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Débat sur l’abaya : Marine Le Pen accuse Jean-Luc Mélenchon d’être un « sous-traitant de l’idéologie islamiste »

Publié par Elodie le 08 Sep 2026 à 10:35

Deux jeunes filles, la même robe achetée au même endroit. L’une passe, l’autre est refoulée. C’est l’exemple choisi par Mathilde Panot pour dénoncer l’interdiction de l’abaya à l’école. Sa promesse d’abroger cette règle en cas de victoire de Jean-Luc Mélenchon a mis le feu aux poudres, et la réplique de Marine Le Pen ne s’est pas fait attendre.

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©DR

Une polémique qui repart de zéro

Tout commence dimanche sur BFMTV. La cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, qualifie d’« absurde » l’interdiction de l’abaya mise en place à la rentrée 2024 par Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation. Elle prend un exemple précis pour appuyer sa démonstration : deux adolescentes, la même tenue, mais un traitement différent selon leur apparence physique.

Interrogée sur une éventuelle abrogation si Jean-Luc Mélenchon l’emportait à la présidentielle, la réponse est sans détour : « Sur l’abaya ? Oui bien sûr ». Une phrase courte, mais qui suffit à relancer un débat jamais vraiment éteint depuis deux ans sur les signes religieux à l’école.

Le sujet dépasse déjà largement les frontières du parti insoumis. Il touche à des questions de laïcité que d’autres candidats à l’Élysée surveillent de près, tant le thème reste explosif dans l’opinion française.

La riposte cinglante de Marine Le Pen

Lundi 7 septembre, Marine Le Pen monte au créneau sur X. Sa formule ne laisse guère de place à l’ambiguïté : « Mélenchon et LFI sont devenus les sous-traitants de l’idéologie islamiste qui prend en otage les Français musulmans ».

La candidate du Rassemblement national ne s’arrête pas là. Elle dénonce un « projet de société » qu’elle juge dangereux : « instiller partout le poison du communautarisme qui mine la République et excite la concurrence des revendications identitaires au détriment de la communauté nationale ».

Un autre poids lourd s’invite dans l’échange : Gabriel Attal, l’homme à l’origine de la mesure contestée. Selon lui, LFI ne vise pas seulement l’abaya, mais bien la loi de 2004 dans son ensemble, celle qui interdit tous les signes religieux ostensibles à l’école, y compris le voile.

Une lecture qui élargit considérablement l’enjeu de la polémique et qui rejoint les inquiétudes exprimées par plusieurs élus sur le sujet, un thème que certaines figures publiques commentent régulièrement.

Documents officiels et marteau de justice sur bureau

Mélenchon silencieux, ses proches montent au front

Fait notable : Jean-Luc Mélenchon n’a pas directement réagi à cette nouvelle salve. Mais il avait ouvert la voie la semaine précédente, lors d’un discours devant des militants, en affirmant que « ceux qui sont musulmans et docteurs de la foi ont dit que l’abaya n’est pas une tenue islamiste ».

C’est Manon Aubry, eurodéputée insoumise, qui reprend l’argument lundi sur BFMTV. Elle cite le Conseil français du culte musulman, qui « dit lui-même que l’abaya n’est pas forcément un vêtement religieux ». Sa conclusion est sans nuance : « Je suis quand même sidérée du fait qu’il y a une forme de chasse aux musulmans, dans le débat public, dans le débat médiatique, qui me semble insupportable ».

Le twist qui donne toute sa profondeur à l’affaire tient à un aveu récent de Mélenchon lui-même. Le patriarche insoumis a reconnu avoir « changé d’avis » sur le port du voile islamique, allant jusqu’à parler d’une « erreur terrible » lorsqu’il s’y opposait autrefois.

Un revirement que ses adversaires ne manquent pas de rappeler, et qui alimente désormais chaque nouvelle prise de position de son camp sur ces sujets de laïcité, à surveiller de près dans les prochaines semaines de campagne.

L’abaya n’est plus un simple bout de tissu : c’est devenu le nouveau terrain d’affrontement idéologique de la présidentielle. Reste à savoir si ce genre de polémique fera vraiment basculer des voix, ou si elle finira, comme tant d’autres, dans l’oubli d’ici quelques semaines.

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