« Il va nous ba*ser » : François Bayrou révèle le tétragramme secret qu’il avait inventé pour désigner Macron
François Bayrou publie un livre-bombe. L’ancien Premier ministre y lâche une formule à quatre lettres inventée pour qualifier Emmanuel Macron, et elle fait déjà trembler la Macronie. Derrière cet acronyme, c’est tout un bilan, des rancœurs à peine voilées et une relation ambiguë avec le chef de l’État qui se dessinent.

Bayrou sort du silence avec un livre au vitriol
Quelques mois après avoir quitté Matignon et perdu la mairie de Pau, François Bayrou dégaine. Son ouvrage Alerte sur la France qui vient, publié aux éditions de L’Observatoire (288 pages, 22 euros), n’a rien d’un exercice de style poli. C’est un règlement de comptes assumé.
Le président du MoDem y revient sur son passage à Matignon, sur l’affaire Bétharram qui a pesé lourd dans sa chute, et sur ce qu’il décrit comme le « cynisme bas du front » des conseillers de l’Élysée. On est loin des mémoires feutrées auxquelles les figures publiques françaises nous ont habitués.
Personne n’est épargné. Rachida Dati, Sébastien Lecornu, l’entourage présidentiel : tous y passent. Bayrou parle de « machiavélisme de chiasmes », une expression qui résume à elle seule le ton du bouquin. Le Béarnais ne filtre plus rien. Et c’est précisément cette absence de filtre qui rend le livre aussi percutant — et aussi commenté sur les plateaux télé ces derniers jours.
« IVNB » : le tétragramme que Bayrou avait confié à Villepin
Le passage qui fait le plus parler est évidemment celui du fameux tétragramme. Quatre lettres : IVNB. Pour « Il va nous ba*ser ». Une formule inventée par Bayrou lui-même pour désigner Emmanuel Macron, bien avant que leur alliance politique ne vole en éclats.
L’ancien Premier ministre ne renie rien. Il précise même le contexte : cette confidence aurait été faite à Dominique de Villepin, comme un pressentiment sur la manière dont le locataire de l’Élysée allait conduire les affaires du pays. Une intuition devenue, selon lui, une certitude.
Ce qui frappe, c’est l’aplomb. Bayrou ne présente pas cette formule comme un dérapage. C’est un diagnostic froid, presque clinique, habillé d’un langage de vestiaire. Et c’est justement ce mélange — l’agrégé de lettres classiques qui balance un acronyme de comptoir — qui donne au passage sa force explosive. Dans un paysage politique où chaque mot est pesé, cette liberté de ton détonne.
Malgré tout, Bayrou ne rompt pas totalement avec Macron. Il révèle que le chef de l’État lui parlerait encore au moins une fois par semaine. Une proximité étrange, teintée d’une méfiance que le Béarnais a décidé de ne plus dissimuler.

Du fils d’agriculteurs au franc-tireur de la Ve République
Pour comprendre la politique française, il faut parfois remonter aux racines. François Bayrou est né le 25 mai 1951 à Bordères, dans les Pyrénées-Atlantiques, au sein d’une famille d’agriculteurs. Agrégé de lettres classiques, conseiller général dès 1982, député à partir de 1986, il explose dans le paysage national en 1993 comme ministre de l’Éducation nationale.
Trois candidatures à la présidentielle — 2002, 2007, 2012 — et jamais de second tour. En 2007, avec près de 19 % des voix, il fonde le MoDem. Il faudra attendre 2014 et quatre tentatives pour décrocher la mairie de Pau. Puis 2017, le soutien à Macron, et un mois comme Garde des Sceaux avant la démission liée à l’affaire des assistants parlementaires.
Un parcours en montagnes russes qui explique peut-être cette liberté de parole retrouvée. L’ancien allié devenu critique n’a plus grand-chose à perdre. Et quand un homme politique français n’a plus rien à perdre, c’est généralement là que ça devient intéressant.
Quatre lettres, un acronyme, et toute une relation de pouvoir qui se résume en un pressentiment cru. Bayrou n’est plus dans le calcul : il est dans le bilan. Reste une question : Macron répondra-t-il lors de leur prochain appel hebdomadaire — ou fera-t-il comme si de rien n’était ?