Son cœur s’arrêtait à chaque repas : cette maladie ultra-rare ne touche que 150 personnes au monde

Imaginez avoir peur de chaque bouchée. Peur que votre cœur s’arrête, là, au milieu du dîner, devant vos enfants. Pour Sarah Hall, mère de famille britannique de 50 ans, ce cauchemar a duré des années. Son diagnostic ? Une maladie si rare que moins de 150 cas ont été recensés dans le monde. Mais une procédure révolutionnaire a tout changé.
12 pauses cardiaques en 24 heures : le quotidien terrifiant de Sarah Hall
Tout a commencé de manière insidieuse. Vers 39 ans, Sarah, sage-femme dans un hôpital du Hertfordshire, enchaîne évanouissements et vomissements sans explication. Elle met ça sur le compte de la périménopause, de l’hypoglycémie, du rythme effréné de ses gardes. Classique. Sauf que les symptômes empirent.
À 48 ans, manger ou boire déclenche vertiges, voile noir et pertes de conscience. Un jour, un épisode survient devant ses deux enfants, âgés de 12 ans à peine, pendant un déjeuner familial. C’est le déclic. Un moniteur cardiaque révèle l’impensable : son cœur s’est mis en pause 12 fois en une seule journée. Le diagnostic tombe : syncope cardioinhibitoire de déglutition. En clair, chaque fois que Sarah avale, son nerf vague surréagit et ordonne à son cœur de ralentir drastiquement — voire de s’arrêter pendant près d’une minute.
Syncope cardioinhibitoire : quand le nerf vague devient l’ennemi
Le nerf vague, c’est un peu le chef d’orchestre silencieux de notre corps. Il régule le rythme cardiaque, la digestion, la pression artérielle. Chez la plupart des gens, il fait son travail sans qu’on y pense. Chez Sarah, la simple déglutition déclenchait un signal aberrant, comme un court-circuit entre l’œsophage et le cœur.
Les repas en famille devenaient des situations de crise. Son mari devait s’asseoir à côté d’elle à chaque dîner, prêt à intervenir. Sarah a arrêté de conduire, cessé de travailler pendant plusieurs mois, et redoutait chaque nouvelle journée. Sortir au restaurant ? Impensable. Elle vivait avec cette pensée glaçante : « Et si mon cœur ne redémarrait pas cette fois ? » Les traitements conventionnels échouaient les uns après les autres. Un pacemaker était envisageable, mais à 50 ans, l’implanter signifiait des décennies de maintenance et de complications potentielles.
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L’ablation cardioneural : la procédure pionnière qui a tout changé
Les avancées médicales offrent parfois des secondes chances inespérées. Sarah a intégré un essai clinique à l’hôpital Hammersmith de Londres, soutenu par la British Heart Foundation et l’Imperial College London. La procédure s’appelle ablation cardioneural (CNA). Le principe : des cathéters insérés via l’aine remontent jusqu’au cœur, cartographient l’activité nerveuse, puis détruisent par la chaleur les cellules responsables du dysfonctionnement.
Les résultats de l’essai sont spectaculaires. Les participants sont passés en moyenne de 19 évanouissements par an à environ un seul. Certains patients faisaient jusqu’à 100 syncopes annuelles avant le traitement. Depuis son ablation en 2024, Sarah n’a plus eu un seul malaise. Pas un. « Je peux aller dîner dehors, profiter de la nourriture, dire oui aux invitations sans terreur », confie-t-elle. Le Dr Mohamed Zuhair, chercheur à l’Imperial College, espère que la CNA sera adoptée par davantage de cliniciens pour éviter le recours systématique au pacemaker.
Une bouchée de pain qui arrête un cœur. Une procédure qui le relance pour de bon. L’histoire de Sarah rappelle que certaines maladies invisibles détruisent des vies entières avant même d’être nommées. Et vous, connaissez-vous vraiment tous les signaux que votre corps vous envoie à table ?