Selon Clémence Guetté, la famille traditionnelle serait un symbole de « l’extrême droitisation » de la société

Une phrase, et c’est toute la classe politique qui s’enflamme. Clémence Guetté, députée insoumise, a lâché sur France Inter une analyse qui ne passe pas inaperçue : la famille traditionnelle serait le symptôme d’une société qui glisse vers l’extrême droite. De quoi faire bondir des figures de droite comme de gauche, et transformer un plateau télé en champ de bataille verbale.
Une sortie qui embrase les plateaux
Tout part d’une interview donnée sur France Inter ce mercredi 26 mai. Clémence Guetté était venue parler de son premier livre, Pour une politique de l’amitié, publié chez La Découverte. Mais c’est une phrase sur la famille qui a tout éclipsé.
Selon elle, « la famille traditionnelle est survalorisée, le couple hétérosexuel, la famille avec des enfants comme institution, prônés par la droite, accompagnés par l’État […] C’est une forme d’extrême droitisation de la société ». Une charge qui vise aussi la notion de réarmement démographique défendue par Emmanuel Macron au printemps 2025.
La coprésidente de l’Institut La Boétie, laboratoire d’idées de La France insoumise, va plus loin. Pour elle, c’est l’amitié qui mériterait une vraie reconnaissance de l’État, avec de « nouveaux droits ». Une proposition qui tranche avec le débat public habituel, et qui a immédiatement suscité des réactions à droite comme au centre.
La réplique cinglante des voix de droite
Sur CNews, l’avocat Léonard Zerbib n’a pas mâché ses mots dans l’émission #HDPros2 : « Bientôt, respirer, ce sera être un fasciste pour La France insoumise ». Une pique reprise en boucle sur les réseaux sociaux dans les heures qui ont suivi la diffusion.
L’avocat Thibault de Montbrial a lui aussi réagi sur X, avec une ironie mordante : « La famille traditionnelle est une forme d’extrême droitisation de la société… Il fallait oser ! ». Le message a été massivement partagé, alimentant une polémique qui a débordé bien au-delà du cercle politique habituel.
Mais la charge la plus frontale est venue d’Eugénie Bastié, journaliste au Figaro, dans sa chronique sur Europe 1. Elle a rappelé que le modèle familial remonte aux chasseurs-cueilleurs, contrairement, selon elle, aux modes de vie alternatifs prônés par certains électeurs insoumis, qui « ne survivrait pas à l’échelle d’une génération ».

Le duel télévisé qui cristallise les tensions
Sur BFMTV, l’affrontement a pris une tournure encore plus directe. Face à la députée LFI Danièle Obono, l’ancienne eurodéputée Les Républicains Laurence Sailliet a accusé le mouvement insoumis de vouloir « fracturer la société ».
« Vous opposez les riches aux pauvres, les blancs aux noirs […] maintenant, vous allez opposer des familles dites « traditionnelles » à celles qui n’en seraient pas », a-t-elle lancé, dénonçant une stratégie de division systématique portée, selon elle, par La France insoumise depuis plusieurs années.
Ce qui frappe dans cette polémique, c’est la vitesse avec laquelle un simple passage télévisé sur un livre s’est transformé en débat de société. En quelques heures, la question de la famille est devenue un terrain d’affrontement idéologique majeur, révélant à quel point le sujet reste explosif dans le paysage politique français, à quelques mois d’échéances électorales déjà tendues.
Cette polémique en dit long sur la fracture idéologique qui traverse aujourd’hui le débat public français. Reste à savoir si Clémence Guetté persistera dans cette ligne, ou si la pression médiatique l’incitera à nuancer ses propos dans les prochains jours.