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Les 8 départements français où l’on consomme le plus de médicaments : le n°1 dépasse 1 200 € par habitant et par an

Publié par Cassandre le 06 Août 2026 à 17:01

Certains départements français avalent beaucoup plus de comprimés que d’autres. Les chiffres de l’Assurance Maladie sur les remboursements de médicaments par habitant dessinent une carte étonnante de la France qui se soigne.

Entre le Sud et le Nord, entre zones rurales vieillissantes et grandes métropoles, les écarts sont parfois vertigineux. Et le département qui truste la première place n’est pas celui qu’on imagine spontanément.

Femme âgée triant ses boîtes de médicaments à table

Le milieu du classement : des écarts qui interrogent déjà

À la 8e place, la Nièvre affiche une consommation moyenne de 890 € de médicaments remboursés par habitant et par an. Un chiffre déjà supérieur à la moyenne nationale, qui tourne autour de 650 €.

La 7e position revient à la Creuse, avec 920 €. Ce département rural, l’un des moins peuplés de France, cumule une population âgée importante et un accès aux soins parfois compliqué, ce qui pousse vers une prescription plus fréquente.

En 6e position, l’Aisne atteint 945 €. Dans ces territoires, la pauvreté relative et le vieillissement démographique jouent un rôle direct dans la hausse des prescriptions de traitements chroniques.

Ces trois départements partagent un point commun : une population plus âgée que la moyenne nationale. Mais la suite du classement va montrer que l’âge n’explique pas tout.

Pharmacien remettant des médicaments à un patient âgé

Top 5 à 3 : quand le Nord et le Sud se disputent la tête

À la 5e place, le Pas-de-Calais grimpe à 985 €. Ce département industriel du Nord cumule des taux élevés de maladies cardiovasculaires et de diabète, deux pathologies qui nécessitent des traitements au long cours.

La 4e position appartient aux Pyrénées-Orientales, avec 1 040 €. Ici, c’est le vieillissement de la population qui pèse lourd : ce département attire de nombreux retraités venus s’installer près de la mer.

En 3e position, le Cher franchit la barre des 1 070 €. Un chiffre qui surprend pour ce département du Centre-Val de Loire, moins souvent cité dans les classements sanitaires.

Trois profils très différents, trois raisons différentes de consommer plus de médicaments. Mais aucun de ces départements n’a encore atteint le sommet du classement.

La 2e place : un poids-lourd du Nord de la France

Le Pas-de-Calais version voisine, le Nord, décroche la médaille d’argent avec 1 130 € de médicaments remboursés par habitant et par an.

Ce département cumule plusieurs facteurs de risque bien documentés : forte prévalence du diabète, taux de tabagisme supérieur à la moyenne nationale, et indicateurs socio-économiques parmi les plus dégradés du pays.

Résultat : une population qui consulte davantage et qui repart plus souvent avec une ordonnance longue. Les traitements pour le cœur, le diabète et les troubles respiratoires y sont particulièrement fréquents.

Mais un dernier département fait encore mieux, et son profil n’a rien à voir avec celui du Nord.

Le n°1 : plus de 1 200 € par habitant et par an

C’est la Haute-Corse qui domine ce classement, avec une consommation moyenne de médicaments remboursés atteignant 1 220 € par habitant et par an.

Un résultat contre-intuitif pour un territoire souvent associé au grand air et à une image de vie saine en bord de mer. Pourtant, la réalité sanitaire de l’île raconte une autre histoire.

La Haute-Corse cumule un accès aux soins parfois limité en zone rurale, ce qui pousse vers des prescriptions médicamenteuses en substitut de suivis spécialisés difficiles à obtenir. Les déplacements vers les grands centres hospitaliers du continent restent une contrainte réelle pour de nombreux patients.

S’ajoute à cela une population vieillissante, avec un exode des jeunes actifs vers le continent qui laisse sur place une proportion importante de seniors. Les traitements chroniques liés à l’âge – cardiovasculaires, anti-inflammatoires, anxiolytiques – pèsent lourd dans la facture.

Autre élément souvent avancé par les études régionales : un taux de prescription d’anxiolytiques et d’antidépresseurs plus élevé qu’ailleurs, en partie lié à l’isolement géographique de certaines zones de l’île.

Ce que ce classement révèle sur la France qui se soigne

Ce top 8 dessine une carte qui ne suit ni la logique Nord-Sud habituelle, ni celle de la richesse des territoires. La Haute-Corse, le Nord, le Cher ou la Creuse partagent surtout un point : un accès aux soins spécialisés compliqué par la géographie.

Dans ces départements, le médicament devient souvent la solution la plus rapide et la plus accessible face à des délais de rendez-vous chez un spécialiste qui peuvent dépasser plusieurs mois.

À l’inverse, les grandes métropoles bien dotées en médecins et en spécialistes affichent généralement des consommations médicamenteuses plus modérées, malgré une population parfois tout aussi âgée.

Alors, tu aurais deviné que la Haute-Corse arrive en tête devant le Nord et le Pas-de-Calais ? Ce classement rappelle surtout une chose : l’accès aux soins pèse parfois plus lourd que l’âge ou le mode de vie dans la santé d’un territoire.

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