plus clément qu’en première instance. Il requiert six mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans, et 12 000 euros d’amende, pour un seul fait de violences concernant l’une des deux femmes.
Six mois, contre 18 requis un an et demi plus tôt. Pour la défense, l’horizon s’éclaircit. À l’audience, d’après Seven Radio, l’ancien animateur nie toute brutalité et se décrit simplement comme un homme infidèle. Le délibéré est fixé à la mi-septembre.
Entre-temps, le 3 septembre 2026, M6 relance Recherche appartement ou maison, sans lui. Aux commandes, deux anciens visages, Thibault Chanel et Sandra Viricel, et deux nouvelles recrues, Étienne Claude et Camille Duquennoy. Selon Puremédias, 1,49 million de téléspectateurs sont devant leur écran pour la première partie.
Et la suite est encore meilleure : selon AlloCiné, la seconde partie grimpe à 11,6 % du public. Sur les femmes responsables des achats de moins de 50 ans, la cible chérie des annonceurs, l’émission atteint 18,4 % puis 21,4 %. Pour mémoire, en octobre 2023, en pleine tourmente, un numéro inédit présenté par Plaza avait réuni 1,97 million de fidèles.
Sur Instagram, l’ex-animateur salue l’émission qui l’a fait naître : « Ce soir Recherche appartement ou maison continue son chemin sans moi. 15 années extraordinaires à aimer cette émission, à la présenter, à faire ces recherches, à rencontrer tant de belles personnes… et à partager tout cela avec vous, téléspectateurs. »
Il conclut par une pirouette qui lui ressemble : « Je lui souhaite de continuer longtemps son chemin. Bonne chance Sandra, Thibault et les nouveaux. Choisissez bien les clés. » Élégant. Mais une quinzaine de jours plus tard, la cour d’appel rend sa décision. Et elle ne ressemble pas du tout à ce que tout le monde attendait.

La cour frappe plus fort que le parquet
Verdict : 18 mois de prison avec sursis. La cour d’appel de Paris ne suit pas les réquisitions clémentes du parquet général, elle alourdit la peine. Cette fois, elle retient les violences physiques et psychologiques dénoncées par les deux anciennes compagnes. Soit la même durée que celle requise par le parquet en première instance.
La présidente balaie les arguments de la défense. Elle évoque des déclarations « précises, concordantes et, pour partie, corroborées », appuyées sur des témoignages, des constatations médicales et des SMS. Elle estime n’avoir aucun élément laissant penser que ces femmes auraient tendance à affabuler.
Puis vient la phrase qui fait mal. Selon Seven Radio, la cour qualifie les déclarations de l’intéressé d’« évolutives » et de « mensongères ». Le mot est lâché par des magistrats : mensongères. Gardez-le en tête, car il va résonner étrangement dans quelques lignes.
Ses avocats annoncent aussitôt un pourvoi en cassation. Dans leur communiqué, ils contestent une motivation qu’ils jugent erronée et contradictoire, estiment que les éléments prouvant son innocence ont été écartés, et soulignent l’écart avec les réquisitions. La condamnation n’est donc pas définitive. La procédure continue.
Voilà pour ce que tout le monde a retenu : les violences, les sursis, la déprogrammation, les agences. Mais revenons à cette salle d’audience du 9 janvier 2025, à cette question intime dont on vous parle depuis le début. Car c’est elle qui change la lecture de toute cette chute.

La question du 9 janvier, et ce que la police a trouvé

Lors de son procès pour violences conjugales, Stéphane Plaza est interrogé sur ses addictions. Les plaignantes évoquent sa grosse consommation d’alcool au moment des faits de violence. Et là, l’animateur fait une affirmation nette : il assure n’avoir jamais fait usage de stupéfiants. Jamais.
Moins de quatre mois plus tard, le 5 mai 2025 au soir, la police judiciaire de Seine-Saint-Denis l’interpelle à son domicile de Bougival, dans les Yvelines. Selon les informations du Parisien relayées par Puremédias, il est soupçonné d’être un client régulier d’un réseau de trafiquants visé par une enquête du parquet de Bobigny. Il est placé en garde à vue.
La perquisition est éloquente. D’après Le Parisien, cité par Puremédias, les enquêteurs découvrent chez lui « un gramme de cocaïne, une pipe destinée à la consommation de ce produit et 1.700 euros en liquide ». Des traces de consommation sont également relevées. Détail troublant : ce même pavillon avait été cambriolé à l’été 2023.
Le 6 mai au soir, il ressort libre, sans poursuites. Mais pas sans sanction. Le procureur opte pour une mesure alternative, ce qui signifie que l’infraction a bien existé : une contribution citoyenne de 3 000 euros, le montant maximal prévu par la loi, versée à une association d’aide aux victimes agréée.
S’il accepte et paie, il ne sera pas jugé sur ces faits. Cette décision clôt la procédure le concernant. Mais elle laisse une trace indélébile : celle d’un homme qui, moins de quatre mois plus tôt, avait assuré face à ses juges n’avoir jamais touché à la drogue.
« Jamais de drogue » : l’entourage sous le choc, la complice loin de tout
Dans son entourage, c’est la stupeur. Une amie, citée par Le Parisien et reprise par le site Officielles, n’en revient pas : « Stéphane a eu des excès, oui, mais jamais de drogue, je n’y crois pas une seconde. » Selon Officielles, un collaborateur de Maison à vendre se dit lui aussi surpris.
D’autres sont moins étonnés. Toujours selon Officielles, un ancien collègue affirme que ce n’est pas une surprise pour lui, et juge la chute de l’animateur inéluctable. Le 10 mai 2025, Plaza publie en story Instagram un texte sur la force intérieure, où il est question de sourire quand on a envie de pleurer. Un message qui inquiète une partie de ses abonnés.
Rien, juridiquement, ne relie les deux dossiers : l’un porte sur des violences conjugales, l’autre sur une consommation de stupéfiants, désormais close. Le premier n’est pas terminé, puisque le pourvoi en cassation rend la condamnation non définitive. Mais quand une cour d’appel qualifie ensuite ses déclarations de « mensongères », difficile pour le public de ne pas repenser à la réponse du 9 janvier 2025.
Et Emmanuelle Rivassoux ? Au Parisien, elle a fermé la porte d’un retour à Maison à vendre : « Non, j’ai vraiment tourné la page. J’ai voulu me tourner vers d’autres projets quand j’ai arrêté. » Elle n’en garde, a-t-elle assuré à Télé-Loisirs, « que de l’archi-positif ». Dès le lundi 9 novembre, elle sera dans Bienvenue chez nous, sur TFX à 17h55.
Lui attend la Cour de cassation, privé des émissions qui l’avaient rendu si populaire. Celui à qui sa mère avait demandé d’aller faire rire les gens disait, à propos d’elle : « J’ai menti. » C’était par amour, pour une mère malade. Devant les juges, la question de sa sincérité, elle, n’a pas fini de le poursuivre.