Tom Cruise annonce le retour de « Jours de tonnerre » sans Nicole Kidman : la vraie raison de leur rupture refait surface
Il y a des annonces qui font plaisir, et des annonces qui rouvrent des tiroirs qu’on croyait fermés à double tour. Celle-ci fait les deux. Ce week-end, une photo postée depuis un circuit de Floride a mis Hollywood en ébullition : un homme de 64 ans, jean brut, chemise bleu pâle aux manches roulées, appuyé contre une voiture de course vert et jaune. Le même vert. Le même jaune.
Trente-six ans après, Tom Cruise remonte dans le bolide de Jours de tonnerre. Le film qui a fait de lui le pilote le plus sexy du monde. Et surtout, le film qui a changé sa vie entière, bien au-delà du box-office.
Sauf qu’à côté de lui, sur cette photo, il y a une femme en denim et chapeau de cowboy. Anne Hathaway. Enceinte de son troisième enfant, souriante, complice. Et pas la femme que des millions de spectateurs associent, depuis 1990, à ce moteur et à cette piste. Une absence tellement voyante qu’un ancien du casting original a explosé publiquement en quelques heures.
Ce qui suit n’est pas une simple histoire de casting. C’est l’histoire d’une machine hollywoodienne réglée au millimètre, des rôles qu’elle a arrachés à d’autres, des tournages qu’elle a laissés en cendres — et d’un mariage devenu l’un des divorces les plus commentés du cinéma. Avec, à la toute fin, une hypothèse que personne n’osait vraiment formuler à l’époque.
La photo qui devait faire plaisir à tout le monde… et qui a déclenché une tempête
Reprenons la scène. Daytona International Speedway, Floride. Cruise et Hathaway avancent vers une voiture garée, l’air de deux gamins qui viennent de piquer les clés de la caisse familiale. Sur la carrosserie, un sticker : Days of Thunder — Summer 2028.
Hathaway se penche vers la caméra, lance un « Hey ! » enthousiaste, son ventre arrondi discrètement masqué par le cadrage. Puis elle balance, mi-sérieuse mi-taquine : « Je vais avoir ce bébé, et ensuite on va faire ce film. »
Cruise approuve, en bon capitaine d’industrie qui a toujours un planning en tête. « C’est une bonne idée. Tu as le bébé et ensuite on fait le film. » Puis il ajoute la phrase qui résume quarante ans de carrière : « On sort à l’été 2028. Ne soyez pas en retard ! »
Elle le charrie un peu, ils éclatent de rire. Fin de la vidéo. Sur le papier, c’est le teaser parfait : deux stars, une piste mythique, une date. Paramount cale la sortie au 2 juin 2028, en IMAX, Dolby Cinema, 4DX, tout l’attirail des grands soirs.
Et pourtant, dans les commentaires, une question revient en boucle, obstinée, presque agressive. Toujours la même. Et elle, alors ?

Randy Quaid sort du bois — et il n’a pas prévu de faire dans la dentelle
Il faut imaginer la scène. Un acteur de 75 ans, nommé aux Oscars en son temps, ouvre son application X et décide que c’est le moment de dire tout haut ce que la moitié d’Internet pense tout bas.
Randy Quaid jouait Tim Daland dans le film de 1990. Le propriétaire de l’écurie NASCAR, le concessionnaire automobile à succès, l’homme d’affaires qui exige que son équipe brille pour les sponsors. Un second rôle costaud, dans un film qui avait rassemblé Robert Duvall, Cary Elwes, Michael Rooker et un tout jeune John C. Reilly. Duvall, lui, est mort le 15 février 2026, à 95 ans : Harry Hogge ne remontera dans aucun stand.
Sa réaction à l’annonce tient en quatre mots. « We need Nicole back. » Il nous faut Nicole. Puis il enchaîne, sans filtre : « Ne sois pas une mauviette, Tom Cruise. Tu as besoin de la fille d’origine. Ce n’est pas personnel, c’est du cinéma. »
Et là où ça dérape, c’est quand il s’en prend directement à la nouvelle partenaire. « Anne n’est pas sexy, parce que — au cas où vous ne l’auriez pas remarqué — elle est enceinte », écrit-il. Dans un message suivant, il la qualifie de choix « gauchiste, woke, horrible » et affirme que le public de cette suite est « MAGA ».
