Vianney : la vérité sur son absence dévoilée… et personne ne s’attendait à ça
Ce dimanche soir sur France 2, Laurent Delahousse ne reçoit pas son invité sur un plateau. Il le rejoint dans une cabane en bois, construite de ses propres mains par un chanteur qu’on ne voyait presque plus nulle part. Et c’est une première : Vianney n’avait encore jamais ouvert la porte de ce refuge à qui que ce soit.
Quelques jours plus tôt, il avait déjà fait fondre ses abonnés. Sur une vidéo tournée sur une plage au coucher du soleil, son petit garçon tient la caméra et lance : « C’est bon j’ai appuyé ». Le père s’agenouille avec sa guitare et entonne D’or et d’étain. Le cadre tangue, des petits doigts passent devant l’objectif, et le gamin finit par chanter avec lui. En légende, Vianney salue ses « équipes techniques » pour leur « grand professionnalisme ».
Puis, dans un portrait publié fin octobre par Le Figaro, il glisse une phrase qui intrigue : « Dans mon éducation, le confort est piégeux. » Et il insiste : « Je préfère avoir à me dépasser, à fournir un effort. » Son cinquième album, Les Évadés, sort le 6 novembre. Le titre en dit long.
Pourtant, souvenez-vous. Il y a eu des Victoires de la musique, un tube certifié diamant, des Accor Arena complètes. Puis la scène s’est vidée, le fauteuil rouge aussi, et on a fini par voir un barbu manier la hache au milieu des bois. Burn-out ? Fuite ? Crise ? La vraie réponse va vous surprendre. Elle était sous nos yeux depuis le début.
Avant le silence, il y a eu le vacarme : retour à Pau

Avant de comprendre pourquoi il s’est mis en retrait, il faut revenir sur son ascension, aussi rapide qu’improbable. Vianney Bureau naît le 13 février 1991 à Pau, en pleine guerre du Golfe. Son père, pilote d’hélicoptère dans l’aviation légère de l’armée de terre, est alors affecté dans un régiment de la ville. On est loin des paillettes.
Sa mère aussi a pris les commandes d’un appareil : pilote d’avion, puis instructrice, elle s’est ensuite reconvertie dans l’enseignement comme professeure agrégée d’économie-gestion. Côté maison, c’est une famille catholique pratiquante, avec des militaires qui aiment la musique et quatre garçons. Même son prénom a une histoire : il vient du patronyme de Jean-Marie Vianney, le célèbre « saint curé d’Ars ».
Tout commence avec la guitare de papa. Le petit Vianney entend son père jouer du Brassens, du François Béranger, du Maxime Le Forestier, et même de la Rickie Lee Jones. Vers 12 ans, il se met à écrire ses propres chansons. Il ne lâchera plus jamais cette idée.
À côté, c’est un gamin qui se dépense : du rugby, puis du saut en longueur, au point de devenir champion des Yvelines. Chez les Scouts d’Europe, il est même chef de patrouille. Il grandit à Paris, passe par le collège Notre-Dame-des-Oiseaux, puis fait trois ans au lycée militaire de Saint-Cyr. Un parcours très carré pour un futur troubadour.
En 2005, son père le présente à des amis musiciens. Avec son frère aîné, il enregistre un premier disque autoproduit. Deux ans plus tard, il donne son premier concert au New Morning, à Paris, en finale du festival Emergenza, un tremplin pour amateurs. La petite salle de jazz est le premier vrai décor de sa vie de chanteur.
Un garçon sûr de lui ? Pas vraiment. « Je suis vraiment un timide », racontera-t-il plus tard à Purecharts, en se souvenant de l’école. Les deux premières semaines, personne ne l’entendait. La troisième, il était délégué et il mettait le bazar. Garder ce mécanisme en tête aide à comprendre la suite : il lui faut du temps, puis tout se libère d’un coup.
Cent euros en poche, un scooter électrique et aucun plan B
En 2009, il se lance un défi de fou : rejoindre Jérusalem en pèlerinage, en auto-stop, avec seulement cent euros en poche. L’aventure s’arrête à Chypre. Il n’a pas de quoi payer la taxe pour entrer en territoire israélien et doit rentrer en France sans avoir terminé son voyage. Un échec, oui, mais qui en dit déjà long sur le personnage.
