Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Politique

« Apprendre à nos enfants à survivre à un contrôle de police » : le cri d’Assa Traoré aux Amfis de LFI

Publié par Elodie le 21 Août 2026 à 8:46
« Apprendre à nos enfants à survivre à un contrôle de police » : le cri d'Assa Traoré aux Amfis de LFI

Chaque été, La France insoumise réunit ses militants pour ses Amfis, une grande université d’été politique. Cette année, une invitée a marqué les esprits par la force de son témoignage. Assa Traoré a livré un discours d’une rare intensité sur la peur qui traverse, selon elle, les familles des quartiers populaires. Une phrase, en particulier, a fait le tour des réseaux sociaux.

Un rendez-vous politique sous haute tension

Les Amfis de La France insoumise sont présentés chaque année comme l’une des plus grandes universités d’été politiques du pays. Conférences, débats, prises de parole militantes : le mouvement en fait une vitrine idéologique avant la rentrée. Pour cette édition, la présence d’Assa Traoré n’a rien d’un hasard.

Depuis la mort de son frère Adama Traoré en 2016, après son interpellation par des gendarmes, elle est devenue l’une des figures les plus visibles du combat contre les violences policières en France. Sa venue s’inscrit dans une volonté assumée de LFI de mettre en avant les luttes antiracistes dans sa rentrée politique.

Devant un public acquis à sa cause, la militante n’a pas mâché ses mots. Elle a choisi de raconter, non pas des statistiques, mais un quotidien. Celui de familles qui redoutent chaque sortie d’un proche, chaque interaction avec les forces de l’ordre.

Un climat de peur qu’elle décrit comme structurel, transmis presque malgré soi d’une génération à l’autre, et qui a nourri des débats similaires ailleurs, y compris sur des sujets aussi éloignés que la précarité du logement en Île-de-France.

« Apprendre à nos enfants à survivre » : la phrase qui marque

C’est cette formule qui a électrisé la salle. « Nous sommes obligés d’apprendre à nos enfants à survivre à un contrôle de police ! », a lancé Assa Traoré, dans un discours largement relayé sur les réseaux, notamment via ce message publié le 17 août 2026 qui a rapidement circulé.

La phrase résume, selon elle, une réalité vécue au quotidien par de nombreuses familles issues des quartiers populaires. Pas une exception, pas un accident isolé, mais une inquiétude permanente, presque banalisée à force d’être répétée.

« Chaque famille issue des quartiers se pose la question : “Mon frère, mon mari, mon fils, vont-ils rentrer ce soir ?” Cela fait peur ! », a-t-elle ajouté, dans une prise de parole diffusée notamment via cette vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux après son discours.

Cette question, posée sous forme de citation directe, a été reprise en boucle par les militants présents. Elle traduit, selon la militante, une angoisse transmise dans les foyers concernés bien avant que l’enfant ne soit en âge de comprendre pourquoi.

didier bourdon assa traore antiraciste

Une charge directe contre l’extrême droite

Au-delà du témoignage familial, Assa Traoré a aussi profité de cette tribune pour viser un adversaire politique clairement identifié. Elle a mis en cause, sans détour, les discours portés par l’extrême droite ces dernières années.

« L’extrême droite, ses mots, ses relais, ont favorisé et justifié la mort d’un homme, mon frère, issu d’un quartier populaire », a-t-elle affirmé devant le public des Amfis. Une accusation frontale, qui replace l’affaire Adama Traoré au cœur d’un débat plus large sur le traitement médiatique et politique des quartiers populaires.

Ce type de prise de parole, à la fois personnelle et politique, illustre la stratégie de communication de la militante depuis dix ans. Elle mêle systématiquement récit intime et dénonciation structurelle, refusant de séparer son histoire familiale du débat national sur les violences policières. Une approche qui continue de diviser l’opinion, mais qui garantit, à chaque intervention, une résonance médiatique immédiate, bien au-delà du cercle des militants insoumis présents dans la salle ce jour-là.

Le discours d’Assa Traoré rappelle, une fois de plus, que la question des violences policières reste un sujet brûlant du débat public français. Reste à voir si ces prises de parole répétées finiront par déplacer les lignes politiques, ou si elles resteront cantonnées aux cercles déjà convaincus.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *