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Barbara Butch : ce que Mathilde Panot reconnaît (et refuse d’admettre) sur le tract controversé

Publié par Elodie le 22 Juil 2026 à 11:04
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« Pas d'antisémitisme » : Mathilde Panot défend son parti après le tract contre Barbara Butch

Un concert interrompu, un tract qui fait polémique, et une présidente de groupe parlementaire sommée de s’expliquer. Depuis samedi dernier, l’affaire du concert avorté de Barbara Butch à Grenoble empoisonne la classe politique française. Mathilde Panot a tenté ce mercredi de calmer le jeu sur BFMTV-RMC, mais ses explications risquent bien de relancer la polémique plutôt que de l’éteindre.

Un concert interrompu qui embrase la classe politique

Samedi dernier à Grenoble, le concert de la DJ Barbara Butch a tourné court. En cause : une manifestation de militants pro-palestiniens et insoumis, venus perturber la soirée. Un tract circulait dans la foule, qualifiant l’artiste de « soutien aux génocidaires ».

Ce document, distribué par des militants insoumis isérois, a mis le feu aux poudres. Toute la classe politique s’est empressée de condamner l’initiative dès lundi, pointant du doigt La France insoumise et son rapport ambigu avec certaines franges radicales de son électorat.

L’artiste, ouvertement queer et juive, n’est pourtant pas une inconnue des polémiques. Elle avait déjà été la cible d’un « harcèlement en ligne absolument ignoble » pendant les Jeux olympiques, rappelle justement Mathilde Panot. Un épisode où LFI s’était alors positionnée en soutien de l’artiste, ce qui rend la situation actuelle d’autant plus délicate à assumer politiquement pour le parti.

Panot reconnaît un « mauvais tract » mais rejette l’accusation d’antisémitisme

Face aux caméras, Mathilde Panot a choisi une ligne de crête. Elle concède du bout des lèvres que le tract était « mauvais », un mot choisi avec soin qui évite de qualifier plus durement l’initiative de ses militants isérois.

Mais la présidente du groupe LFI à l’Assemblée refuse catégoriquement le mot qui fâche : l’antisémitisme. « Je ne serai jamais d’accord ni avec des insultes, ni avec des jets de projectiles, ni avec le cyberharcèlement d’une personnalité. Mais je ne suis pas non plus d’accord pour qu’on commence à expliquer que ce serait de l’antisémitisme », a-t-elle martelé sur le plateau de BFMTV.

Son argument : ce n’est pas la judéité de Barbara Butch qui pose problème à ses yeux, mais un engagement politique bien précis. La députée cible directement la signature par l’artiste d’une tribune de soutien à la loi Yadan, texte controversé visant selon elle à « criminaliser les voix palestiniennes ». Un point qu’elle juge central, presque plus important que le tract lui-même.

Drapeau arc-en-ciel et tract au sol lors d'un concert perturbé

Le drapeau de Tel-Aviv et le concert qui fâche vraiment

C’est là que le vrai point de crispation apparaît. Mathilde Panot n’a pas manqué de rappeler la signification précise d’un drapeau brandi durant la manifestation : celui de la Pride de Tel-Aviv, événement LGBT+ auquel Barbara Butch est justement invitée à se produire. Un détail qui, selon elle, n’a rien d’anodin dans le contexte actuel.

La députée insoumise va plus loin encore. Elle évoque un concert donné par la DJ en août 2025, à quelques kilomètres d’un conflit qu’elle qualifie sans détour de génocide, sur invitation de l’ambassade de France en Israël. Une prestation survenue, précise-t-elle, au moment même où l’ONU alertait sur une extermination du peuple palestinien par la famine.

« Il n’y a pas d’antisémitisme dans nos rangs et nous ne tolérerons jamais de l’antisémitisme dans nos rangs », a-t-elle martelé, refusant toute ambiguïté sur ce point précis. Mais elle referme aussitôt la porte à toute rétractation politique : « Nous ne nous tairons pas face au génocide du peuple palestinien », conclut-elle, fermant ainsi la parenthèse sans renier la ligne du parti.

Entre reconnaissance du dérapage et fermeté sur le fond, Mathilde Panot aura surtout démontré l’art de dire deux choses à la fois. La polémique, elle, est loin d’être refermée : reste à savoir si l’opinion publique fera la même distinction que la présidente du groupe LFI.

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