Puis il insiste sur son idée fixe : « La femme sexy et plus mûre pour Tom dans ce film, ça doit être Nicole. C’est ce casting-là qui vendrait le concept. » Traduction : sans elle, l’histoire ne tient pas.
Sur le fond, son raisonnement a un trou. Rien n’indique que le personnage du docteur Claire Lewicki ait été écarté du récit. Rien n’indique non plus qu’Hathaway la remplace : elle incarnerait la propriétaire et ingénieure d’une écurie, ce qui n’a strictement rien à voir. Aucune annonce officielle ne ferme la porte à d’autres retours.
Qui est vraiment l’homme qui hurle sur X ?
Avant de prendre ses tweets pour parole d’évangile, il faut savoir d’où parle Randy Quaid. Et c’est une trajectoire spectaculaire, dans tous les sens du terme.
Né à Houston le 1er octobre 1950, frère aîné de Dennis Quaid, il s’inscrit à un cours d’art dramatique au lycée sur un coup de tête. Au bout du troisième jour, il est mordu. Il poursuit à l’université de Houston, où un professeur l’envoie auditionner pour un certain Peter Bogdanovich. Il décroche le rôle. C’était La Dernière Séance.
La suite est celle d’un vrai comédien. Nommé à l’Oscar du meilleur second rôle pour La Dernière Corvée en 1973, face à Jack Nicholson. Prisonnier dans Midnight Express en 1978. Golden Globe pour son incarnation de Lyndon Johnson dans LBJ: The Early Years en 1987. Le cousin Eddie des Vacation. Le pilote suicidaire d’Independence Day. Le rancher glacial de Brokeback Mountain.
Plus de quatre-vingt-dix films. Et puis, à partir de la fin des années 2000, la dégringolade. En 2008, un comité de l’Actors’ Equity Association le bannit à vie du syndicat et lui inflige une amende de plus de 81 000 dollars, après une production à Seattle où toute la troupe l’accuse d’avoir maltraité ses collègues.
Son avocat conteste tout. Quaid, lui, répond avec une phrase qui en dit long sur le personnage : il ne serait coupable que d’avoir donné « une performance qui a suscité une réponse si profondément ressentie » que ses collègues ont fini par croire qu’il était Falstaff.
La suite est encore plus rocambolesque : arrestations, mandats, une demande d’asile au Canada en 2010 au motif qu’il craindrait pour sa vie aux États-Unis, une expulsion évitée de justesse, une interpellation à la frontière du Vermont en 2015, un juge qui relève des irrégularités et annule la procédure d’extradition. Un groupe de musique aussi, Randy Quaid & The Fugitives, et un single intitulé Star Whackers.
Autrement dit : celui qui exige le retour d’une actrice sur une affiche est aussi l’homme que l’industrie a mis à distance pendant près d’une décennie. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir touché, sans le vouloir, un nerf que tout Hollywood préfère laisser tranquille.

1981-1986 : la fabrication express d’une star, mode d’emploi
Pour comprendre pourquoi cette absence fait autant de bruit, il faut revenir à la construction du monument. Et elle est fulgurante.
Thomas Cruise Mapother IV naît le 3 juillet 1962 à Syracuse, dans l’État de New York. Troisième de quatre enfants, une mère enseignante en éducation spécialisée, un père ingénieur électricien. Une enfance de déménagements permanents, au gré d’une carrière paternelle en dents de scie — jusqu’au Canada, à Ottawa, fin 1971.
Ses études sont contrariées par la dyslexie. Illettré, il atterrit dans des classes de remise à niveau où il se sent exclu. À onze ans, ses parents divorcent. Plus tard, il décrira son père comme « un marchand du chaos » et « un lâche », un tyran domestique qui lui a infligé des violences physiques.
C’est sa mère qui lui donne le goût du théâtre. Il joue dans des comédies musicales au lycée, Godspell, Blanches colombes et vilains messieurs. Puis il annonce la couleur : ce sera le cinéma. En 1980, il débarque à New York. 1,70 m, un corps de sportif fabriqué à la sueur, et une détermination qui va devenir légendaire.