La même année, il entre à l’ESG Management School de Paris pour trois ans d’études. Ce cursus l’emmène jusqu’à Londres, où il décroche un bachelor à l’université du Middlesex. Le futur chanteur fait donc d’abord une école de commerce. Personne autour de lui n’imagine encore qu’il remplira un jour Bercy.
En 2012, il remet ça, version écolo et un peu déjantée : un tour de France en scooter électrique. Il dort dehors et recharge sa machine chez l’habitant. Il est aussi allé à vélo jusqu’à Londres, Berlin et Stockholm. Ce dernier périple, on le retrouve même à l’image dans le clip de Veronica.
Puis nouveau virage : il étudie le stylisme à l’ESMOD, l’École supérieure des arts et techniques de la mode, dont il sort diplômé en juin 2014. Commerce, mode, routes à vélo… De ces années, il dira qu’elles lui ont « ouvert l’esprit, socialement et artistiquement ». Tout lui servira, sans exception.
Et dans ces nuits passées dehors, il y a déjà quelque chose de plus profond. « Quand je fais mes voyages à vélo, qu’il fait trois degrés et que je dors dehors, j’ai des choses auxquelles me raccrocher et la foi en fait partie », confiera-t-il. Gardez bien en tête ce goût du dehors et du dénuement. Il va revenir au moment où on s’y attend le moins.
Deux semaines près de Vichy, et une chanson qui envahit les bureaux

En 2011, il croise la route d’Isabelle Vaudey, qui devient sa manager et l’est toujours. C’est elle qui le pousse à sortir ses chansons de sa chambre. Elle lui présente aussi le réalisateur Antoine Essertier. Cette rencontre change tout.
À l’été 2013, Antoine Essertier et lui enregistrent l’album Idées blanches près de Vichy, en Auvergne, en deux semaines seulement. En février 2014, il signe chez Tôt ou tard. En juin, un premier single sort, Je te déteste, et le même mois il décroche son diplôme de styliste. Le 20 octobre, l’album arrive dans les bacs avec douze chansons.
Puis vient le deuxième single. Il s’appelle Pas là, son clip est signé Nicolas Bary et la comédienne Lola Bessis y apparaît. Le morceau propulse Vianney dans les classements. Dix mois après sa sortie, Idées blanches est disque d’or. Le gamin de Pau devient un nom.
Le refrain se met à vivre sa propre vie, et Vianney s’en amuse lui-même. « Je reçois des lettres où des gens me disent que « Pas là » les fait pleurer, pour d’autres, c’est le running gag au bureau », raconte-t-il à Purecharts. Faire sortir ses chansons de sa chambre, explique-t-il, c’est accepter que le public en fasse ce qu’il veut.
Sur scène, il apprend à la dure, en première partie des autres. Il ouvre trente concerts de Florent Pagny pendant la tournée « Vieillir ensemble ». Viennent ensuite Cats on Trees, Shaka Ponk, Julien Clerc, Johnny Hallyday et Dick Annegarn, qu’il présente comme sa principale influence. Une sacrée école en accéléré.
En janvier 2015, pour son premier vrai concert parisien au Café de la Danse, il chante en duo avec Samaha, la chanteuse de Shaka Ponk. C’est le début d’une longue habitude : Louane, Joyce Jonathan, Tété, Bigflo et Oli, Gérard Lenorman… Et même Maxime Le Forestier, celui que son père jouait à la guitare quand il était petit. Joli retour des choses, non ?
Le vendredi soir où le Zénith a prononcé son nom
Son album sort en Allemagne le 21 août 2015. Lui ne se contente pas d’un communiqué : il décide de rallier Berlin à vélo pour y arriver le jour de la sortie. Le 7 septembre suivant, il enregistre dans un studio parisien une version acoustique du disque, avec quelques reprises. Elle servira de réédition à son premier album.
Puis arrive février 2016. Lors des 31e Victoires de la musique au Zénith de Paris, « le chanteur du tube « Pas là » » est sacré artiste masculin, comme l’écrit l’AFP. Moins d’un an et demi après la sortie de son premier album, il reçoit déjà l’une des récompenses les plus convoitées de la chanson française.
