Elle avalait ce complément à 6 € vendu en ligne chaque jour : son foie a lâché, son cerveau ne s’en remettra jamais

Elle se pensait « en pleine forme ». C’était même son moteur pour vendre le produit à ses abonnés, sur les réseaux sociaux. Un an plus tard, sa fille de 19 ans la retrouve inconsciente sur le canapé du salon, incapable de la reconnaître. Ce que les médecins découvrent ensuite dépasse tout ce que cette famille anglaise imaginait.
Un complément banal, pris comme un café du matin
Lois Kinder, 44 ans, mère de deux enfants originaire du Cheshire, au Royaume-Uni, prenait chaque jour deux gummies à base d’ashwagandha, une plante ayurvédique très en vogue sur les réseaux sociaux. Vendue à peine 6 dollars en ligne ou en parapharmacie, elle est présentée comme un allié détente, notamment auprès des femmes en périménopause pour améliorer le sommeil et l’humeur.
Lois travaillait comme affiliée sur les réseaux sociaux, chargée de faire découvrir ces produits à sa communauté. Son mari Ollie, 44 ans lui aussi, raconte qu’elle recevait un flux quasi ininterrompu d’échantillons à tester puis à revendre. « Il n’y avait jamais de fin », confie-t-il, décrivant une routine bien installée depuis juillet 2025. Ce petit rituel du matin, en apparence anodin, allait pourtant tout faire basculer.
Le foie qui lâche, et une course contre la montre
Début juillet, Lois consulte son médecin, persuadée d’avoir attrapé un simple virus gastrique. Ses yeux et sa peau jaunissent, signe classique d’un ictère. Le praticien n’est « pas particulièrement inquiet » et prescrit une prise de sang et une échographie hépatique, selon le récit de son mari. Trois jours plus tard, le 13 juillet, sa fille Imogen la découvre inanimée sur le canapé, incapable de réveiller son frère de 15 ans pour l’école.
Les secours parviennent à la réveiller, mais elle est confuse et ne reconnaît plus ses propres enfants. Transportée en urgence à l’hôpital de Warrington, les examens révèlent une insuffisance hépatique aiguë.
Elle est placée dans un coma artificiel puis transférée à l’unité spécialisée de soins intensifs hépatiques du Queen Elizabeth Hospital de Birmingham, l’un des rares centres britanniques capables de réaliser des greffes en extrême urgence.
Selon les médecins cités par son mari, il n’existerait à ce jour qu’une soixantaine de cas documentés d’insuffisance hépatique liée à une prise prolongée d’ashwagandha.

Une greffe réussie, mais un réveil terrible
Le foie de Lois est classé en urgence absolue sur la liste des greffes. Plusieurs organes proposés se révèlent inadaptés, jusqu’à ce qu’un donneur compatible soit enfin trouvé le 22 juillet. L’opération semble d’abord réussir. Mais pendant l’intervention, Lois fait trois arrêts cardiaques provoqués par un caillot bloquant l’artère pulmonaire, privant son cerveau d’oxygène pendant une durée prolongée.
Ollie est alors prévenu qu’elle pourrait ne pas survivre. Contre toute attente, elle sort du coma un mois plus tard, le 13 août. « Les médecins la pensaient en état de mort cérébrale et avaient mis en place une décision de ne pas réanimer. Par miracle, elle s’est réveillée », raconte son mari. Un neurologue à la retraite a même été appelé en renfort pour comprendre comment elle a pu rouvrir les yeux, sans trouver d’explication.
Lois reconnaît désormais ses proches, prononce quelques mots et parvient à bouger un doigt ou un orteil. Mais les séquelles neurologiques restent lourdes : elle suit une rééducation intensive quotidienne et son avenir demeure incertain. « Nous ne savons pas si elle remarchera un jour », confie Ollie, qui lui rend visite chaque jour à l’hôpital.
L’équipe médicale prévoit de publier son cas dans une revue scientifique tant sa complexité est jugée exceptionnelle. La famille, menacée d’expulsion de son logement locatif, a lancé une cagnotte pour adapter un futur domicile aux besoins de Lois. Ollie a partagé son histoire sur X pour alerter le plus grand nombre.
Un complément à 6 dollars, présenté comme un simple geste de bien-être, a suffi à faire basculer toute une vie. L’histoire de Lois Kinder rappelle une évidence trop souvent oubliée : « naturel » ne veut jamais dire « sans risque ». À vous de vous méfier de ce que vous glissez chaque matin dans votre café.