1981 : quelques secondes à l’écran dans Un amour infini de Franco Zeffirelli. Puis un second rôle de cadet militaire dans Taps, derrière Timothy Hutton. 1983 : Coppola l’engage dans Outsiders, au milieu d’une génération entière de futurs stars. Puis Risky Business, où il porte le seul premier rôle du film — et des Ray-Ban qui deviennent un phénomène de mode planétaire.
Trois ans plus tard, tout bascule.
Top Gun, ou le jour où un acteur devient un symbole national
- Tony Scott derrière la caméra. Un pilote de chasse, un blouson, des lunettes Aviator. Top Gun ne fait pas de Tom Cruise une vedette : il en fait le visage d’une Amérique qui gagne, en pleine guerre froide, dans un pays encore convalescent de l’après-Vietnam.
Il devient un sex-symbol absolu. Les magazines de l’époque le décrivent comme « le pilote d’avion de chasse sexy ». La marque Ray-Ban devient, pour toute une génération de jeunes filles, synonyme de désir. La même année, il inaugure son étoile sur le Walk of Fame.
Et là, au lieu de capitaliser bêtement, il fait le contraire de ce qu’on attend. Il va chercher les grands cinéastes. Martin Scorsese, dès 1986, pour La Couleur de l’argent, où il joue le fils spirituel du personnage de Paul Newman. Barry Levinson en 1988 pour Rain Man, face à un Dustin Hoffman au sommet de son art.
Puis Oliver Stone en 1989, avec Né un 4 juillet. Il y incarne Ron Kovic, vétéran du Vietnam paralysé. Golden Globe du meilleur acteur, première nomination à l’Oscar. À 27 ans, il a déjà tout : le box-office, le prestige, la couverture des magazines.
C’est exactement à ce moment-là qu’il accepte de tourner un film de voitures qui va lui coûter beaucoup plus cher que prévu. Émotionnellement, s’entend.

« Bonjour, le mur » : les coulisses d’un tournage à haut risque
- Jours de tonnerre. Cruise retrouve Tony Scott, quatre ans après Top Gun. Le concept est limpide, et personne à Hollywood n’a jamais vraiment prétendu le contraire : c’est Top Gun transposé dans le milieu de la course automobile. Les avions deviennent des stock-cars, le porte-avions devient un circuit.
Mais quelque chose change en coulisses. C’est sur ce film que Cruise commence à s’investir sérieusement dans la production de ses propres projets. Il est même crédité à l’histoire. Le futur homme d’affaires le plus redoutable de Hollywood est en train de naître.
Et sur la piste, il ne fait pas semblant. Les acteurs assurent eux-mêmes une bonne partie des séquences à haute vitesse. Cary Elwes, qui joue Russ Wheeler, le rival de Cole Trickle, a raconté à Entertainment Tonight à quel point son partenaire prenait la chose au sérieux.
« Tom a mis une voiture dans le mur, en fait, dès son premier jour de conduite, et ces engins ne sont pas donnés », se souvient l’acteur britannique. Le détail qui tue : selon Elwes, Cruise a vu l’impact arriver et a simplement lâché, très calmement : « Hello, wall. »
Bonjour, le mur. Trois mots qui résument mieux qu’un long discours le sang-froid d’un homme qui allait passer les trente années suivantes à s’accrocher à des avions en vol. Elwes a aussi tenu à préciser le reste : sur le plateau, Cruise était drôle, soutenant, et d’un professionnalisme irréprochable.
Le film sort et fait 82,6 millions de dollars en Amérique du Nord, 157,9 millions dans le monde. Honorable, sans être un raz-de-marée. Mais ce n’est pas là que se joue l’essentiel. L’essentiel, c’est ce qui s’est passé entre deux prises.
La rencontre qui a tout changé — et qui explique la colère d’aujourd’hui
Il faut comprendre comment elle est arrivée sur ce plateau. Ce n’est pas un hasard de casting.
En 1989, une jeune actrice australienne de 22 ans tourne un thriller sous la direction de Phillip Noyce, Le Calme blanc, face à Sam Neill et Billy Zane. Variety écrit qu’elle est « excellente » et qu’elle donne à son personnage « une réelle ténacité ». Roger Ebert souligne l’électricité entre les protagonistes.
