Verdict de Marine Le Pen : le geste avec Bardella qui trahit la nervosité du RN à Liévin
Ce mardi 7 juillet, un verdict tombe et il pourrait changer le destin politique de la France. Marine Le Pen saura enfin si elle a le droit de se présenter à la présidentielle de 2027, ou si son nom disparaît des bulletins. Entre unité affichée et angoisse à peine dissimulée, la fébrilité gagne jusqu’aux militants les plus fidèles du Rassemblement national.

Un verdict qui plane sur tout le week-end du RN
La scène s’est jouée samedi 4 juillet, à quelques jours à peine de l’échéance. À Liévin, ville du Pas-de-Calais dirigée par le RN, la traditionnelle fête champêtre du parti a pris des airs de démonstration de force. Marine Le Pen y a embrassé la joue de Jordan Bardella devant les caméras, un geste chargé de sens à moins de 72 heures de la décision des juges.
Ce simple baiser sur la joue en dit long. Il ressemble à un message adressé autant aux militants qu’à l’opinion publique : quoi qu’il arrive mardi, le parti tiendra debout. Un peu comme lorsque Macron évoquait son avenir politique après 2027, chaque mot et chaque geste des responsables politiques est désormais scruté à la loupe par les journalistes présents sur place.
Car derrière les sourires de façade, l’ambiance interne racontait une tout autre histoire. Ce climat de tension rappelle d’ailleurs à quel point les décisions judiciaires peuvent bouleverser un destin politique en quelques heures seulement, transformant une fête populaire en veillée d’armes.
Dans la tête des militants : entre espoir et résignation
Sur place, les langues se délient et l’angoisse devient palpable. « Ça approche, on est sur le bout », confie une militante présente ce jour-là. Lilianne et Patricia, elles, avouent ne plus savoir sur quel pied danser face à cette échéance. « C’est compliqué de répondre. On est inquiètes quand même, qu’elle puisse se présenter », lâche la première d’une voix hésitante.
« J’espère, parce que j’aimerais vraiment qu’elle passe », ajoute la seconde, presque en murmure. Mais derrière ces mots pesés, un constat s’impose : l’espoir d’une candidature de Marine Le Pen en 2027 s’amenuise à vue d’œil chez la base militante. Certains n’hésitent même plus à trancher publiquement.
« Ça ne passera pas », tranche un militant sans détour. « Malheureusement, je ne suis pas très optimiste », renchérit un autre, résigné. Ce pessimisme collectif contraste avec la communication officielle du parti, bien plus prudente, un peu à l’image de ces déclarations glaçantes qui circulent parfois sans confirmation officielle dans le débat public.

Le mot qui revient sans cesse : « complot »
Là où les cadres du RN ont appris à mesurer leurs mots, évitant soigneusement d’attaquer frontalement les magistrats, les militants de terrain, eux, n’ont pas ce genre de retenue. Le mot qui circule le plus souvent dans les rangs, c’est celui de « complot », brandi comme une explication toute trouvée à un verdict qui s’annonce défavorable.
« Je ne pense pas que la justice soit totalement impartiale en France, donc c’est quasiment joué bien sûr », affirme un sympathisant, convaincu que l’issue est déjà écrite. Cette défiance envers les institutions judiciaires n’est pas sans rappeler d’autres polémiques où la justice française est scrutée et parfois contestée par une partie de l’opinion.
Mais dans ce paysage anxiogène, une figure rassure : celle de Jordan Bardella. Le président du RN a manifestement conquis le cœur des militants, au point de devenir un véritable filet de sécurité psychologique pour le parti. « C’est pareil. On est une famille », assure une militante à Liévin.
« Si elle était toute seule, on aurait rien derrière. Mais heureusement qu’il est là », se réjouit une autre. Marine Le Pen l’a d’ailleurs promis : elle ne s’effacera pas, quelle que soit la décision de mardi.
Le RN mènera sa campagne présidentielle « en binôme », même si elle devait finalement passer le relais à son bras droit.
Mardi 7 juillet, un simple verdict pourrait redessiner toute la carte politique de 2027. En attendant, une chose est sûre : dans les rangs du RN, l’inquiétude a déjà pris le pas sur la certitude affichée en public. Reste à savoir si Jordan Bardella suffira à combler le vide qu’une absence de Marine Le Pen laisserait derrière elle.