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« Elle a la même blessure que les homosexuels » : Jean-Philippe Tanguy compare Marine Le Pen à Mylène Farmer

Publié par Elodie le 14 Juil 2026 à 3:29

Une petite phrase peut parfois faire plus de bruit qu’un jugement entier. Marine Le Pen vient de voir sa condamnation confirmée en appel, mais c’est une déclaration bien plus ancienne qui refait surface dans les discussions. Une comparaison osée, signée Jean-Philippe Tanguy, qui avait mis le feu aux poudres il y a quelques mois. Retour sur une sortie qui n’a jamais vraiment quitté les esprits.

Jean-Philippe Tanguy Maisons closes

Une condamnation confirmée, une ambition intacte

Le verdict est tombé mardi 7 juillet : Marine Le Pen a vu sa condamnation confirmée en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Au menu, une amende de 100 000 euros et une peine de prison aménagée. De quoi clore un dossier qui empoisonne la présidente du Rassemblement national depuis des années.

Sauf que la principale intéressée ne compte visiblement pas s’arrêter là. Malgré ce jugement, elle garde en tête son objectif : se présenter à la présidentielle de 2027. Une décision qui ne surprend personne, mais qui relance immédiatement les hostilités côté adversaires. Jean-Luc Mélenchon, jamais avare d’une punchline, a d’ailleurs promis sur BFMTV qu’il la « battrait, elle ou n’importe qui d’autre ».

Un climat électrique qui rappelle à quel point chaque déclaration politique, même ancienne, peut ressurgir au pire moment. C’est justement le cas de la sortie de Jean-Philippe Tanguy, qui n’a rien perdu de sa capacité à faire réagir près de sept mois après.

La comparaison qui avait fait bondir tout le monde

Retour en décembre dernier. Le député du Rassemblement national était invité sur France Info pour commenter un sondage IFOP réalisé pour le magazine ELLE. Ce dernier révélait qu’une partie non négligeable des électeurs homosexuels se disait prête à voter pour Jordan Bardella en cas de candidature à la présidentielle de 2027.

C’est là que Jean-Philippe Tanguy a lâché une phrase que personne n’attendait : « Discriminée toute sa vie à cause de son nom, Marine Le Pen a cette même blessure que les homosexuels. Elle les comprend comme Mylène Farmer ». Une comparaison directe entre la fille de Jean-Marie Le Pen et l’interprète de Désenchantée, icône assumée de la communauté LGBT depuis des décennies.

Le député n’en est pas resté là. Il a poursuivi son raisonnement, expliquant que « Marine Le Pen est sensible aux difficultés, aux injustices et aux aléas qu’elle a beaucoup subis dans sa vie ». Selon lui, sa résilience personnelle ferait écho à celle des personnes ayant vécu des discriminations, homosexuelles ou non. Une justification qui n’a pas franchement convaincu, tant l’écart entre les deux figures semblait énorme aux yeux de nombreux observateurs.

Marteau de justice et journaux sur un bureau en bois

Un silence assourdissant et des chiffres qui contredisent la théorie

Ni Marine Le Pen ni Jordan Bardella n’ont réagi publiquement à cette sortie de leur allié. Un mutisme qui en dit parfois plus long qu’un commentaire, surtout sur un sujet aussi sensible que les discriminations vécues par la communauté LGBT.

Car les chiffres, eux, racontent une tout autre histoire. En 2022, selon une enquête IFOP menée pour le magazine Têtu avant le premier tour de la présidentielle, les électeurs LGBT plébiscitaient très largement Emmanuel Macron avec 22 % des intentions de vote. Marine Le Pen n’arrivait qu’en deuxième position, loin derrière, avec seulement 17 %.

Suivaient ensuite Valérie Pécresse (15 %), Éric Zemmour (11 %) et Jean-Luc Mélenchon (10 %). Des résultats qui viennent sérieusement écorner l’idée d’une proximité naturelle entre la présidente du RN et l’électorat homosexuel, contrairement à ce que sous-entendait Jean-Philippe Tanguy quelques mois plus tard. La sortie du député ressemblait davantage à une tentative de séduction électorale qu’à un constat sociologique établi.

Cette petite phrase, née d’un sondage et d’une chaîne de télévision, illustre à merveille comment une comparaison maladroite peut voyager dans le débat public bien après sa date de péremption. À l’approche de 2027, chaque mot compte double, et celui-ci risque de continuer à faire parler.

Entre condamnation judiciaire et petites phrases qui s’accumulent, le chemin vers 2027 s’annonce mouvementé pour Marine Le Pen. Reste à savoir si ce genre de sortie l’aide vraiment, ou si elle finit toujours par se retourner contre elle.

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