Tom Cruise voit le film. Et il l’impose comme partenaire sur son prochain projet. Voilà comment on se retrouve sur un circuit NASCAR à jouer une neurochirurgienne qui recolle un pilote après un crash terrifiant — et à en tomber amoureuse à l’écran.
Puis hors écran. Les deux acteurs tombent amoureux pour de vrai. À l’époque, elle est en couple avec l’acteur australien Marcus Graham. Lui est marié à la productrice Mimi Rogers, épousée le 9 mai 1987, celle-là même qui dirigeait le centre de formation de l’église de scientologie d’Hollywood et qui l’y a fait entrer.
Le divorce Cruise-Rogers est prononcé le 4 février 1990. Le nouveau mariage est célébré le 24 décembre suivant. Le soir du réveillon de Noël. Deux mois après la sortie française du film qui les a réunis.
Voilà pourquoi la colère de Randy Quaid, aussi mal formulée soit-elle, touche quelque chose de réel. Ce film n’est pas juste un film dans la carrière de Tom Cruise. C’est le point de départ d’une des histoires d’amour les plus scrutées du XXe siècle hollywoodien.

Le couple le plus photographié d’Hollywood — et ce qu’il cachait déjà
Pendant dix ans, ils sont partout. Les tapis rouges, les couvertures, les premières. Le couple devient l’un des plus en vue de Hollywood, un symbole, presque une marque.
Il la recommande pour Horizons lointains de Ron Howard, en 1992, où il tient le rôle principal. Ils adoptent deux enfants : Isabella, née en 1992, Connor, né en 1995. En 1990, il fait la couverture de People comme homme « le plus sexy du monde ».
Elle, elle raconte plus tard s’être laissée emporter, encore au début de sa vingtaine. Ils étaient tombés « follement amoureux », dira-t-elle, et les mises en garde sur les conséquences possibles de ce mariage pour sa carrière ne l’inquiétaient pas le moins du monde à l’époque.
Le problème, c’est que le public ne la regarde plus comme une actrice. La critique et le public la considèrent d’abord comme « Madame Cruise ». Une étiquette qui colle à la peau et qui la ronge, elle qui montait sur les planches à Sydney bien avant Hollywood.
Un mariage érigé en symbole absolu d’Hollywood… jusqu’à ce qu’un tournage éprouvant ne le mette à nu. Mais avant d’en arriver là, il faut regarder ce que faisait la machine Cruise pendant ces années-là. Parce qu’elle ne dormait jamais.
« La Firme » : le rôle qui n’aurait jamais dû lui revenir
- La Firme, thriller judiciaire de Sydney Pollack, adapté du best-seller de John Grisham paru en 1991. Mitch McDeere, jeune avocat frais émoulu de Harvard, choisit Bendini, Lambert & Locke à Memphis pour un salaire mirobolant et une maison offerte. Il croit avoir décroché le job parfait.
Il découvre que le cabinet travaille secrètement pour la mafia et que plusieurs de ses avocats sont morts dans des circonstances suspectes. Le FBI le contacte. Le voilà pris en tenaille entre ses employeurs, l’organisation criminelle et les fédéraux.
Sauf que ce rôle n’était pas écrit pour Tom Cruise. Au début du développement du projet, c’est Jason Patric qui était envisagé pour incarner Mitch McDeere. Né en 1966 à New York, révélé par Génération perdue face à Kiefer Sutherland, puis vu dans Rush en 1991 en flic infiltré aux stups.
Patric a refusé. Il fera Sleepers en 1996 avec De Niro, Brad Pitt et Kevin Bacon, puis Speed 2 en 1997, où il succède à Keanu Reeves face à Sandra Bullock. Une belle carrière. Mais pas celle-là.
Les producteurs John Davis et Scott Rudin se tournent alors vers Cruise, qui tournait à l’époque Des hommes d’honneur pour Rob Reiner. Et l’offre est vertigineuse : on lui propose de réaliser le film en plus d’y tenir le premier rôle. Il décline la casquette de metteur en scène. Pollack hérite de la caméra.
Le résultat ? Un thriller solide, un casting de rêve — Gene Hackman, Jeanne Tripplehorn, Ed Harris, Holly Hunter, Hal Holbrook, Gary Busey — et un succès qui confirme que le nom Cruise sur une affiche vaut de l’or. Un rôle arraché, presque par accident, à quelqu’un d’autre.