Le plus fou, c’est la façon dont il en parle quelques mois plus tard. Il dit à Purecharts qu’il est bien plus heureux de finir une chanson et de l’enregistrer « que de gagner une Victoire de la Musique ». Puis il lâche, sans filtre : « sur le succès ou la notoriété, vraiment, ça, pour le coup, je n’en ai rien à foutre ». On a connu des lauréats plus diplomates.
Il ne fait pas pour autant preuve de désinvolture, bien au contraire. « Je peux passer une centaine d’heures par chanson », assure-t-il. « Je suis sans pitié avec ce que je fais. » Il aime aussi l’idée de toucher tout le monde : il se dit très fier d’avoir eu un article dans Télérama et d’être passé chez Patrick Sébastien.
Le portrait se dessine : un perfectionniste qui se moque de la gloire, un timide qui finit par tout donner, un voyageur qui aime dormir dehors. Ce mélange explique beaucoup de choses sur ce qui va suivre. Mais avant d’en arriver là, la machine ne fait que s’emballer.
Un diamant, des larmes et des parents dans la salle

Fin 2016, son deuxième album sort et porte simplement son prénom. Il l’a enregistré en grande partie seul au Croisic, près de Nantes. Il en a écrit et composé toutes les chansons, et il y joue les guitares et la plupart des claviers. Pour le son, il s’entoure tout de même de pointures, comme Bob Clearmountain, qui a travaillé avec David Bowie et Bruce Springsteen.
Le premier single, Je m’en vais, sort le 17 octobre 2016. Cette ballade de rupture remporte la Victoire de la chanson originale en février 2017, puis elle est certifiée diamant quelques semaines plus tard. L’album, lui, est disque de platine en deux mois. Deuxième disque, deuxième raz-de-marée.
Pour fêter ses 150 000 premiers abonnés sur Facebook, il propose un concert de 150 minutes en direct vidéo, le 21 janvier 2017. Alain Souchon, Bigflo et Oli et Boulevard des Airs passent chanter avec lui. Avec Vianney, la célébration se fait rarement en solo.
Les 8 et 9 juin 2018, il termine à Paris une tournée de trois ans en remplissant l’Accor Arena. Comme toujours, il est seul sur scène avec sa guitare, sans musicien. Patrick Bruel, Véronique Sanson, MC Solaar et Bigflo et Oli le rejoignent le temps d’une chanson. Une foule immense, et un seul homme au milieu.
Lors du dernier concert, il remercie ses parents, présents dans la salle, de l’avoir « laissé libre » depuis l’enfance. Gala parle alors des larmes d’un Vianney bouleversé par ses parents. Le fils de militaires, passé par le lycée de Saint-Cyr, rend hommage à sa liberté devant des milliers de personnes.
La même année, il passe au cinéma : il est l’un des rôles principaux de Ma mère est folle, de Diane Kurys, aux côtés de Fanny Ardant. Il écrit aussi On trace, l’hymne des Enfoirés 2019, ainsi qu’un album entier pour la jeune Erza Muqoli. Il ne s’arrête jamais. Et justement, ce détail aura toute son importance.
Le fauteuil rouge qui l’installe dans tous les salons
Au printemps 2020, après le premier confinement, il sort le titre N’attendons pas. Le 21 août à minuit arrive Beau-papa, qu’il dédie à sa belle-fille. Le 29 septembre, il publie Merci pour ça, dédiée à Karim, un ami sans-abri. L’album N’attendons pas sort le 30 octobre 2020.
Cette chanson pour Karim n’a rien d’une posture. Vianney participe régulièrement à l’opération « Hiver solidaire », qui accueille des personnes sans domicile dans une paroisse parisienne. Côté vie privée, il partage depuis 2016 la vie de la violoncelliste Catherine Robert, qu’il aurait épousée le 14 juillet 2020. En 2021, le couple accueille un petit garçon.
