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« C’est trop cher » : Ségolène Royal fait exploser le prix de la primaire du PS à 15 euros

Publié par Elodie le 03 Août 2026 à 18:55
« C'est trop cher » : Ségolène Royal fait exploser le prix de la primaire du PS à 15 euros

Voter va bientôt coûter cher chez les socialistes. Alors que le Parti socialiste prépare sa primaire d’octobre pour désigner son candidat à la présidentielle de 2027, un chiffre fait grincer des dents en interne. Ségolène Royal monte au créneau et dénonce un tarif qu’elle juge tout simplement indécent.

Un tarif qui fait bondir une ancienne candidate

Tout est parti d’une information de L’Opinion, relayée en plein cœur de l’été. Selon le quotidien, les électeurs de la primaire devraient verser une participation de 15 euros à une association de financement pour pouvoir glisser leur bulletin dans l’urne.

Une somme qui n’obligerait pas à adhérer formellement au Parti socialiste ni à Place publique, précise le journal. Mais le montant a suffi à faire réagir Ségolène Royal, candidate déclarée à cette primaire, qui a dégainé son téléphone ce dimanche 2 août.

« C’est trop cher », a-t-elle tranché sur X, dans un message qui a rapidement circulé. L’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 ne cache pas son agacement face à ce qu’elle perçoit comme une dérive financière du processus démocratique interne.

Les débats sur les modalités pratiques de ce scrutin, dates et parrainages compris, sont encore en cours au sein du parti. Mais cette question du prix d’entrée cristallise déjà les tensions, à quelques semaines d’un rendez-vous crucial pour l’avenir de la gauche française.

Une hausse vertigineuse en dix ans à peine

Ce qui choque surtout Ségolène Royal, c’est l’évolution du tarif dans le temps. Elle rappelle qu’en 2011, lors de la primaire citoyenne à laquelle elle participait déjà et qui avait vu la victoire de François Hollande, les électeurs devaient débourser un simple euro.

En 2017, la contribution était passée à un euro par tour, soit deux euros au total sur l’ensemble du scrutin. Un montant symbolique, pensé pour ne jamais devenir un frein à la participation citoyenne.

« Comment justifier de passer de 2 euros, après les 20 euros de 2006, à la précédente primaire de 2016, à 15 euros cette année ? » interroge-t-elle sur le réseau social, dans un message publié le 2 août. Elle souligne un paradoxe cinglant : sur la même période, « le pouvoir d’achat a baissé ».

L’argument fait mouche. Multiplier par sept ou huit le prix d’un vote militant en pleine période d’inflation ressemble, pour beaucoup, à un mauvais signal envoyé aux classes populaires que le parti prétend représenter. Reste une question centrale, à laquelle personne n’a encore répondu clairement : combien coûtera vraiment le droit de voter en octobre prochain ?

Billet et pièces posés sur un bulletin de vote

Vers un scrutin réservé aux militants du pôle socialiste

C’est justement là que se niche le vrai basculement de cette primaire 2027. Ségolène Royal propose une solution simple : plafonner la contribution à 5 euros maximum, un montant qu’elle juge encore raisonnable.

« Vérifier une motivation en fixant une contribution symbolique oui, mais faire un barrage par un prix trop élevé risque d’affaiblir l’idée même de la bonne initiative de primaire démocratique », explique-t-elle. L’enjeu dépasse la simple question comptable : il touche à la légitimité même du scrutin.

Car contrairement aux primaires ouvertes de 2011 et 2017, accessibles à l’ensemble de la population, celle de 2027 change radicalement de nature. Début juillet, les militants socialistes ont acté qu’elle serait réservée aux « militants du Parti socialiste et des organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », ce qui inclut Place publique.

Le PS précise que « l’adhésion à ce pôle ou à ses organisations sera ouverte jusqu’au vote ». Une porte entrouverte, mais qui a déjà inquiété Olivier Faure, partisan d’une primaire ouverte aux simples sympathisants. Il dénonçait dès le départ le risque d’un vote « censitaire », sachant qu’une primo-adhésion au PS coûte déjà 20 euros, et un renouvellement annuel au moins 55 euros. Le Parti socialiste revendique environ 40 000 adhérents, contre 10 000 pour Place publique.

Quinze euros pour glisser un bulletin, contre un euro il y a quinze ans : la démocratie interne du PS a un prix, et il grimpe vite. Reste à savoir si le parti cédera à la pression de sa figure historique avant octobre, ou si ce débat tarifaire éclipsera la bataille des idées entre candidats.

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