Les autres, ceux qui se sont effacés de son sillage
C’est une constante peu commentée de cette carrière : la machine Cruise fonctionne aussi parce que d’autres, à un moment donné, ont dit non, se sont retirés, ou n’ont pas tenu.
1996 : la franchise Mission impossible démarre sous la caméra de Brian De Palma. C’est le premier fruit du partenariat avec son agente Paula Wagner, et donc l’officialisation de son statut de producteur. Il ne joue plus les films : il les fabrique.
Puis David Fincher, un temps attaché au troisième volet, quitte le navire, bientôt suivi par Joe Carnahan. La franchise reste en suspens quatre ans. Elle ne repart qu’en 2006, confiée à J.J. Abrams, alors surtout connu pour avoir créé Alias.
Autre exemple, du côté de Nicole Kidman cette fois. En 2004, Martin Scorsese lui propose d’incarner Katharine Hepburn dans Aviator. Elle doit refuser : elle s’est déjà engagée sur la comédie fantastique Et l’homme créa la femme. Un tournage qu’elle regrettera vite, où elle ne s’entend ni avec le réalisateur Frank Oz ni avec ses partenaires — Christopher Walken, Glenn Close, Bette Midler.
Les projections tests sont désastreuses, le scénario est réécrit, on retourne des scènes. Le film sort et se fait éreinter. Cate Blanchett, qui a hérité du rôle de Hepburn, remporte l’Oscar. La roue du casting, à Hollywood, tourne toujours au détriment de quelqu’un.

Le film qui a fissuré le couple de l’intérieur
- Stanley Kubrick, méticuleux jusqu’à l’obsession, tourne à Londres, dans le plus grand secret, ce qui sera son dernier film. Un thriller psychologique sur un médecin obsédé par un aveu de son épouse : elle a failli céder à un autre homme.
Le tournage dure un an et demi. Dix-huit mois. « Stanley ne se pressait pas », raconte l’actrice. « Le temps était ce qu’il y avait de plus important pour lui. Il était prêt à renoncer à certains extérieurs pour économiser de l’argent, mais pas à sacrifier du temps. »
Le contenu du film, lui, va s’infiltrer partout. Elle le dira sans détour : « Tous les deux, nous devions affronter la jalousie et le sexe. C’était toujours là, dans un coin de notre tête. Nous avons tourné pendant dix mois et demi mais sommes restés là pendant un an et demi. »
Et cette phrase, qui vaut tous les diagnostics : « C’était vraiment un drôle de truc d’avoir ça à l’esprit tout le temps, jour après jour. On ne s’en débarrasse jamais complètement. Stanley non plus. »
Le film est un succès, plus de 160 millions de dollars. Variety écrit qu’elle est « sensationnelle et lumineuse ». Pour elle, c’est enfin la sortie de l’ombre : « C’était la première fois que ma sensualité se trouvait au centre d’un film, pas un élément périphérique, c’était le sujet du film, et c’était l’idée de Kubrick. »
Ce sera aussi la troisième et dernière fois qu’ils partagent l’affiche. Deux ans plus tard, tout s’écroule.
Février 2001 : la façade se fissure devant le monde entier
La séparation est rendue publique en février 2001. Le divorce est prononcé le 8 août de la même année. Dix ans et huit mois de mariage, deux enfants adoptés, et une fin qui prend Hollywood de court.
Officiellement, on ne dit rien. Ou presque. Les deux ex-époux ont, depuis, très rarement parlé publiquement l’un de l’autre. Un silence remarquable, quand on sait à quel point leur couple avait été exposé.
Mais la rupture rendue publique en février 2001 cachait une raison plus profonde, presque taboue à l’époque. Une raison qui n’apparaissait dans aucun communiqué, dans aucune interview officielle, et que la presse a mis des années à formuler à voix haute.
Pour elle, la suite immédiate est brutale et magnifique à la fois. La même année, elle est Satine, la danseuse de cabaret de Moulin Rouge de Baz Luhrmann, un tournage de huit mois, corset serré au maximum tous les jours, une chute sur le décor qui l’immobilise. Elle revient sur le plateau après deux semaines.