À la télévision, l’affaire se conclut dès l’été 2020. Selon Puremédias, TF1 et ITV Studios France convoitaient depuis plusieurs saisons l’interprète de Pas là et de Je m’en vais pour The Voice. En 2021, il s’assoit enfin dans le fauteuil rouge pour la saison 10, aux côtés d’Amel Bent, Marc Lavoine et Florent Pagny, qui fait son retour.
Dès cette première saison, il se révèle comme coach. La Belge Mentissa, 21 ans à l’époque, va jusqu’en finale avec lui et chante Et bam, un titre qu’il lui a écrit. Il la présente ensuite à son label, Tôt ou tard. « Aucun talent ne peut s’attendre à avoir un coach aussi impliqué, bienveillant », confie-t-elle à Gala.
En 2022, on le retrouve aussi dans Rendez-vous en terre inconnue, où il écrit la chanson Dabali. Vianney est partout : à la radio, sur TF1, sur France 2, dans les stades et les salles. Personne n’imagine que l’homme le plus visible de la chanson française s’apprête à débrancher la prise.
2022, l’année de tous les records… et du dernier rappel
En 2022, il part pour une tournée triomphale de 100 dates à travers la France. Au mois d’avril, il remplit deux soirs de suite l’Accor Arena, à guichets fermés. D’après Purecharts, N’attendons pas s’est alors écoulé à près de 390 000 exemplaires. Les chiffres donnent le vertige.
Il se classe même 19e dans le palmarès des personnalités préférées des Français publié par le JDD. Une popularité qu’il n’a jamais vraiment recherchée, à l’en croire. « Je n’avais aucune envie de succès populaire, honnêtement », affirmait-il à Purecharts à la sortie de son troisième album.
Il garde son fauteuil dans The Voice en 2022 et 2023, pour les saisons 11 et 12. Pendant ce temps, il réalise aussi l’album de Charlie Winston. Il accompagne les autres, écrit pour eux et les produit. Son agenda déborde.
Le 2 avril 2023, il monte sur la scène de l’Accor Arena, mais cette fois chez Ed Sheeran. Les deux artistes y chantent ensemble pour la première fois Call On Me. Ce soir-là, Vianney n’est plus la tête d’affiche, il est l’invité. Un détail, peut-être un signe.
Les projecteurs commencent à s’éloigner. Mais que construit-il pendant ce temps ? La réponse se précise, et elle n’est pas celle qu’on croit. Car en 2023, une chose a déjà disparu de son agenda, et pas des moindres : la tournée.
Un album avec Renaud, Zazie et Ed Sheeran… et pas un seul concert

En novembre 2023, il sort À 2 à 3, un disque de duos et de trios. Renaud, Ed Sheeran, Mika, Kendji Girac, Zazie, Bigflo et Oli, Jean-Louis Aubert, Florent Pagny : l’affiche est hallucinante. « Je ne me suis pas rendu compte qu’à la fin ça faisait 19 chansons », s’amuse-t-il sur RTL.
L’aventure a commencé presque par hasard, avec Janie, une jeune artiste qui assurait ses premières parties, puis avec Ed Sheeran. Le feu, avec Kendji Girac, dépasse les 18 millions d’écoutes sur Spotify. Purecharts annoncera plus tard 250 000 exemplaires vendus pour l’album. Encore un succès.
Il explique ce besoin de partager par une confidence qui en dit long : « Ça faisait des années, des centaines de concerts, que je chantais mes chansons sur scène la plupart du temps tout seul avec ma guitare. A un moment donné, j’avais juste envie de partager. » Seul pendant des années, il ressent le besoin d’être entouré.
Et pourtant, aucune tournée n’est prévue pour défendre ce disque. Sur RTL, il assume : « Le plus radical que j’ai fait, c’est vraiment d’arrêter de tourner. » Il ajoute que ses équipes lui manquent : « On était 60, je les aimais tous profondément, je les connais tous, c’était ma famille sur la route pendant des mois et des années. »
Puis il prononce une phrase que beaucoup vont retenir : « C’est pour mon bien, c’est pour ma santé mentale, familiale, physique, tout ce qu’on veut… » Santé mentale. Le mot est lâché, et le public s’y accroche. Les autres mots de cette phrase passent alors un peu inaperçus.
