Sylvain Durif, le « Christ cosmique » de Bugarach, se lance dans la course à l’Élysée

Chaque campagne présidentielle a ses candidatures qui sortent des sentiers battus. Celle de 2027 vient de recruter un nouveau prétendant pas comme les autres. Un vidéaste connu pour ses théories extraterrestres s’est proclamé « Christ cosmique » et candidat officiel, avant de préciser une chose surprenante sur ses alliances.
Un candidat qui ne manque pas de titres
Tard dans la soirée du dimanche 23 août, Sylvain Durif a posté une vidéo sur Instagram devant ses plus de 40 000 abonnés. Le message est court, presque banal dans sa forme. Le fond, lui, l’est beaucoup moins.
« Je suis le grand monarque, le Christ cosmique, le Messie, le roi et le pape Pierre, le président de la gouvernance pacifique planétaire et cosmique Elvita », énumère-t-il calmement, avant d’annoncer sa candidature officielle à la présidentielle de 2027. Le contraste entre le ton posé et les titres qu’il s’attribue a immédiatement fait réagir les internautes, entre moquerie et amusement.
Ce n’est pas la première fois que la politique française voit surgir des figures atypiques. Comme dans d’autres domaines, les déclarations chocs autour de 2027 se multiplient déjà, et certains outsiders cherchent à se faire une place médiatique bien avant le scrutin. Reste que Sylvain Durif joue clairement sur un registre différent, entre nostalgie collective et mysticisme assumé.
Pas d’alliance avec Francis Lalanne, mais un programme flou
Le vidéaste a tenu à clarifier un point qui intriguait ses abonnés : aucune alliance n’est prévue avec Francis Lalanne, autre candidat atypique de cette campagne, lui aussi soutenu par une figure controversée. Les deux hommes partagent pourtant un certain goût pour les postures anticonformistes.
Concernant son propre programme, Sylvain Durif reste très évasif. Il se dit « contre les frontières » et affirme que l’immigration « ce n’est pas une farce », sans jamais détailler de mesures concrètes. Une ligne politique qui tranche avec le sérieux habituel des candidatures classiques, mais qui n’est pas sans rappeler d’autres prédictions fracassantes venues de personnages hors norme.
Sa notoriété ne date pas d’hier. C’est en décembre 2012 qu’il devient une figure médiatique nationale, à l’approche d’une supposée fin du monde annoncée par certaines interprétations du calendrier maya. Le pic de Bugarach, dans l’Aude, était alors présenté par des croyants comme l’un des seuls endroits épargnés par le cataclysme.
L’obstacle des 500 parrainages, son vrai adversaire
Les théories de fin du monde ont toujours fasciné une partie du public, et Sylvain Durif en avait fait sa spécialité. Interrogé à l’époque à la télévision, il avait expliqué que le sanctuaire de Bugarach était protégé par une « activité extraterrestre secrète ». Une déclaration qui lui avait valu une exposition médiatique aussi large qu’amusée, en France comme à l’étranger.
Le mur des 500 signatures
Reste maintenant l’obstacle le plus sérieux de toute candidature marginale : réunir les 500 parrainages d’élus exigés par la Constitution pour figurer sur les bulletins de vote. Un filtre qui a déjà éliminé bien des ambitions présidentielles, aussi sincères soient-elles.
Et l’histoire personnelle de Sylvain Durif n’est pas encourageante sur ce point. En 2017, lors d’une première tentative, il n’était pas parvenu à atteindre ce quota. À titre de comparaison, Jacques Cheminade, autre habitué des candidatures hors des partis traditionnels, avait réussi à obtenir les parrainages nécessaires à deux reprises, en 1995 et en 2012.
Sylvain Durif devra donc convaincre des maires, souvent réticents à parrainer des profils jugés trop excentriques, dans un climat politique où chaque signature compte. Un défi qui semble, à ce stade, aussi ambitieux que ses titres autoproclamés.
Entre le « grand monarque » et l’urne, il reste donc un fossé constitutionnel bien réel. Reste à savoir si cette candidature ira au-delà du buzz Instagram, ou si elle rejoindra la longue liste des ambitions présidentielles restées sans suite.