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Elle s’endort avec des frissons, se réveille paralysée : à 36 ans, Erica vit désormais en maison de retraite

Publié par Cassandre le 22 Avr 2026 à 5:30

Erica Mays avait 36 ans, faisait du surf, du longboard, jouait au foot et adorait danser. Puis une nuit, une simple fièvre a tout basculé. Au réveil, ses jambes ne répondaient plus. Aujourd’hui, cette Américaine vit dans un établissement pour personnes âgées — et se bat chaque jour pour reconquérir son corps, centimètre par centimètre.

Une fièvre banale qui ne passait pas

Dans les jours précédant le drame, Erica se sentait très mal. Fièvre tenace, frissons constants, difficultés à marcher. Rien qui ne ressemble, en apparence, à autre chose qu’un mauvais épisode grippal. Pourtant, son corps envoyait déjà des signaux d’alerte bien plus graves qu’une simple infection saisonnière.

Jeune femme fiévreuse assise sur un lit avec des frissons

Malgré son état, Erica s’est forcée à parcourir près de trois kilomètres à pied. Un effort qui, sur le moment, lui a procuré un léger soulagement. Suffisant pour se dire que le pire était passé. Elle s’est couchée ce soir-là sans se douter que ces pas seraient les derniers qu’elle ferait debout avant longtemps.

Car pendant son sommeil, une bactérie était en train de ravager silencieusement sa colonne vertébrale. Et le réveil allait être d’une brutalité inimaginable.

« Je ne sentais plus mes jambes — j’ai cru qu’elles s’étaient endormies »

Au matin, Erica ouvre les yeux et réalise qu’elle ne sent plus rien en dessous de la taille. Ses jambes sont là, mais comme déconnectées du reste de son corps. Sa première réaction est celle que n’importe qui aurait : elle pense à un simple engourdissement passager, un fourmillement qui va se dissiper en quelques minutes.

Sauf que les minutes passent, et rien ne revient. Erica demande alors à un ami de l’aider à entrer dans une baignoire. Eau chaude, eau froide — elle tente tout pour réveiller ses membres. Sans le moindre résultat. La panique commence à s’installer.

Femme tentant de sentir ses jambes dans une baignoire

Elle se rend en urgence chez un médecin. Ce qui ressemblait à une fièvre ordinaire quelques heures plus tôt va se transformer en un diagnostic qui va faire voler sa vie en éclats.

Un abcès sur la colonne vertébrale : le verdict des médecins

Les examens révèlent une réalité terrifiante. Une bactérie s’est propagée jusqu’à la colonne vertébrale d’Erica, formant un abcès qui a comprimé sa moelle épinière au niveau de la vertèbre T6 — soit en plein milieu du dos. La moelle épinière, ce câble nerveux qui relie le cerveau au reste du corps, a subi une lésion irréversible.

Ce type d’infection, appelé abcès épidural spinal, est rare mais redoutable. Selon la littérature médicale, il touche entre 2 et 8 personnes sur 100 000 par an. Les symptômes initiaux — fièvre, douleurs dorsales, malaise général — sont souvent confondus avec des pathologies bénignes, ce qui retarde le diagnostic. Or, chaque heure compte : plus la compression de la moelle dure, plus les chances de récupération diminuent.

Pour Erica, le diagnostic est tombé trop tard. La lésion médullaire au niveau T6 signifie une paraplégie : perte de sensibilité et de motricité des membres inférieurs. À 36 ans, sa vie bascule du jour au lendemain, sans avertissement réel, sans accident spectaculaire. Juste une bactérie, une fièvre et une nuit de sommeil.

Mais au-delà du choc médical, c’est la suite qui révèle l’ampleur du désastre dans sa vie quotidienne.

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À 36 ans, entourée de résidents qui ont le double de son âge

Sans économies, sans logement stable, sans famille capable de l’accueillir dans sa nouvelle condition, Erica n’a eu qu’une seule option : un établissement d’hébergement pour personnes âgées. Un foyer médicalisé conçu pour des résidents bien plus âgés qu’elle.

« À mes 36 ans, je suis entourée de gens beaucoup plus vieux que moi. Je suis l’une des plus jeunes ici, et les gens ne s’attendent pas à voir quelqu’un de mon âge dans un endroit pareil », confie-t-elle. Une phrase qui résume à elle seule l’absurdité de sa situation.

Erica en fauteuil roulant dans un couloir de maison de retraite

Avant la maladie, Erica était tout sauf sédentaire. Longboard, surf, football, danse — son quotidien était fait de mouvement permanent. Aujourd’hui, sa chaise roulante est devenue l’extension de son corps. « Ma chaise roulante, ce sont désormais mes jambes », dit-elle sans détour.

La transition a été d’une violence psychologique immense. Passer de l’hyperactivité physique à la dépendance totale, du jour au lendemain, sans phase intermédiaire. Pas de rééducation progressive, pas de préparation mentale — juste un mur qui s’est dressé entre sa vie d’avant et celle d’après.

Un combat de chaque instant — et des signes d’espoir

Malgré tout, Erica refuse de capituler. Son quotidien est devenu un enchaînement d’efforts que la plupart des gens considèrent comme acquis. Se tenir assise seule, se lever, retrouver un minimum d’autonomie pour les gestes les plus intimes — chacun de ces progrès a été arraché de haute lutte.

Elle a d’abord réappris à s’asseoir sans aide. Puis à se hisser hors de son lit. Ensuite, elle a pu abandonner les protections pour incontinence — un cap symbolique dans la reconquête de sa dignité. Et récemment, un signe encore plus encourageant : elle a commencé à retrouver de la sensibilité dans l’un de ses pieds.

« Je dois me battre contre mon propre corps tous les jours. C’est un travail 24 heures sur 24, sept jours sur sept », résume-t-elle. Pas de plainte, pas d’apitoiement — un constat brut sur la réalité d’une vie avec une lésion médullaire.

Ce que l’histoire d’Erica rappelle à chacun d’entre nous

Le cas d’Erica Mays est un rappel brutal que certaines infections, en apparence banales, peuvent avoir des conséquences catastrophiques si elles ne sont pas prises en charge à temps. Les abcès épiduraux spinaux présentent souvent des symptômes non spécifiques — fièvre, fatigue, douleur dorsale — qui n’alertent ni le patient ni parfois le médecin en première intention.

Les spécialistes insistent sur un point clé : toute fièvre accompagnée de douleurs dorsales intenses et de difficultés neurologiques naissantes (faiblesse dans les jambes, troubles de la sensibilité, problèmes de vessie) doit être considérée comme une urgence médicale. Un IRM réalisé dans les premières heures peut faire la différence entre une paraplégie définitive et une récupération partielle, voire complète.

Erica, elle, continue de se battre depuis son fauteuil. Chaque centimètre de sensibilité retrouvé dans son pied est une petite victoire contre un destin qu’elle n’a jamais choisi. Et son témoignage, partagé des milliers de fois sur les réseaux sociaux, aura peut-être le mérite de pousser quelqu’un, quelque part, à ne pas ignorer une fièvre qui dure un peu trop longtemps.

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