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38 °C en chambre, bébés en hyperthermie : le calvaire caché de la maternité de Mantes-la-Jolie

Publié par Cassandre le 04 Juil 2026 à 9:07
Chambre de maternité surchauffée avec store cassé

Une naissance devrait rester un souvenir lumineux. Pour Marie et Alexandre, elle restera associée à des nuits à 35°C et à la fièvre de leur fille née quelques heures plus tôt. À la maternité de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, la canicule de juin 2026 a transformé les chambres en étuves. Nourrissons en hyperthermie, eau contaminée, plateaux-repas jetés : le récit des soignants et des familles est accablant.

Une maternité prise au piège par la chaleur

Mardi 23 juin 2026, Marie donne naissance à son premier enfant par césarienne. Rien ne laissait présager le calvaire qui allait suivre en chambre individuelle. Alexandre, son mari, se souvient d’une pièce où le soleil tapait directement sur la vitre, même stores fermés.

Pendant quatre jours, le thermomètre n’est jamais redescendu sous les 30°C. La direction de l’hôpital a fini par autoriser les parents à apporter leur propre climatiseur, faute de pouvoir garantir une température correcte. Un aveu d’impuissance qui rappelle d’autres épisodes où la canicule met les infrastructures à genoux.

Virginie, auxiliaire puéricultrice et déléguée syndicale FA-FPH, confirme l’ampleur du problème : des pics à 35°C ont été relevés dans la nurserie centrale, et trois malaises ont touché des patientes en quelques jours seulement. Une situation qui n’est pas sans rappeler d’autres drames liés aux températures extrêmes chez les plus jeunes, où chaque degré supplémentaire compte.

Un nourrisson à 38°C de fièvre, la peur au ventre

La deuxième nuit reste gravée dans la mémoire du couple. La chambre affichait 35°C lorsque le couple a remarqué que leur fille, née quelques heures plus tôt, n’allait pas bien. Sa température a grimpé jusqu’à 38°C de fièvre.

Virginie se souvient parfaitement de cette petite patiente en hyperthermie. Le pédiatre, appelé en urgence, a confirmé que la fièvre était directement liée à la chaleur ambiante. Il a fallu sortir le bébé de la chambre et lui donner des bains pour faire redescendre sa température.

« On a eu peur », résume la soignante. Un épisode qui aurait pu s’aggraver sans l’intervention rapide de l’équipe médicale, dans un service où les stores cassés et les fenêtres non climatisées laissaient peu de marge de manœuvre face à un thermomètre qui refusait de baisser.

Face à cette impréparation, certains soignants dénoncent un manque d’anticipation criant, un peu comme lorsque les prévisions météo ne suffisent pas à déclencher les bons réflexes. La vague de chaleur était pourtant annoncée plusieurs jours à l’avance, sans surprise possible pour la direction de l’établissement, ce qui alimente aujourd’hui les questions sur la préparation des services publics face aux épisodes extrêmes.

Mère épuisée par la chaleur en maternité

Eau contaminée, repas jetés : la débrouille comme seul rempart

Le calvaire des familles ne s’est pas arrêté à la chaleur des chambres. La chaîne du froid ayant été rompue, les cuisines n’ont plus pu servir les plateaux-repas dans de bonnes conditions. Les bouteilles d’eau distribuées arrivaient chaudes, et les fontaines de l’étage laissaient s’écouler une eau jaune ou blanchâtre.

Marie, qui allaite son bébé, a bu cette eau avant qu’on ne lui révèle qu’elle était contaminée. Un détail glaçant pour une jeune mère qui pensait simplement s’hydrater dans des conditions normales, alors que 78 actu recueillait ce témoignage accablant auprès du couple.

Virginie confirme : les plateaux-repas, contrôlés à leur arrivée en chambre, affichaient une température non conforme. Il a fallu tout jeter et distribuer à la place des purées froides. Dans l’office des intendantes hôtelières, un frigo a littéralement rendu l’âme tellement il faisait chaud, la température y frôlant les 40°C avec les fours en chauffe.

Pour limiter la casse, les équipes ont improvisé : draps mouillés sur les fenêtres, couvertures de survie, stores fermés quand ils fonctionnaient encore. Séverine, du syndicat FA-FPH, résume l’amertume ambiante : le personnel manque de tout, et la direction répond par un manque de moyens. La direction du GHT Yvelines Nord évoque de son côté « des mesures de rafraîchissement » et l’intégration de la méthodologie Rétex pour préparer la rentrée de septembre.

Aucun signe de gravité ni séquelle n’a été relevé chez les nourrissons concernés, selon la direction. Mais pour les soignants comme pour les familles, cette semaine restera le symbole d’un système pris de court par une chaleur pourtant annoncée à l’avance. La prochaine vague, elle, ne préviendra pas deux fois.

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