Quelques jours plus tard, toujours sur RTL, il s’exprime sur le métier sans prendre de gants : « C’est nous, on veut toujours plus : de public, de sous, de réussite. C’est à ce moment-là que commence le burn-out, quand on en veut déjà plus alors qu’on est déjà gâtés. » Parle-t-il de lui ? La question est désormais posée.
« Soulagé » : le mot qui trouble ses fans
Fin 2023, dans les coulisses de l’émission « M6 sur son 31 », Purecharts lui demande de faire le bilan de son année. Sa réponse a de quoi surprendre : « Je suis soulagé de ne plus être en tournée. » La scène est pourtant ce qui l’a révélé, et voilà qu’il parle de soulagement.
Et pour l’année suivante ? « Je n’ai rien de prévu ! » Il précise : « Ni tournée ni album. » Pas de calendrier non plus : « Je n’ai pas de producteur qui attend quoi que ce soit de moi. Je suis réellement libre. » Ce fameux mot, libre, que ses parents avaient déjà entendu à Bercy en 2018.
Il n’a pas disparu pour autant. Parrain du Téléthon 2023, il crée pour l’occasion sa deuxième guitare, la « Vianney Signature N°2 ». Elle est vendue à 2 000 exemplaires et les bénéfices sont reversés au Téléthon. Même au ralenti, le chanteur continue de fabriquer et de donner.
Le 9 février 2024, à la Seine musicale, il remporte les Victoires de la musique ex aequo avec le rappeur Gazo, dans la catégorie artiste masculin. C’est son troisième trophée. Sa femme est présente, il la serre dans ses bras, puis va enlacer Gazo pour ce qu’il appelle une « victoire du partage », selon Purepeople.
La situation a quelque chose de paradoxal : il est sacré artiste masculin de l’année alors qu’il ne fait plus de concerts. Le public le voit encore partout, mais il a déjà commencé à se retirer en coulisses. Et c’est là que les choses se compliquent.
Le jour où son nom atterrit là où il ne l’attendait pas

En juin 2023, Le Monde publie un portrait de Geoffroy Lejeune, le nouveau directeur du Journal du dimanche, présenté par Purepeople comme un journaliste d’extrême droite. Sous la plume d’Ivanne Trippenbach et François Krug, le quotidien affirme que le chanteur Vianney fait partie de ses intimes. Le nom du chanteur se retrouve propulsé dans une polémique politique.
Ce rapprochement n’arrive pas de nulle part. Selon Purepeople, Geoffroy Lejeune n’a jamais caché son admiration pour l’interprète de Pas là, au point de détourner son tube lors d’un grand rassemblement politique. Sur scène, il avait chanté : « T’es pas là, Mélenchon, mais t’es où ? »
Le 25 juin, Vianney dément ces affirmations sur Twitter, en commençant par un « Mais what ? » qui résume son état d’esprit. Il explique qu’il ne veut pas politiser sa carrière. La mise au point fait beaucoup réagir et confirme une chose : la moindre ligne sur lui devient un sujet.
En septembre 2024, nouvel orage. Paris Match vient de dévoiler la vidéo de l’arrestation de Dominique Pelicot dans un supermarché en 2020, en plein procès des viols de Mazan à Avignon. Le 14 septembre, Vianney écrit sur X que sa chanson Beau-papa passait dans le magasin à ce moment-là, un « contraste absurde », selon lui.
Il conclut son message ainsi : « Ah si, en profiter pour manifester tout mon soutien à Gisèle Pélicot, si courageuse et tellement digne. » Une partie des internautes l’accuse de se faire de la publicité. « Mec, tu réalises que tu fais ta pub sur un tel sujet ? », lui lance l’un d’eux. Le lendemain, son compte X n’est plus accessible.
Une tribune politique à laquelle il ne voulait pas être associé, un réseau social qui s’éteint, une scène désertée : tout cela nourrit l’image d’un homme qui se cache. Pour une partie du public, l’histoire semble écrite d’avance. La vérité, pourtant, est ailleurs.
