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Congé pour deuil d’un ami, Pacs entre potes : la députée Clémence Guetté veut réécrire la loi

Publié par Elodie le 28 Août 2026 à 9:27
Congé pour deuil d'un ami, Pacs entre potes : la députée Clémence Guetté veut réécrire la loi

Un meilleur ami qui meurt, et il faut retourner travailler dès le lendemain. Une belle-sœur qu’on ne voit jamais, et le droit du travail vous offre des jours de congé automatiques. Ce grand écart, la députée Clémence Guetté veut le corriger avec une proposition qui bouscule notre définition légale des liens qui comptent vraiment.

Pourquoi l’amitié n’a aujourd’hui aucun poids dans la loi française

En France, le droit du travail reconnaît des congés précis en cas de décès d’un proche. Un enfant, un conjoint, un partenaire de Pacs, un parent : la loi prévoit des jours dédiés, dont la durée varie selon le lien de parenté, précise le site du Service public.

Mais un meilleur ami, une amie de trente ans, une personne qui a compté plus que la famille ? Rien. Zéro reconnaissance légale, aucun droit automatique.

C’est ce vide que Clémence Guetté, députée LFI, entend combler. Son livre Pour une politique de l’amitié sort en librairie le 27 août aux éditions La Découverte, et elle a choisi de lancer l’offensive dès la veille, sur France Inter.

Son constat part d’un chiffre : un quart des familles françaises sont aujourd’hui monoparentales. Ajoutez l’éloignement géographique des proches, la hausse des divorces, et vous obtenez une société où l’amitié devient, selon elle, un pilier bien plus solide qu’on ne le croit — surtout dans les milieux populaires.

Un Pacs entre amis et un congé pour deuil amical : les mesures concrètes

La proposition la plus spectaculaire s’appelle le partenariat social. Dans une interview donnée à Time France, la députée le décrit comme un Pacs allégé, débarrassé de son critère de cohabitation, ouvert à deux amis qui ne vivent pas sous le même toit.

Ce dispositif créerait des obligations de solidarité matérielle entre les deux personnes engagées, notamment en cas d’endettement ou de coup dur. Un seul partenaire à la fois serait autorisé, précise-t-elle sur France Inter.

Deuxième mesure : un congé pour deuil amical. « Si votre meilleur ami décède, vous devez retourner au boulot dès le lendemain. Si c’est votre belle-sœur que vous ne voyez jamais, vous avez droit à des jours de congé », dénonce la députée, qui pointe l’incohérence du système actuel face à la réalité des liens humains.

Troisième piste : un congé parental élargi aux amis. Une femme qui choisit d’élever seule un enfant pourrait désigner un ami pour l’épauler pendant le post-partum, période souvent isolante quand la famille est absente ou éloignée.

« L’amitié est un sujet subversif » : la charge politique derrière la proposition

Derrière ces mesures concrètes se cache un projet plus large, presque idéologique. Dans une interview accordée à Libération, Clémence Guetté assume une lecture politique de l’amitié.

« Les gens au pouvoir, des libéraux, promeuvent l’individualisme et la compétition. Notre camp doit se saisir de l’amitié pour favoriser les liens collectifs », affirme-t-elle, avant de lâcher une phrase qui résume tout : « L’amitié est un sujet éminemment subversif et toujours révolutionnaire. »

Sa cible ? La survalorisation de la famille traditionnelle et du couple hétérosexuel, qu’elle juge « prônés comme institution par la droite et les réactionnaires », et « accompagnés par l’État » via le système sociofiscal et les aides sociales.

Face aux critiques attendues, la députée anticipe déjà la riposte : « On ne retire rien à personne en donnant des droits nouveaux. » Son objectif affiché n’est pas de remplacer la famille, mais d’« élargir les possibles » pour celles et ceux qui ne se retrouvent pas dans le modèle traditionnel.

Reste à savoir si ces propositions franchiront un jour les portes de l’Assemblée nationale. Une chose est sûre : en mettant l’amitié sur la table du débat parlementaire, Clémence Guetté force la France à se poser une question intime — et si nos vrais liens de famille n’étaient pas toujours ceux du sang ?

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