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Dans ce village sarde, 14 % des femmes qui atteignent 70 ans deviennent centenaires

Publié par Cassandre Jolivet le 10 Oct 2026 à 12:18
Ruelle pavée d'un village de montagne sarde au soleil

Vivre jusqu’à 100 ans en bonne santé, c’est le rêve de beaucoup d’entre nous. Et si la recette se cachait dans un village de montagne, au milieu de la Sardaigne ? Des chercheurs ont mesuré la longévité des habitantes de Bolotana, et ce qu’ils avancent tient moins à une pilule qu’à un quotidien que chacun peut regarder en face.

Bolotana, un village de montagne qui pourrait rejoindre les zones bleues

Les « zones bleues » sont des régions du globe où l’espérance de vie dépasse très nettement la moyenne. Villes, campagnes, villages, ports ou montagnes : on y a bien plus de chances qu’ailleurs d’atteindre 100 ans en bonne santé.

La Sardaigne fait partie de ces territoires privilégiés. Mais cette fois, les regards se tournent vers un village précis, Bolotana, installé en plein centre de l’île, dans les montagnes.

Deux équipes se sont associées pour l’étudier : des chercheurs de la University of Sassari, en Italie, et de la University of Alabama at Birmingham, aux États-Unis. Leurs travaux ont été publiés dans la revue spécialisée Frontiers in Aging.

Bolotana se situe à environ une centaine de kilomètres de la province de Nuoro, la première zone bleue identifiée en Sardaigne. Le village n’appartient donc pas au périmètre historique. D’après l’étude, il pourrait pourtant bien finir par rejoindre la liste.

Les scientifiques se concentrent sur les femmes du village, et c’est chez elles que le phénomène saute aux yeux. On cherche depuis longtemps ce que les centenaires ont en commun, jusque dans leur assiette, comme avec cet aliment à 2 € que consomment régulièrement de nombreux centenaires. À Bolotana, la piste mise en avant n’a rien d’un aliment miracle.

Avant d’y venir, il faut regarder le chiffre qui a fait réagir les chercheurs. Car il est plus précis, et plus surprenant, qu’il n’en a l’air.

14 %, trois fois plus : ce que racontent vraiment les chiffres

Voici le point de départ. D’après les chercheurs, environ 14 % des femmes qui vivent à Bolotana et atteignent l’âge de 70 ans parviennent ensuite à franchir le cap des 100 ans.

Attention à la nuance : il ne s’agit pas de 14 % de toutes les habitantes. Le calcul porte sur celles qui ont déjà passé la barre des 70 ans, ce qui change la lecture.

Les scientifiques résument eux-mêmes l’écart par une formule nette : « L’espérance de vie des femmes à Bolotana est 3 fois supérieure à celle des femmes occidentales ». Trois fois. De quoi donner envie de comprendre.

À 70 ans, beaucoup se disent qu’il faut lever le pied. Ici, la perspective semble toute autre. Et on peut se demander ce que l’on garde à cet âge, comme dans cet article sur ces gestes simples qui feraient rajeunir le cerveau de 8 ans.

Reste la grande question : comment expliquer une telle longévité ? Les chercheurs ne répondent pas d’abord par un régime, ni par un secret de famille. Ils regardent la façon dont ces femmes vivent au quotidien, les unes avec les autres.

Leur explication : « elles vivent ensemble, elles cuisinent ensemble, elles discutent beaucoup et entretiennent des relations sincères et profondes ». Et les scientifiques ajoutent un constat qui compte : elles ne souffrent pas de déclin cognitif.

Autrement dit, le premier facteur cité est le lien social. Un village où l’on cuisine à plusieurs et où l’on parle beaucoup, au sens fort du terme. Mais ce n’est pas la seule piste, et la suivante se mesure en kilomètres.

Femmes âgées cuisinant ensemble autour d'une table rustique

Jusqu’à 20 km par jour : l’autre moitié de l’équation

Si l’on cherche un point commun avec les conseils de longévité qu’on lit partout, il est là : le mouvement qui rallonge l’espérance de vie ne se joue pas forcément en salle de sport. À Bolotana, il se joue sur les chemins.

Les chercheurs précisent en effet que les femmes du village marchent énormément, jusqu’à 20 km par jour. Vingt kilomètres, c’est plus que ce que beaucoup de gens parcourent en une semaine.

Il y a ensuite le décor. Bolotana est un village entouré de nature, ce qui, selon les scientifiques, « a forcément un impact ». Les facteurs environnementaux pourraient donc eux aussi jouer un rôle.

Notez le conditionnel : les chercheurs parlent de facteurs qui « pourraient » compter. Il s’agit de pistes sérieuses plutôt que d’une preuve unique, et c’est tout l’intérêt du tableau d’ensemble.

Le payoff est là, et il est presque banal. Ni élixir, ni technologie : des femmes qui cuisinent ensemble, discutent sans cesse, marchent des heures et vivent au milieu des arbres et des montagnes. Chaque ingrédient est modeste, mais c’est leur réunion, jour après jour, qui frappe les chercheurs.

Le cerveau semble en profiter aussi. L’absence de déclin cognitif relevée chez ces femmes s’accorde avec ce mode de vie très actif et très entouré. Reste à savoir ce que cette découverte peut changer pour le village, et pour nous.

Ce que Bolotana pourrait changer pour les zones bleues

Le village n’a pas, à ce stade, le statut officiel de zone bleue. L’étude dit seulement qu’il pourrait devenir une nouvelle zone bleue. C’est une hypothèse portée par des chercheurs, pas une décision actée.

Ce qui rend le cas intéressant, c’est qu’il se situe à une centaine de kilomètres de la province de Nuoro. Une même île, plusieurs poches de longévité : les scientifiques y voient de quoi continuer à creuser les points communs entre ces territoires.

Pour le reste, la source ne donne ni réaction officielle ni calendrier de suite. Il faudra donc surveiller les prochaines publications dans Frontiers in Aging pour savoir si d’autres équipes confirment ces observations.

En attendant, la leçon vaut surtout comme invitation à l’inspiration. Les routines comptent, par exemple celles que décrit cet homme qui mange les mêmes repas depuis 22 ans, même si Bolotana mise plutôt sur la compagnie que sur l’assiette.

Reste l’idée de l’âge qui ne se lit pas toujours sur le visage. C’est ce que montre à sa manière cet homme qui vient de fêter ses 60 ans alors qu’on lui en donne vingt.

De quoi nourrir de nouvelles bonnes résolutions : marcher un peu plus, cuisiner à plusieurs, prendre le temps de parler vraiment. Pas besoin de déménager en Sardaigne pour s’y essayer.

À Bolotana, la longévité ressemble moins à un secret qu’à une habitude : marcher, cuisiner, parler, recommencer. Et si le bleu cachait encore d’autres mystères, cette piscine bleue restée intacte au milieu d’un incendie a de quoi vous faire douter de tout ce que vous croyiez savoir.

Et pour changer complètement de décor, ces trois animaux hybrides parmi les plus rares de la planète vous réservent une surprise de taille.

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