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« Je pensais m’être froissé un muscle » : ce comédien britannique avait en fait un cancer rare qui touche 1 personne sur 800 000

Publié par Killian le 24 Mai 2026 à 10:46
« Je pensais m'être froissé un muscle » : ce comédien britannique avait en fait un cancer rare qui touche 1 personne sur 800 000

Un entraînement banal sur un vélo d’appartement. Une douleur dans la jambe gauche. Et puis l’engrenage. En juin 2023, le comédien britannique Matt Forde pensait avoir un simple claquage. Trois mois plus tard, on lui annonçait un cancer osseux si rare qu’il ne frappe que 8 personnes sur un million. Voici comment une gêne banale a failli lui coûter la vie — et les signaux d’alerte que personne ne devrait ignorer.

Matt Forde, 40 ans : quand une « sciatique » cache une tumeur spinale

Tout commence par une sensation familière. Après sa séance de vélo, Matt Forde ressent une douleur vive dans la jambe gauche. Le diagnostic initial ? Un ischio-jambier froissé. Puis on évoque une sciatique, cette brûlure nerveuse qui irradie le long du dos et de la cuisse. Son médecin traitant penche pour un disque déplacé lié au surmenage physique et lui prescrit un cocktail de codéine et de diazépam.

Sous médicaments, l’humoriste de 43 ans, originaire de Nottingham, monte quand même sur scène au Festival d’Édimbourg. L’adrénaline des planches agit comme un antidouleur naturel. Mais dès qu’il quitte la scène, la souffrance revient, plus intense à chaque fois. Les sueurs froides, l’impossibilité de bouger d’un millimètre, une douleur nerveuse totalement paralysante — rien à voir avec un banal symptôme qu’on laisse passer. Sauf que pendant des semaines, c’est exactement ce qui s’est passé.

La douleur est passée du stade « muscle tiré » à une brûlure permanente qui l’empêchait de dormir. C’est là que les médecins ont décidé de creuser davantage.

Le chordome : ce cancer osseux rare que même les médecins mettent du temps à identifier

Après des semaines d’examens, l’IRM révèle une tumeur spinale. Le verdict tombe : chordome, un cancer rare des os qui se développe à partir de résidus embryonnaires le long de la colonne vertébrale ou à la base du crâne. Au Royaume-Uni, cette pathologie ne concerne qu’une personne sur 800 000. Elle touche le plus souvent des patients dans la cinquantaine ou la soixantaine, mais Forde n’avait que 40 ans — et venait de se marier trois mois plus tôt.

Les symptômes varient selon la localisation de la tumeur. À la base du crâne, on observe des maux de tête, des douleurs cervicales et une vision trouble. Sur la colonne vertébrale, comme chez Forde, c’est le dos, la faiblesse musculaire dans les membres et parfois des troubles intestinaux ou urinaires. Le problème, c’est que ces signaux ressemblent à des maux du quotidien que l’on néglige facilement.

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Les spécialistes précisent que la plupart des chordomes ne sont pas mortels, mais peuvent engendrer des douleurs chroniques durables. Son oncologue estime que la tumeur grandissait silencieusement depuis près de cinq ans. Une bombe à retardement invisible.

Microphone seul sur une scène de spectacle éclairée

13 heures de chirurgie, une poche de stomie… et des symptômes anciens qui ont mystérieusement disparu

Encaisser en silence, Matt Forde connaît. Mais face au chordome, la seule option était une opération de 13 heures au Royal National Orthopaedic Hospital. Au réveil : une poche de colostomie, une stomie permanente et des douleurs nerveuses résiduelles qui l’obligent à prendre de la gabapentine chaque jour. Il ne peut plus marcher sur un sol dur.

Le plus étrange ? Certains maux anciens ont tout simplement disparu. L’eczéma sévère qui l’obligeait à bander ses mains depuis l’enfance s’est « complètement transformé ». Ses gueules de bois disproportionnées — des vomissements après deux bières seulement — ont cessé. Comme si le chordome alimentait discrètement ces troubles depuis des années.

Aujourd’hui, Forde prépare son retour au Festival d’Édimbourg avec un nouveau spectacle. Il dit regarder les arbres, les oiseaux, l’herbe avec des yeux neufs. « Quelle expérience incroyable d’avoir vécu sur cette planète », confie-t-il. Un homme transformé, lucide, et surtout — vivant.

Une douleur qui traîne, un diagnostic qui tarde, un cancer silencieux pendant cinq ans : l’histoire de Matt Forde rappelle qu’un corps qui insiste mérite qu’on l’écoute. Et vous, cette gêne que vous mettez sur le compte de la fatigue depuis des mois… vous en avez parlé à quelqu’un ?

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