Selon une étude sur 980 000 personnes, boire son café de cette facon triple le risque de ce cancer

Tu attends que ton café refroidisse un peu avant de le boire, ou tu l’avales encore fumant ? Cette habitude, en apparence anodine, concerne des millions de Français chaque matin. Une étude d’ampleur inédite vient de mettre en lumière un lien troublant entre la température de nos boissons préférées et un cancer précis, celui de l’œsophage.
Une étude massive sur les habitudes de consommation
Chaque jour, environ 3 milliards de tasses de café sont consommées dans le monde. Beaucoup de buveurs jurent que la boisson n’est vraiment bonne que fumante, presque brûlante. C’est justement cette habitude que des chercheurs britanniques ont voulu étudier de près, en s’appuyant sur un échantillon rarement atteint dans ce type de recherche.
Publiée dans l’International Journal of Cancer, l’étude a suivi près de 980 000 adultes d’âge moyen au Royaume-Uni. On est loin des découvertes scientifiques ponctuelles qui font parler une semaine puis disparaissent : ici, le protocole repose sur un suivi de terrain à très grande échelle.
Les participants ont répondu à des questions précises sur leurs habitudes : buvaient-ils leur café ou leur thé très chaud, chaud, ou simplement tiède ? Combien de tasses par jour, plus ou moins de six ? Ces détails, en apparence anecdotiques, allaient s’avérer déterminants. D’ailleurs, comme pour d’autres petites curiosités du quotidien, c’est souvent dans les détails les plus banals que se cache l’essentiel.
Le risque grimpe jusqu’à trois fois plus
Après un suivi de 11 à 14 ans, les chercheurs ont recensé 2 348 cas de cancer de l’œsophage. Le type visé : le carcinome épidermoïde œsophagien, la forme la plus fréquente de ce cancer.
Les chiffres révélés sont sans appel. Les buveurs de boissons chaudes présentent un risque deux fois plus élevé que ceux qui préfèrent leur tasse tiède. Et pour les amateurs de breuvages très chauds, le risque grimpe à plus de trois fois supérieur. Un écart qui interroge forcément sur nos habitudes matinales, un peu comme certaines études récentes sur l’alimentation quotidienne qui bousculent nos réflexes.
Autre donnée frappante : boire six tasses ou plus par jour est associé à une hausse de 71 % du risque de ce cancer spécifique, indépendamment même de la température. Or près de la moitié des participants ont déclaré consommer au moins six boissons chaudes quotidiennement, et 15 % ont avoué les préférer très chaudes. Un comportement largement répandu, loin d’être marginal.

Ce que dit vraiment la chercheuse principale
Keren Papier, épidémiologiste en nutrition à Oxford Population Health et autrice principale de l’étude, a livré une déclaration mesurée mais sans ambiguïté à CNN. Selon elle, il s’agit de « la plus grande étude à ce jour », qui « ajoute vraiment aux preuves » que les boissons très chaudes et chaudes pourraient augmenter le risque de ce cancer précis.
Le message n’est pas d’arrêter le café, mais de repenser la façon dont on le boit. Laisser refroidir sa tasse quelques minutes avant de la porter à ses lèvres pourrait suffire à limiter l’exposition répétée de l’œsophage à des températures extrêmes. Un geste simple, presque invisible dans le quotidien, mais qui pèse sur le long terme selon les données recueillies.
Cette recherche s’ajoute à un ensemble d’études qui pointent depuis des années la température des liquides ingérés comme facteur de risque, sans toutefois remettre en cause le café ou le thé en tant que tels. La nuance est essentielle : ce n’est pas la boisson qui pose problème, mais la chaleur à laquelle on la consomme. De quoi, peut-être, laisser sa tasse tiédir un peu plus longtemps avant la première gorgée.
Trois fois plus de risque pour trois minutes d’attente économisées : le calcul mérite réflexion. Et toi, tu bois ton café brûlant ou tu laisses tiédir ?