Première nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Deuxième Golden Globe. Variety la compare à Marlene Dietrich, Greta Garbo, Marilyn Monroe. La même année encore, Les Autres, thriller d’Alejandro Amenábar — produit, ironie parfaite, par Tom Cruise lui-même.
Ce qu’elle a construit pendant qu’il devenait un empire
2002 : elle incarne Virginia Woolf dans The Hours, face à Meryl Streep et Julianne Moore. Faux nez, apprentissage de l’écriture de la main droite, immersion totale. Elle accepte le rôle en raison de parallèles entre sa vie et celle de la romancière.
Elle avouera avoir eu des idées de suicide pendant ce tournage. Et cette phrase, glaçante et lumineuse : en jouant la scène où Woolf met fin à ses jours, elle choisit de vivre. « À cette époque, j’étais au plus bas et jouer Woolf m’a permis d’apprécier la vie. »
Elle raconte ce qui l’a bouleversée dans le personnage : « Je mène une existence que je n’ai plus le moindre désir de poursuivre. J’habite dans une ville où je n’ai plus la moindre volonté de vivre. » Et elle ajoute : « Je m’en souviens car, jamais, les mots placés dans la bouche d’un de mes personnages n’avaient à ce point semblé m’appartenir. »
Ours d’argent à Berlin, BAFTA, troisième Golden Globe, et l’Oscar de la meilleure actrice — la première Australienne à le décrocher. Dans son discours, en pleine guerre d’Irak, elle défend l’utilité de l’art.
Puis viennent Dogville de Lars von Trier, écrit pour elle, où une scène de chaîne autour du cou la fait réellement suffoquer sans que l’équipe s’en rende compte. Retour à Cold Mountain, tourné en Roumanie par −40 °C. Birth, en 2004, qui déclenche la polémique à Venise.
Pendant ce temps, lui, il tourne Minority Report avec Spielberg, Le Dernier Samouraï, Collatéral avec Michael Mann. Deux trajectoires parallèles, deux carrières immenses, et un sujet dont ni l’un ni l’autre ne parle jamais.

Le sujet dont personne ne voulait parler — et qui a fini par exploser
Car il y a un fil rouge, dans la vie de Tom Cruise, qui traverse toute cette période et que la presse a longtemps traité avec des pincettes. Membre de l’Église de scientologie depuis 1986, il commence dans les années 2000 à utiliser son aura d’acteur au service de l’organisation.
Il raconte que la scientologie l’a aidé à surmonter sa dyslexie d’enfance. Le 1er décembre 2003, lors de la présentation du Dernier Samouraï à Hollywood, il décide de profiter de ses interviews pour en faire la promotion, clairement et avec insistance.
Ça ne s’arrête pas là. En 2003, il convainc le sous-secrétaire d’État Richard Armitage et le chef de cabinet du vice-président Scooter Libby de s’opposer à la non-reconnaissance de la scientologie en Allemagne. En 2004, il rencontre le secrétaire à l’Éducation Rod Paige.
La même année, David Miscavige fait créer une récompense spéciale pour lui : la Scientology Freedom Medal of Valor. En 2005, le Conseil de Paris révèle qu’il a fait pression sur Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et sur le président du Sénat Jean-Claude Gaudin.
Puis vient l’année qui casse tout. En janvier 2004, il déclare : « Je pense que la psychiatrie devrait être interdite. » L’année suivante, il critique publiquement Brooke Shields, qui avait raconté dans un livre être sortie d’une dépression post-partum grâce à un médicament.
2005 : l’année où Hollywood cesse de rire
Le 23 juin 2005, invité par Matt Lauer sur NBC dans Today, il qualifie la psychiatrie de pseudoscience et ses médicaments de dangereux, en reprenant une théorie du complot selon laquelle les psychiatres tenteraient depuis des millions d’années de détruire l’espèce humaine.
Brooke Shields lui répond dans le New York Times. Il devrait, écrit-elle, « s’en tenir à sauver le monde des extraterrestres et laisser les femmes qui souffrent de dépression post-partum décider des options de traitement qui leur conviennent le mieux ». Elle qualifie ses commentaires de « mauvais service aux mères du monde entier ».
