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Covid : les passages aux urgences bondissent de 67% en une semaine, faut-il vraiment s’inquiéter ?

Publié par Cassandre le 26 Sep 2026 à 17:27
Patient inquiet dans une salle d'attente d'urgences

Depuis la rentrée, quelque chose bouge dans les salles d’attente. Les passages aux urgences pour suspicion de Covid grimpent, les eaux usées d’Île-de-France affichent des niveaux qu’on n’avait plus vus depuis un an. De quoi raviver un vieux réflexe : ressortir le masque et les autotests. Mais les médecins interrogés livrent une lecture bien plus nuancée de ces chiffres.

Une flambée qui remplit les salles d’attente

Le constat vient de Santé publique France, dans son point de situation hebdomadaire publié ce mercredi 23 septembre. Sur la seule semaine du 14 au 20 septembre, les passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 ont grimpé de 16% chez les enfants et de 67% chez les adultes, comparé à la semaine précédente.

Ce n’est pas un chiffre isolé. Le réseau SOS Médecins observe la même dynamique, avec une hausse de 76% des consultations pour ce motif sur la même période, soit 390 actes supplémentaires toutes tranches d’âge confondues.

De quoi s’inquiéter sérieusement, comme lors du précédent épisode où les médecins avaient recommandé le masque ? Un autre indicateur, souvent annonciateur, vient encore troubler le tableau.

Ce que révèlent les eaux usées d’Île-de-France

Santé publique France pointe aussi « une forte tendance à la hausse de la circulation du SARS-CoV-2 dans les eaux usées » en Île-de-France. Un signal qui compte, car ces mesures précèdent généralement de plusieurs jours la hausse des cas humains observés en ville.

Selon le bulletin du réseau SOS Médecins, le niveau de circulation atteint des valeurs comparables à celles d’octobre 2024. L’agence sanitaire précise elle-même que ces hausses « précèdent généralement les hausses observées des cas humains, sans préjuger de leur ampleur ni de la sévérité des cas sur le plan clinique ».

C’est là que la nuance change tout : malgré cette progression, les passages aux urgences pour suspicion de Covid restent, selon Santé publique France, « à des niveaux inférieurs à ceux des années précédentes ». Un fait qui n’impacte pas, pour l’instant, le fonctionnement des hôpitaux.

Prélèvement d'eaux usées dans une station technique

Pourquoi les médecins ne s’affolent pas

Interrogé par Le Parisien, l’épidémiologiste Antoine Flahaut insiste sur ce point : les variants actuellement en circulation ressemblent à ceux de l’an dernier, avec les mêmes symptômes classiques — nez qui coule, fièvre, mal de gorge. Or en 2025, rappelle-t-il, « les complications sévères du Covid avaient été très limitées, grâce à la très forte immunité résiduelle de la population due tant aux vaccinations répétées qu’aux multiples contaminations précédentes ».

Même son de cloche du côté de Benjamin Davido, médecin infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (AP-HP). Auprès de TF1 Info, il juge que voir réapparaître le Covid parmi d’autres virus saisonniers « n’a rien d’exceptionnel » et que la menace reste « extrêmement faible et relative ».

Ce que l’infectiologue observe en revanche, c’est un phénomène nouveau : le Covid semble se « saisonnaliser », se trouvant une période propice après les grandes vacances, malgré le beau temps encore présent. Ce pic pourrait se prolonger jusqu’à fin octobre, avant que la grippe ne prenne le relais. Et c’est justement cette régularité annuelle qui inquiète le plus les spécialistes, pour une raison qu’on ne soupçonne pas forcément.

Le vrai risque à surveiller cet hiver

Pour Benjamin Davido, le danger n’est pas dans la sévérité actuelle du virus, mais dans sa persistance. « À force de laisser circuler le virus, on n’est pas à l’abri qu’à un moment donné, il acquiert des mutations majoritaires qui lui permettent d’être encore plus transmissible », analyse-t-il, tout en rappelant que l’histoire des variants montre plutôt une évolution vers plus de contagiosité que vers plus de virulence.

D’où l’appel, classique mais toujours valable, à reprendre les gestes barrières : lavage des mains, aération quotidienne, coude pour tousser, masque en lieu clos en cas de doute. Rien de spectaculaire, mais l’efficacité reste la même qu’il y a quatre ans.

Sur ce terrain, la vaccination reste l’arme la plus solide. Le ministère de la Santé a annoncé cette semaine que la campagne 2026-2027 contre la grippe et le Covid-19 débutera le 13 octobre. Elle est fortement recommandée aux personnes à risque, aux soignants et à l’entourage des personnes vulnérables. Reste à savoir si d’autres virus profiteront de cette rentrée agitée pour circuler à leur tour, comme certaines maladies bactériennes déjà surveillées de près en France.

Au final, cette reprise du Covid ressemble moins à une alerte rouge qu’à un rituel automnal, désormais presque prévisible dans son calendrier comme dans ses symptômes.

Et si l’inquiétude retombe côté Covid, elle ne s’arrête pas là : seulement 17% des ados français seraient protégés contre une infection qui peut tuer en quelques heures.

Et pendant que les eaux usées d’Île-de-France racontent une chose, un nouveau variant repéré dans 23 pays intrigue déjà les experts pour d’autres raisons.

1 commentaire

  • w
    wilford
    26/09/2026 à 18:46
    et non les shills toujours pas🤣

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