Notre-Dame, un courrier oublié et une statue de cire
Le 7 décembre 2024, lors de la cérémonie de réouverture de Notre-Dame de Paris, il chante une version française de Hallelujah, de Leonard Cohen. Le moment est suivi par le monde entier, avec un chanteur à la guitare sous les voûtes reconstruites. Une parenthèse lumineuse au cœur de cette période plus discrète.
L’anecdote derrière ce moment est incroyable, et c’est lui qui l’a racontée à la télévision, selon Chante France : « J’ai failli ne jamais la chanter, car je n’avais pas ouvert le courrier d’invitation du diocèse. » Le diocèse l’a relancé par voie numérique dix jours avant la cérémonie, et il a écrit le texte au dernier moment.
En 2025, les honneurs continuent : il est fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, et le musée Grévin lui consacre une statue. Pourtant, l’homme en chair et en os se fait de plus en plus rare. On a son double en cire, mais l’original n’est presque plus là.
En février 2025, il prévient qu’il est à « un tournant » de sa carrière. Purecharts rapporte ses mots : « J’ai déjà commencé à réduire la voilure côté concerts, mais aussi côté réseaux sociaux et même interviews, sauf pour les Enfoirés (…) Je vais continuer à faire de la musique… mais autrement. » Mais autrement, qu’est-ce que ça veut dire ? Réponse quatre mois plus tard.
23 juin 2025 : il quitte le fauteuil rouge pour un champ

Il a enchaîné les saisons 13 et 14 de The Voice, en 2024 et 2025. Puis, le lundi 23 juin 2025, il publie une vidéo sur Instagram. « Ça fait cinq ans que je mets tout mon cœur et tout mon temps au service de projets pour d’autres, avec d’autres, et j’ai adoré ça », commence-t-il.
Il parle de l’émission comme de « l’une des aventures les plus belles » de sa vie. Puis il annonce : « Mais je ressens le besoin de tourner ces pages-là pour un temps. » Derrière lui, pas de studio : un immense espace vert, note Purepeople. Le coach préféré de TF1 s’en va.
Et il annonce son nouveau projet, aussi déroutant que concret : « J’ai prévu ici de construire une cabane, un refuge, un endroit où je puisse mettre un piano, un lit, une table, et que je construise de mes mains. » Il précise que ce n’est plus produire qui l’intéresse, mais construire. On croit d’abord à une blague.
Il n’en est rien. « Je me lance là-dedans, je suis nul, je n’y connais rien, mais je sais que j’en ai besoin. » Plus tard, il trouvera une formule encore plus frappante, rapportée par Purecharts : « Peut-être qu’il faut que je sois un peu charpentier pour réapprendre à devenir chanteur. »
Le double lauréat des Victoires, certifié diamant, troque donc la scène pour la scie. Le parallèle avec l’ancien scout, le pèlerin à cent euros et le cycliste qui dormait dehors saute aux yeux. Mais pourquoi maintenant ? Et pourquoi aussi loin de tout ?
« Je n’allais pas bien » : l’aveu venu de la forêt
Pendant des mois, il documente son chantier dans des vidéos publiées sur YouTube et Instagram. Il y explique que c’est un projet qu’il chérissait depuis le scoutisme. « Nous avons déménagé en famille pour le temps de cette aventure. La cabane est à quelques centaines de mètres de chez nous, alors j’y passe mes journées », écrit-il.
Le refuge compte 80 rondins de bois, pour une surface de 4 mètres sur 4, précise Purecharts. L’hiver complique tout, et le chanteur a désormais une barbe fournie et de longs cheveux en bataille. « C’est boueux, c’est froid, c’est douloureux. Et pourtant je me sens si bien », raconte-t-il. On est loin des paillettes de Bercy.
Fin octobre 2025, il publie un message qui sème le trouble. « Un jour, si on me le demande, j’expliquerai mieux le pourquoi de cet exil. Depuis peu, j’arrive à admettre que je n’avais plus le choix. Il m’a fallu provoquer ce changement de vie, afin de rester debout, libre et moi-même. » Il emploie le mot exil.
Puis il ajoute : « Aujourd’hui je parviens à dire que je n’allais pas bien. Mais je vais déjà mieux. » Flavie Flament, Laury Thilleman et le chef Pierre Sang lui envoient des encouragements. Pour beaucoup, le mystère s’épaissit : que s’est-il passé pour qu’il en arrive là ?