Cruise s’excusera deux mois plus tard. Trop tard. The Lancet, revue médicale, déplore que la célébrité alourdisse ainsi le fardeau des personnes atteintes de maladie mentale, souvent freinées par la stigmatisation.
La même année, lors de la présentation promotionnelle de La Guerre des mondes devant un parterre de journalistes, il « oublie » de promouvoir le film de Spielberg. Il ne parle que de son projet de nouveau mariage et de scientologie.
Il sera révélé ensuite que ses campagnes anti-psychiatrie avaient conduit à une rupture avec Steven Spielberg. Le cinéaste aurait mentionné, en présence de Cruise, le nom d’un ami médecin lui ayant prescrit des psychotropes. Le cabinet de ce médecin a ensuite été dégradé par des scientologues. Spielberg, furieux.
Quelques mois après la sortie de Mission: Impossible III, en 2006, Paramount ne renouvelle pas son contrat après quatorze ans de collaboration. Motif officiel : « comportement inacceptable » et « suicide créatif ».
La traversée du désert, puis le retour du roi
Suivent des années plus modestes. Lions et Agneaux en 2007 avec Robert Redford et Meryl Streep : échec critique et commercial. Walkyrie en 2008, où il incarne Claus von Stauffenberg, s’en sort en salles sans convaincre. Le député allemand Michael Brand appellera même ses concitoyens à ne pas le voir.
La même année, il est méconnaissable en producteur vulgaire dans Tonnerre sous les tropiques, la satire de son ami Ben Stiller. Le rôle de Les Grossman lui vaut une nomination au Golden Globe. Preuve qu’il peut encore surprendre.
Et puis il trouve la formule qui va tout relancer : le corps. Sa stratégie devient limpide à partir de 2010. Il fera lui-même les cascades, de plus en plus dingues, et le public paiera pour voir un homme risquer réellement sa peau.
Protocole Fantôme en 2011. Jack Reacher en 2012, où il retrouve Robert Duvall, vingt-deux ans après Jours de tonnerre. Edge of Tomorrow en 2014. Rogue Nation en 2015.
Le 13 août 2017, sur le tournage de Fallout, une cascade rate. Double fracture de la cheville droite. Le tournage s’arrête plusieurs mois. Le film sortira quand même et deviendra le plus gros succès de la série, plus de 790 millions de dollars mondiaux.
Puis, en 2022, le coup de maître : Top Gun: Maverick. Trente-six ans après l’original, plus d’un milliard de dollars, l’un des plus gros succès de l’histoire de Paramount. La démonstration que le passé de Tom Cruise est sa plus grande ressource. Ce qui explique exactement pourquoi on ressort les stock-cars aujourd’hui.

Ce que la carrière récente dit du calcul de 2028
Parce qu’il ne faut pas se raconter d’histoires : la suite annoncée ce week-end n’est pas un caprice nostalgique. C’est une stratégie, testée et validée.
Après Maverick, les deux derniers Mission ont été plus compliqués. Dead Reckoning, en 2023, n’est pas rentable, plombé notamment par l’emballement médiatique autour du duel Barbie-Oppenheimer. The Final Reckoning, en 2025, reçoit un accueil mitigé de la critique française et déçoit en salles.
Le 16 novembre 2025, il reçoit malgré tout un Oscar d’honneur aux Governors Awards de Los Angeles, pour l’ensemble de sa carrière. Quatre nominations aux Oscars, sept aux Golden Globes dont trois victoires, une Palme d’or d’honneur en France, et le grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres remis le 27 juillet 2024 par Rachida Dati.
Cette année, on l’attend dans Digger, sous la direction d’Alejandro González Iñárritu. Un troisième Top Gun est aussi dans les tuyaux. Autrement dit : la machine mise à fond sur son propre catalogue.
Pour Days of Thunder 2, il produit aux côtés de Jerry Bruckheimer — producteur de l’original — et de Tommy Harper. Will Staples écrit le scénario, Jonathan Levine, réalisateur de Long Shot, met en scène. L’intrigue reste secrète.
Et Anne Hathaway, elle, arrive en pleine forme : The Odyssey de Christopher Nolan, Le Diable s’habille en Prada 2. Ce sera la toute première fois qu’elle et Cruise partagent l’affiche. Ce qui n’a pas suffi à calmer ceux qui réclament l’autre.
