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Cette taxe sur les supermarchés pourrait sauver les 34 000 derniers bistrots de France

Publié par Elodie le 02 Juin 2026 à 11:58
Cette taxe sur les supermarchés pourrait sauver les 34 000 derniers bistrots de France

Il y a un siècle, la France comptait 600 000 cafés. Aujourd’hui, il en reste à peine 34 000. Ce chiffre donne le vertige. Une sénatrice écologiste vient de poser sur la table une proposition qui fait déjà grincer des dents : surtaxer les grandes surfaces pour maintenir en vie nos derniers bistrots. Derrière l’idée, un constat glaçant sur la solitude des Français.

De 600 000 à 34 000 : comment la France a perdu ses cafés en un siècle

Le déclin est vertigineux. En cent ans, 94 % des bistrots français ont fermé leurs portes. Pas d’un coup, non. Lentement. Comme une hémorragie silencieuse que personne n’a voulu stopper. Dans leur tribune publiée dans La Tribune Dimanche, Marine Tondelier et la sénatrice Anne Souyris pointent un cocktail toxique : baisse du pouvoir d’achat, hausse des charges, recrutement impossible.

Et il y a ce symbole qui dit tout. Pour la première fois l’an dernier, le chiffre d’affaires de la restauration rapide a dépassé celui de la restauration traditionnelle. Le kebab a remplacé le zinc. Les écologistes y voient un « risque existentiel pour nos sociétés ». Pas juste un problème économique, un problème humain. Car quand les centres-villes se vident, ce sont les liens entre voisins qui se disloquent. Et le bistrot, historiquement, c’était le dernier rempart contre l’isolement.

Mais alors, qui est responsable de cette hécatombe ? La réponse d’Anne Souyris tient en deux mots.

Grandes surfaces et solitude : la sénatrice Anne Souyris désigne le coupable

Sur le plateau de RMC Story, la sénatrice écologiste a été directe : « Les grandes surfaces hors de la ville, ça a dépeuplé les centres-villes. » Son raisonnement est simple. Les hypermarchés aspirent les clients. Les commerces de proximité ferment. Les bistrots suivent. Et les villages se transforment en décors fantômes.

Mais Anne Souyris va plus loin. Beaucoup plus loin. « La solitude tue plus que le tabac et l’alcool en France », affirme-t-elle en citant des données de l’OMS. On retrouve des personnes âgées mortes seules chez elles, parfois des semaines après leur décès. Le café du coin, c’était souvent le seul endroit où quelqu’un leur adressait la parole. Le marché des seniors intéresse les entrepreneurs, mais la solitude des anciens, elle, n’intéresse personne.

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Face à ce constat, la proposition concrète de la sénatrice repose sur un mécanisme fiscal qui existe déjà. Reste à savoir si les Français accepteront de payer l’addition.

Cette taxe sur les supermarchés pourrait sauver les 34 000 derniers bistrots de France

Tascom, surtaxe et défi à Leclerc : le plan détaillé pour financer les troquets

Michel-Édouard Leclerc est nommément interpellé. Anne Souyris le « met au défi » d’accepter le dispositif. Concrètement, elle propose de relever la Tascom, la taxe sur les surfaces commerciales que les communes collectent déjà. En parallèle, une surtaxe spécifique viserait les enseignes aux « marges monumentales ».

L’argent récolté financerait directement la réouverture et le maintien de cafés dans les zones désertifiées. Certains villages fonctionnent déjà avec des bistrots tenus par la population locale. « C’est entraînant et vertueux », assure la sénatrice. Quant au risque de voir les prix grimper dans les rayons, elle balaie l’objection : « Ça ne les ruinera pas. »

Marine Tondelier et Anne Souyris appellent à une loi transpartisane. Elles veulent aussi étendre cette logique à Amazon. Leur question aux parlementaires : « Comment ne pas s’entendre sur la défense de ces troquets qui ont façonné notre identité ? » Le chantier est immense. Mais pour les deux écologistes, l’inaction n’est plus une option.

Un siècle de déclin, 34 000 survivants, et une taxe comme bouée de sauvetage. Le bistrot français joue peut-être sa dernière carte. Et vous, seriez-vous prêt à payer quelques centimes de plus en supermarché pour qu’un café rouvre en bas de chez vous ?

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