Il sort parfois de sa forêt. En décembre, il apparaît aux concerts de Lara Fabian à l’Accor Arena, puis de Jean-Louis Aubert à Paris La Défense Arena. En janvier, il retrouve les Enfoirés. Et pour le concert géant de Patrick Fiori au Vélodrome de Marseille, le 23 mai 2026, il envoie ce message : « Le 23 mai tu me sors de ma forêt. »
Une fois la cabane terminée, après neuf mois de travaux, il s’y installe pour écrire. « Je m’enferme désormais ici pendant un mois, avec mes instruments et mon enregistreur à bandes ; il est temps », annonce-t-il. En août 2026 sort D’or et d’étain, premier extrait d’un album écrit, composé et enregistré sans ordinateur. Burn-out, fuite, crise ? La réponse, il l’avait donnée bien plus tôt.
La réponse était sous nos yeux depuis décembre 2022
Il faut revenir en décembre 2022. À la fin de sa tournée de 100 dates, au moment de faire son bilan de l’année sur les réseaux, Vianney écrit : « J’ai connu les mois les plus intenses de toute ma vie. » Et il annonce, noir sur blanc, qu’il a « décidé de ne plus tourner avant quelques années ». Ce n’était pas une disparition subie. C’était une pause choisie, et annoncée.
À la sortie d’À 2 à 3, en novembre 2023, il enfonce le clou : il va arrêter les tournées pendant plusieurs années afin de se consacrer à sa famille. Dans « 50′ inside », il le formulait encore plus simplement : « Là, j’ai besoin de faire une pause parce que c’est vrai que j’ai un bébé et j’aime vraiment le voir grandir. »
Le fameux mot « familiale », glissé sur RTL juste après « santé mentale », prend alors tout son sens. À Purecharts, il l’avait dit aussi : « Ma famille a changé… Ça c’est le perso donc ça ne regarde pas trop les gens. » Il ajoutait ne pas pouvoir faire autrement que d’en parler, parce que c’est sa vie et que « ça détermine des choix ».
Pendant ces années qu’on a prises pour un effacement, il a eu deux enfants, avec une petite fille née en 2026. Il a quitté The Voice, construit sa cabane pendant neuf mois et écrit tout son cinquième album sans ordinateur. Ce n’était pas une fuite, mais un programme. Et la suite est déjà écrite.
Bercy l’attend déjà, et il a encore des choses à dire

Le retour est déjà programmé, avec une tournée de 40 dates de mars 2027 à mars 2028. Elle passe par trois Zénith de Paris en avril 2027, puis deux soirs à l’Accor Arena, les 26 et 27 novembre 2027. La mise en vente générale a été lancée le 26 octobre, avec des billets de 60 à 90 euros selon WIT FM.
Le site Concertaparis parle d’un retour « après 5 ans loin de la scène » et affirme que les trois Zénith afficheraient complet, avec 200 000 billets vendus. Pour un homme qu’on disait disparu, l’attente du public paraît intacte.
Et l’ermite n’a pas perdu sa voix. Après les manifestations du 17 octobre, il a écrit sur Instagram : « La détresse de ces travailleurs épuisés, abandonnés au pillage, me révolte. » Dans Le Figaro, il affirme avoir été approché par des politiques, mais refuse de jouer « un jeu » auquel il ne veut pas participer.
Il est aussi le parrain de la nouvelle promotion de la Star Academy. Son amie Emma Daumas s’est d’ailleurs amusée de sa fatigue : « Oh les petits yeux tirés des nuits de jeunes parents ». L’exilé des bois est redevenu un papa épuisé, et ça se voit à l’écran.
Ce soir, Laurent Delahousse pousse la porte de sa cabane. Le 6 novembre, Les Évadés arrive dans les bacs. Et le chanteur résume lui-même son état d’esprit dans Le Figaro, en pensant à ses enfants : « J’ai peur de ça pour mes enfants, j’ai peur de ça pour moi-même. Je préfère avoir à me dépasser, à fournir un effort. »