Alors, pourquoi son absence dérange-t-elle autant ?
Parce qu’elle n’a jamais été démentie. Aucune annonce officielle n’a confirmé que le personnage de Claire Lewicki serait retiré de l’histoire. Aucune n’a dit qu’Hathaway la remplaçait. Et contrairement à Robert Duvall, disparu en février dernier, elle est bien vivante et disponible.
Mais le vide est là. Et il est d’autant plus voyant qu’il touche au film qui a scellé leur rencontre. Un film qui, dans l’imaginaire collectif, n’est pas seulement une course de bagnoles : c’est le prologue d’un mariage.
Elle, à 59 ans, n’a plus rien à prouver. Oscar, six Golden Globes, deux Emmy Awards, BAFTA, Ours d’argent, coupe Volpi à Venise, prix du 70e anniversaire du Festival de Cannes. Le New York Times l’a inscrite en 2020 parmi les plus grandes actrices du XXIe siècle.
Elle a aussi expliqué, plus tard, avoir beaucoup tourné après 2001, sans beaucoup de discernement, pour compenser ce divorce. À la fin des années 2000, la presse la surnommait « poison du box-office ». Elle a répondu en fondant sa propre société de production et en ne choisissant plus que ce qui l’intriguait.
Reste la question que tout le monde évite depuis vingt-cinq ans. Pourquoi ce mariage-là, ce couple-là, celui qui semblait indestructible, s’est-il effondré si vite et si silencieusement ?
L’explication qui n’était pas dans les communiqués
L’explication la plus souvent avancée tient en un mot, et ce mot n’a rien à voir avec un tournage, un rôle volé ou une infidélité.
Une des raisons souvent avancées à la rupture entre Tom Cruise et Nicole Kidman tient à la religion. De tradition catholique, elle aurait gardé ses distances avec l’Église de scientologie — et aurait, de ce fait, été perçue comme un frein à l’ascension de son mari au sein de l’organisation.
Voilà l’hypothèse qui plane sur toute cette histoire. Pas un scandale de tabloïd, pas une dispute de plateau : une divergence de croyance, dans un couple où l’un des deux était en train de devenir l’un des visages les plus exposés d’un mouvement contesté.
Et le calendrier, lui, est serré. Quelques semaines à peine après l’officialisation de son divorce, Tom Cruise s’affiche publiquement avec Penélope Cruz, rencontrée sur le tournage de Vanilla Sky. Leur relation durera jusqu’en 2004.
Ce n’est pas la première fois que le schéma se répète, d’ailleurs. C’est même une constante troublante de sa vie privée : une rencontre sur un plateau, une histoire qui commence pendant que la précédente se termine.
Le même scénario, encore, avec une autre femme
Car l’histoire ne s’arrête pas là. En 2005, il rend publique sa relation avec Katie Holmes. En avril 2006 naît leur fille Suri. Le 18 novembre 2006, ils se marient au château d’Odescalchi à Bracciano, à trente kilomètres au nord de Rome, selon le rite de l’Église de scientologie.
Troisième mariage pour lui, premier pour elle. Le divorce est annoncé le 29 juin 2012. Et les raisons avancées ont un air de déjà-vu saisissant.
Katie Holmes voulait protéger sa fille et refusait qu’elle intègre l’Église de scientologie. Elle reprochait également à son ex-mari de prendre seul toutes les décisions concernant l’éducation de Suri et sa carrière.
Deux femmes, deux décennies, un même point de rupture. Difficile de ne pas y voir un motif. Et impossible, désormais, de regarder l’absence d’une actrice sur une affiche de 2028 comme un simple choix de casting.
En 2025, il a partagé neuf mois de vie avec l’actrice Ana de Armas. Là encore, dans le sillage d’un projet commun. La mécanique, elle, n’a pas changé.
Quant à Randy Quaid, il aura obtenu ce qu’il cherchait sans doute : faire parler de ce qu’on préférait taire. Sa méthode est indéfendable, ses attaques contre une femme enceinte sont sans excuse, et son procès en « wokisme » n’a aucun rapport avec le sujet. Mais sa question, elle, est restée en suspens.
Rendez-vous le 2 juin 2028. Le moteur, lui, redémarre déjà. Reste à savoir qui montera à bord.