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Notre fils a remarqué des bosses dans son cou à l’âge de 12 ans. C’était un tueur silencieux et maintenant il est parti

Publié par Cassandre le 28 Juil 2026 à 16:34

Un ado plein de vie, capitaine de son équipe de foot à l’école, membre de deux autres clubs en dehors. Rien ne laissait présager le drame. Puis un jour, en vacances en Espagne, deux petites bosses apparaissent sur son cou. Personne ne s’attend à ce que ce détail anodin cache l’un des cancers les plus rares et les plus violents qui soit.

Des bosses sur le cou, et des médecins pas inquiets

C’était en avril 2023. Jamie Covington, 12 ans, passait des vacances en famille en Espagne quand ses parents remarquent deux grosseurs sur le côté droit de son cou. Aucun autre symptôme. Rien qui alarme.

« On a pris rendez-vous chez le médecin en rentrant, mais ils n’avaient pas l’air inquiets », raconte Sam Holson, 51 ans, sa mère. Les semaines passent, les bosses grossissent. Jamie finit par atterrir aux urgences tant la douleur devient insupportable.

Les médecins pensent d’abord à une infection banale. Antibiotiques prescrits. Mais rien n’y fait : les grosseurs persistent, sans que Jamie ne présente le moindre autre symptôme. Ce silence du corps, presque trompeur, est justement ce qui rend ce type de cancer si difficile à repérer à temps.

Il faudra huit semaines, plusieurs biopsies et des scanners à l’hôpital Addenbrooke’s de Cambridge pour enfin poser un nom sur le mal qui ronge le jeune garçon. Un nom que sa mère n’avait jamais entendu de sa vie, et pour cause : il concerne à peine 31 cas par an en Angleterre.

Un diagnostic que personne n’imaginait possible

Le verdict tombe et il est terrible : rhabdomyosarcome alvéolaire. Un cancer déjà disséminé dans tout le corps de l’adolescent au moment du diagnostic. « Je ne connaissais rien au cancer infantile », confie Sam. « Ma première réaction a été : peut-on commencer la chimio tout de suite ? Je voulais juste que ça disparaisse. »

L’oncologue avait pourtant prévenu la famille : « Cela va changer votre vie à jamais. » Une phrase que Sam refusait d’entendre à l’époque. Comment un garçon aussi sportif, aussi en forme, pouvait-il ne pas s’en sortir ?

Jamie enchaîne neuf cures de chimiothérapie et 23 séances de radiothérapie. Un traitement d’une violence rare, qui l’épuise physiquement. Fin 2023, l’espoir renaît : il entre en rémission, retourne à l’école, reprend même l’entraînement de foot.

Mais six mois plus tard, une douleur au ventre. Un nouveau scanner en avril 2024 révèle l’impensable : le cancer est revenu, agressif, installé simultanément dans l’estomac, près du cœur et des poumons. Comme évoqué dans cette newsletter scientifique, ces rechutes multi-sites restent l’un des plus grands défis de l’oncologie pédiatrique actuelle.

Mains d'une mère tenant la main de son enfant

500 000 livres levées, et un combat perdu d’avance

Treize nouvelles cures de chimiothérapie suivent. Les effets secondaires sont si violents que Jamie ne peut plus manger pendant plus d’une semaine, incapable même de parler à cause d’ulcères buccaux douloureux. Seule de l’eau glacée à la paille passe encore.

Contre toute attente, il repart en rémission début 2025. Il reprend des cours à domicile, retrouve un peu d’énergie, ses cheveux repoussent. La famille croit enfin le pire derrière elle.

Un scanner de routine en avril 2025 anéantit tout espoir : le sarcome est de retour, à plusieurs endroits, sans aucun symptôme cette fois. « Ça a été un choc énorme, parce qu’il n’y avait rien qui laissait présager quoi que ce soit », se souvient Sam.

La famille découvre alors un essai clinique en Allemagne, un vaccin d’immunothérapie sur mesure non financé par le système de santé britannique. L’essai tombe finalement à l’eau, mais ils trouvent une clinique privée proposant un traitement similaire. Ils lèvent près de 500 000 livres, soit environ 585 000 euros, pour financer les soins et les déplacements. Malgré tout, le traitement ne suffira pas à vaincre la maladie.

Jamie s’est éteint le 30 novembre 2025, à seulement 15 ans. « Je suis toujours en train d’essayer d’accepter cette perte », confie sa mère, bouleversée. « Vers la fin, il souffrait énormément, il était très malade. En un sens, on s’est dit qu’au moins il ne souffrait plus. Mais après les funérailles, la vie de tout le monde reprend son cours autour de vous, et c’est là que la réalité devient encore plus dure à affronter. »

Sam veut désormais alerter sur le sarcome, une maladie que 75% des Britanniques ne connaissent tout simplement pas, selon un sondage YouGov. « C’est un tueur silencieux », martèle-t-elle. Elle encourage tous les parents à ne jamais laisser passer une grosseur suspecte, même sans autre symptôme, et à insister auprès des médecins. Plus d’informations sont disponibles sur le site de Sarcoma UK.

Emily Williams, responsable recherche chez Sarcoma UK, rappelle que des chercheuses comme le Dr Zoe Walters ou le Dr Carmela de Santo travaillent justement sur des pistes d’immunothérapie pour éviter que d’autres familles ne vivent ce même calvaire.

Jamie n’a jamais cessé de se battre, jusqu’au bout, sans jamais se plaindre. Son histoire rappelle une vérité simple mais essentielle : un symptôme discret ne veut jamais dire un mal discret. Et si une grosseur inquiète un proche, la vôtre ou celle d’un enfant, la question à se poser n’est peut-être pas « faut-il s’inquiéter » mais « pourquoi ne pas vérifier tout de suite ».

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