À 13 ans, il fait un AVC et 19 mini-AVC après une chute sur un trampoline

Une chute anodine sur un trampoline. Une semaine plus tard, un ado de 13 ans est retrouvé tremblant sur le sol de sa salle de bain, le visage affaissé d’un côté. Personne ne pouvait imaginer ce qui allait suivre.
Ruben Shears, aujourd’hui âgé de 14 ans, a survécu à un AVC majeur et 19 mini-attaques cérébrales. Son histoire, racontée par ses parents Andy et Chantal, ressemble à un miracle médical.
Une chute qui semblait sans gravité
Le 4 juin 2025, Ruben tombe mal sur un trampoline et se fait mal au cou. Rien d’alarmant sur le moment, juste une douleur passagère.
La semaine suivante, il semble s’évanouir pendant un cross en course à pied. Personne ne fait encore le lien. Il reste chez lui quelques jours, fatigué, avec des maux de tête et des sensations de vertige.
Puis tout bascule. En rentrant d’une promenade avec leur chien, Andy et Chantal retrouvent leur fils semi-conscient sur le sol de la salle de bain.
Le diagnostic qui change tout
Ruben tremble, le côté gauche de son visage s’affaisse. Il ne peut plus bouger la partie gauche de son corps et parle de façon pâteuse. Ses parents appellent immédiatement une ambulance.
Andy pense d’abord à une méningite, à cause des maux de tête et des évanouissements. Direction l’hôpital Royal Cornwall de Truro, où un scanner révèle la vérité : Ruben vient de faire un véritable AVC.
Les médecins identifient une déchirure dans une artère carotide, celle qui irrigue le cerveau. Cette déchirure, provoquée par un choc violent, a créé un caillot de sang. Le lien avec la chute sur le trampoline devient évident.
Neuf mini-AVC en deux heures
La situation s’aggrave à une vitesse effrayante. En seulement deux heures, Ruben subit neuf mini-attaques cérébrales, appelées AIT (accidents ischémiques transitoires).
Ces mini-AVC surviennent quand des fragments du caillot principal se détachent et migrent vers le cerveau. L’adolescent est transféré en urgence vers l’hôpital de Southmead, à Bristol, réputé pour ses soins spécialisés.
On lui administre des anticoagulants et des médicaments pour la tension. Mais deux jours plus tard, dix nouvelles mini-attaques surviennent. Les médecins n’ont plus le choix.

Une opération de quatre heures et demie
Un scanner montre que le vaisseau sanguin reliant les deux hémisphères du cerveau de Ruben commence à défaillir. Une partie de son cerveau est déjà endommagée.
Les chirurgiens réalisent une thrombectomie : une caméra et de minuscules outils sont insérés par l’artère fémorale, dans la cuisse, puis remontés jusqu’au cou. Objectif : retirer les caillots et poser un stent de cinq centimètres pour renforcer l’artère abîmée.
Le caillot principal mesure 2,5 centimètres. Sept fragments se détachent pendant l’opération, dont un devra être extrait directement du cerveau.
Le miracle que les médecins n’expliquent pas
À son réveil, Ruben ne peut plus rien bouger du côté gauche. Ses parents craignent le pire. « Nous étions dévastés, c’était horrible », confie Andy.
Deux jours plus tard, en pleine nuit, Andy sent la main gauche de son fils serrer la sienne. « C’était un moment tellement émouvant », se souvient-il.
Les médecins expliquent qu’un petit vaisseau sanguin alimentait le côté droit du cerveau depuis le côté gauche, maintenant Ruben en vie malgré la gravité de l’AVC. « Ils ont dit que c’était un miracle », rapporte Andy.
Un phénomène rare, mais pas inconnu chez les sportifs
Environ 400 enfants sont diagnostiqués avec un AVC chaque année au Royaume-Uni, selon la Stroke Association. Un chiffre qui reste largement méconnu du grand public.
La dissection artérielle carotidienne, à l’origine du cas de Ruben, peut être provoquée par un choc violent lors d’un sport intensif, ou par une faiblesse de la paroi artérielle. « C’est une blessure étrange, apparemment très fréquente chez les golfeurs », s’étonne Andy.
Maux de tête, douleurs au cou, sensations de vertige : ce sont les signaux d’alerte à ne jamais négliger, surtout après un choc physique.
Cinq semaines de rééducation et une renaissance
Ruben passe cinq semaines à l’hôpital pour enfants de Bristol, à réapprendre les gestes les plus simples : bouger, marcher, parler.
Il rentre enfin chez lui, entouré de ses trois frères, Jacob (11 ans), Toby (12 ans) et Seb (17 ans). Sa mobilité est totalement revenue, même s’il se fatigue vite et ne peut plus pratiquer le sport aussi intensément qu’avant.
Andy garde un mélange de gratitude et de culpabilité. « Je me suis toujours dit qu’en le poussant vers le sport, je faisais bien. On ne sait jamais ce qui peut arriver », confie-t-il.
« C’est incroyable qu’il ait autant récupéré. On a une foi solide en tant que famille, et on a prié ensemble tout au long de cette épreuve. Ça nous a vraiment aidés à tenir », conclut Andy, encore bouleversé par ce qu’a traversé son fils.