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Selon des neurologues, 95 % des Alzheimer viennent de cette erreur dans l’assiette, pas des gènes

Publié par Cassandre le 15 Août 2026 à 20:32
Personne âgée pensive devant une assiette d'aliments sains

Voir un proche perdre peu à peu la mémoire fait toujours naître la même peur : « est-ce que ça m’attend aussi ? » En France, entre 900 000 et 1,4 million de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer ou un trouble apparenté. Beaucoup se rassurent, ou s’inquiètent, en pensant que tout est écrit dans les gènes.

Sauf que plusieurs neurologues américains viennent de tordre le cou à cette idée reçue. Et ce qu’ils pointent du doigt se trouve à un endroit bien plus banal : votre assiette.

Le mythe de la fatalité génétique

Le neurologue Majid Fotuhi, auteur du livre The Invincible Brain, ne mâche pas ses mots. Interrogé par le média américain Parade, il affirme que « le déclin cognitif tardif lié à l’âge a une composante génétique très faible ». Une phrase qui bouscule des décennies d’idées reçues sur l’hérédité et le cerveau.

Il existe bien une forme précoce d’Alzheimer, liée à des mutations génétiques spécifiques. Mais elle reste rare. La forme tardive, elle, représente plus de 95 % des cas selon les spécialistes américains, et dépend surtout du mode de vie, de la santé vasculaire et des habitudes quotidiennes.

Le neurologue Doug Strobel rappelle un autre facteur trop souvent oublié : l’âge lui-même. Passé un certain seuil, le risque de démence double environ tous les cinq ans.

Avoir un parent atteint augmente le risque, sans le rendre inévitable pour autant, précise le neurologue Charalampos Tzoulis, de l’université de Bergen : « Nous pouvons influencer le risque, mais nous ne pouvons pas le contrôler totalement ».

L’Organisation mondiale de la santé va dans le même sens : dans ses lignes directrices du 15 juillet 2026, elle estime que jusqu’à 45 % du risque de démence pourrait être évité ou retardé en agissant sur l’alimentation, l’activité physique, le tabac ou l’alcool.

Ce que révèle vraiment votre assiette

Pour Doug Strobel et le neurologue Jon Stewart Hao Dy, un facteur domine tous les autres : ce que l’on mange. Trois régimes reviennent systématiquement dans leurs recommandations, le régime méditerranéen, le régime DASH et le régime MIND, ce dernier ayant été conçu spécifiquement pour réduire le risque de démence.

Une méta-analyse publiée en 2025 dans la revue Geroscience confirme le lien : le régime méditerranéen y est associé à un risque plus faible de déclin cognitif et de maladie d’Alzheimer. Un chiffre qui donne du poids à ce que répètent les neurologues depuis des années.

Ces trois régimes partagent un socle commun. Beaucoup de végétaux, peu d’aliments ultra-transformés, et une protection vasculaire maximale, essentielle face à la démence vasculaire, deuxième forme de démence la plus fréquente. Doug Strobel résume la règle en une phrase : « Il faut une alimentation à base d’aliments complets d’origine végétale si vous voulez réduire votre risque de troubles de mémoire ».

Le régime MIND combine justement les meilleurs éléments du méditerranéen et du DASH. Il mise sur les baies, les légumes verts, l’huile d’olive et les noix. Une étude menée par la chercheuse Martha Clare Morris en 2015 avait déjà montré qu’une bonne adhésion à ce modèle réduisait l’incidence de la maladie d’Alzheimer.

Assiette de myrtilles, épinards et noix sur table en bois

Le détail que peu de gens appliquent vraiment

Voilà où beaucoup de bonnes résolutions s’arrêtent : savoir qu’il faut manger des légumes verts et des baies ne suffit pas si le reste du mode de vie ne suit pas. Majid Fotuhi intègre l’alimentation dans une liste plus large de cinq piliers de la santé cérébrale, aux côtés du sommeil, de l’exercice, d’un état d’esprit positif et de l’entraînement cognitif.

Il insiste tout particulièrement sur l’activité physique, qu’il compare à une véritable source de jouvence pour le cerveau : « L’exercice est la pierre angulaire de la vitalité cérébrale ». Une étude publiée en 2011 dans la revue PNAS avait montré qu’un programme d’aérobic augmentait le volume de l’hippocampe et améliorait la mémoire, effet confirmé depuis par de nombreux travaux.

Des recherches plus récentes, parues en 2025 dans Nature Medicine, ont établi qu’un minimum d’environ 5 000 pas par jour était lié à des niveaux plus bas de protéine amyloïde dans le cerveau, cette protéine directement impliquée dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

Reste un message que tous les neurologues cités partagent, presque mot pour mot : aucun aliment miracle, aucun gène unique, ne décide seul de notre avenir cognitif. C’est bien l’accumulation d’habitudes, jour après jour, qui fait la différence sur le long terme.

La génétique charge le fusil, mais ce sont nos habitudes qui appuient sur la gâchette, ou pas. Et si la vraie prévention commençait tout simplement à la prochaine course au supermarché ?

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