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« Traquée dans son quotidien » : après la polémique du voilier, Manon Aubry engage la justice

Publié par Elodie le 02 Juil 2026 à 14:09

Une vidéo de vacances, un commentaire moqueur, et tout bascule. En quelques jours, Manon Aubry est passée d’un week-end en famille à une tempête numérique vue par des millions de personnes. Entre insultes, menaces de mort et désormais des poursuites judiciaires, l’affaire prend une tournure que personne n’avait anticipée.

Cette offre de stage publiée par la députée LFI Manon Aubry fait scandale sur les réseaux sociaux

Une vidéo de vacances qui déclenche l’incendie

Tout part d’une séquence anodine en apparence : Manon Aubry en maillot de bain, à l’avant d’un voilier, filmée pendant un moment familial. La vidéo est reprise le vendredi 26 juin par l’influenceuse Mila, connue pour avoir été elle-même la cible d’insultes et de menaces de mort après des propos islamophobes tenus en 2020.

Le commentaire qui accompagne les images fait mouche auprès du public : « Manon Aubry sur son petit voilier pendant que tout le monde galère avec la clim ». En quelques heures, la publication dépasse les 3 millions de vues, un score qui rappelle à quel point une séquence politique peut s’emballer sur les réseaux sociaux.

Ce qui n’était qu’un week-end pour fêter l’anniversaire de son père devient, du jour au lendemain, un sujet national. L’eurodéputée n’a d’ailleurs pas tardé à réagir face à cette exposition soudaine, un peu à la manière dont d’autres personnalités publiques se retrouvent parfois propulsées malgré elles au centre de l’attention.

« Une polémique lancée par Mila » : la riposte de l’eurodéputée

Manon Aubry ne laisse pas passer l’attaque. Elle dénonce publiquement « une polémique lancée par Mila et relayée par toute la fachosphère », rejetant l’idée d’un quelconque train de vie luxueux. Selon elle, cette activité nautique aurait coûté 70 euros par personne et par jour, un détail financier pensé pour désamorcer les accusations de privilèges.

« J’étais contente de pouvoir consacrer un peu de mon temps à mes proches », confie-t-elle, insistant sur le caractère strictement familial de ce moment. Un argument qui n’a pourtant pas suffi à calmer la vague de commentaires hostiles en ligne, illustrant à quel point le débat public français peut vite déraper, comme on l’a vu récemment avec d’autres personnalités piégées par la viralité numérique.

Cette affaire intervient dans un contexte politique déjà tendu, où chaque image de figure publique peut être instrumentalisée. On l’a également vu récemment avec des débats télévisés musclés, à l’image de l’échange électrique sur CNews entre Sonia Mabrouk et son invitée. Sauf qu’ici, la polémique ne s’arrête pas à un plateau télé : elle s’invite jusque dans la vie quotidienne de l’élue.

Smartphone illuminé par des notifications floues symbolisant la tempête numérique sur les réseaux sociaux

Chauffeur privé, harcèlement et plainte : la décision radicale de LFI

Face à l’ampleur du phénomène, La France Insoumise a franchi un cap. Ce mercredi 1er juillet, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon annonce avoir engagé « des démarches judiciaires » pour protéger son eurodéputée. Le communiqué est sans détour : Manon Aubry serait « littéralement traquée dans son quotidien », victime de cyberharcèlement et de menaces de mort répétées.

Plus glaçant encore, LFI révèle que ce harcèlement « s’étend désormais à ses proches, qui n’ont aucune part à la vie publique et se trouvent exposés et pris pour cible ». Une situation qui aurait poussé l’eurodéputée à recourir à un chauffeur privé pour ses déplacements à Bruxelles, mesure de précaution rarement évoquée publiquement par un élu de ce rang, à l’image des mesures de sécurité renforcées qu’on associe habituellement à des affaires judiciaires sensibles.

Le communiqué du mouvement insoumis pose une distinction claire : « On peut combattre les idées de la France Insoumise et portées par Manon Aubry : c’est le propre du débat démocratique. Mais traquer une élue jusque dans son intimité, la harceler et exposer également ses proches n’a rien à voir avec la confrontation politique ». LFI affirme se tenir « pleinement aux côtés de Manon Aubry » et espère que les auteurs de ces agissements « répondent de leurs actes devant la justice ».

D’une vidéo de vacances à une plainte pour cyberharcèlement, l’engrenage a été rapide et brutal. Reste à savoir si la justice parviendra à identifier les auteurs des menaces, et si cette affaire marquera un tournant dans la manière dont les élus se protègent en ligne. Une question demeure : jusqu’où peut aller la moquerie avant de basculer dans le harcèlement pur et simple ?

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