« Pire actrice » selon Le Figaro, Palme d’interprétation à Cannes : le destin fou de Virginie Efira en 24 heures

Samedi soir, Virginie Efira montait les marches de Cannes pour recevoir le prix d’interprétation féminine. Quelques heures plus tôt, un grand quotidien français la sacrait « pire actrice » du Festival. Le contraste est si brutal qu’il a secoué la Croisette tout entière. Voici comment un même week-end a produit le camouflet le plus cinglant et la consécration la plus éclatante de sa carrière.
Virginie Efira doublement à l’affiche à Cannes 2026 : un pari risqué
Rare sont les comédiennes à défendre deux films en sélection officielle la même année. Virginie Efira l’a fait. Dans Soudain, signé par le Japonais Ryusuke Hamaguchi, elle incarne une directrice de maison de retraite confrontée à une metteuse en scène atteinte d’un cancer incurable, jouée par Tao Okamoto. Un rôle exigeant, tourné en grande partie en japonais — une langue que l’actrice belge a apprise pour l’occasion.
Son second long-métrage, Histoires parallèles, complétait un programme chargé. Deux projets radicalement différents, deux registres, deux langues. La presse cannoise était partagée, mais les critiques internationales saluaient déjà la performance. Personne ne s’attendait à ce que le verdict le plus cruel vienne de Paris, bien avant la cérémonie de clôture.
Le Figaro lui décerne la « palme » de la pire actrice — juste avant la vraie
Avant même que le jury ne se prononce, Le Figaro publiait son propre palmarès du Festival. Dans ce bilan à mi-chemin entre la critique et le sarcasme, le quotidien attribuait à Virginie Efira la « palme » de la pire actrice de l’édition 2026. La formule piquait : « Au moins, elle est studieuse », concédaient nos confrères, avant d’enfoncer le clou. « Elle est moins mauvaise en nippon que lorsqu’elle s’exprime dans sa langue maternelle. »
Le journal s’en prenait aussi à Histoires parallèles, se demandant « comment lui pardonner d’avoir accepté de tourner ce film sans avoir lu le scénario ». Des mots durs, publiés noir sur blanc, qui ont fait réagir la profession. Le timing rendait l’affaire explosive : la cérémonie officielle n’avait pas encore commencé.
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Prix d’interprétation féminine : la réponse la plus cinglante possible
Quelques heures après la publication du Figaro, le jury de Cannes tranchait. Virginie Efira et Tao Okamoto recevaient ensemble le prix d’interprétation féminine pour Soudain. Un camouflet en bonne et due forme pour les détracteurs de la comédienne belge — et une revanche que même les scénaristes les plus inspirés n’auraient pas osé écrire.
La scène a quelque chose de jubilatoire. D’un côté, un quotidien qui la réduit à une « étudiante studieuse ». De l’autre, un jury international présidé par des cinéastes de premier plan qui consacre exactement la performance moquée. La Palme d’interprétation vient couronner un travail colossal : apprendre le japonais, porter un personnage dans une langue étrangère, convaincre Hamaguchi lui-même. Le contraste entre les deux verdicts restera l’un des épisodes les plus mémorables de cette 79ᵉ édition.
En une journée, Virginie Efira est passée du statut de cible facile à celui de lauréate cannoise. La meilleure réponse à une mauvaise critique reste parfois une Palme d’or sur la joue. Reste une question : Le Figaro publiera-t-il un erratum, ou assumera-t-il le plus beau contrepied de l’histoire du Festival ?