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Sa mauvaise haleine cachait en réalité une maladie mortelle : « Ça sentait le dissolvant »

Publié par Cassandre le 20 Juil 2026 à 6:13
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Sa mauvaise haleine cachait en réalité un diabète mortel : « Ça sentait le dissolvant »

Alice pensait juste avoir une mauvaise hygiène dentaire. Elle se brossait les dents en boucle, buvait des litres d’eau, planquait des sprays haleine fraîche dans tous ses sacs. Rien n’y faisait : cette odeur âcre, presque chimique, revenait toujours.

« Mon copain m’a dit que mon haleine sentait le dissolvant à ongles, c’était très étrange mais je pouvais littéralement le goûter dans ma bouche », raconte cette publicitaire londonienne de 49 ans. Un an plus tard, elle comprendra enfin d’où venait ce problème.

Une odeur qui n’avait rien à voir avec les dents

Pendant des mois, Alice a cru à un simple souci bucco-dentaire. Elle a multiplié les brossages, changé de dentifrice, essayé tout ce qui existe pour masquer une haleine tenace.

Mais d’autres symptômes se sont ajoutés à la liste : infections fongiques à répétition, perte de poids soudaine et inexpliquée. Son corps lui envoyait un signal bien plus grave qu’un problème dentaire classique.

Peu avant Noël 2020, une infirmière lui suggère enfin un test de dépistage pour le diabète de type 1. Le diagnostic tombe en janvier 2021, et tout s’éclaire brutalement.

Le vrai coupable : l’acétone produite par son propre corps

Ce qu’Alice sentait dans sa bouche portait un nom : l’acidocétose diabétique. Une complication grave qui survient quand le manque d’insuline pousse le corps à brûler ses graisses en urgence pour produire de l’énergie.

Cette combustion génère des cétones, des composés chimiques à l’odeur caractéristique proche du dissolvant ou de la pomme trop mûre. Ils s’évacuent par la respiration et la sueur, un peu comme le microbiote intestinal influence discrètement bien d’autres aspects du corps.

Patiente diabétique avec médecin à l'hôpital

Sans traitement rapide, l’acidocétose peut mener à la perte de conscience, au coma, voire à la mort. « Au moment du diagnostic, mes symptômes étaient hors de contrôle. Les médecins m’ont dit que j’étais à une semaine du coma », confie Alice.

Et l’histoire est encore plus troublante : Alice avait déjà été diagnostiquée en 2019, mais avec un diabète de type 2. Une erreur qui a retardé son accès au vrai traitement, celui dont elle avait vraiment besoin.

Pourquoi tant de médecins se trompent de diabète

La différence entre les deux types est pourtant cruciale. Dans le type 1, le corps ne fabrique plus du tout d’insuline : des injections quotidiennes deviennent vitales, sans exception possible.

Dans le type 2, l’insuline est encore produite mais mal utilisée. Beaucoup de patients arrivent à stabiliser leur état avec l’alimentation, le sport et des médicaments, sans passer directement aux injections.

Une étude de l’Université d’Exeter a révélé que 38% des adultes diagnostiqués avec un diabète de type 1 après 30 ans avaient d’abord été traités comme des patients de type 2. Résultat : ils n’ont pas reçu l’insuline dont ils avaient besoin.

Longtemps considéré comme une maladie d’enfant, le diabète de type 1 touche aujourd’hui près d’un adulte sur deux au moment du diagnostic. Les causes de cette hausse restent floues, entre carences en vitamine D et moins d’exposition aux microbes durant l’enfance.

Ce que votre odeur corporelle peut révéler d’autre

Le Dr Dean Eggitt, médecin généraliste à Doncaster, l’explique simplement : « Quand une maladie s’installe, la composition chimique du corps change. Ces substances, qui ont chacune leur propre odeur, s’évacuent naturellement par la sueur, la respiration et les urines. »

Il tient à préciser que la mauvaise haleine n’est pas systématiquement le signe d’une maladie grave. L’alimentation, l’hygiène ou une simple angine restent les causes les plus fréquentes, loin devant les scénarios inquiétants.

Mais le contexte change tout : « Un problème dentaire isolé, ce n’est rien. Mais si une nouvelle odeur s’accompagne de symptômes inhabituels, c’est un signal d’alarme à prendre au sérieux. »

La cirrhose du foie, par exemple, provoque une odeur corporelle musquée, presque sucrée ou soufrée. « Je décrirais ça comme l’odeur d’une vieille maison de grand-mère, un peu renfermée et moisie », précise le Dr Eggitt. Une comparaison qui rappelle à quel point certains signes visibles dans la bouche méritent aussi d’être surveillés de près.

L’insuffisance rénale chronique, qui touche environ un adulte sur dix au Royaume-Uni, génère quant à elle une haleine à l’odeur d’ammoniaque. Les reins défaillants n’arrivent plus à filtrer les toxines, qui s’accumulent dans le sang et la salive.

Le nez surpuissant qui a détecté Parkinson douze ans avant le diagnostic

Certaines odeurs sont si subtiles qu’elles échappent à la plupart des gens. En 2015, une infirmière retraitée nommée Joy Milne a fait sensation en prouvant qu’elle pouvait sentir la maladie de Parkinson.

Atteinte d’hyperosmie, une rare hypersensibilité olfactive, elle avait remarqué une odeur musquée particulière chez son mari douze ans avant son diagnostic. Elle a ensuite identifié à l’aveugle des T-shirts portés par des malades de Parkinson, ce qui a inspiré un test cutané détectant ces marqueurs chimiques.

« Toutes ces odeurs viennent de composés chimiques qui dégagent en continu des gaz, explique le Dr Eggitt. Le corps libère ces substances en fonction de ce qui lui arrive. » Des chercheurs développent désormais un « nez électronique » capable d’analyser ces signatures chimiques en milieu clinique, notamment pour repérer certains cancers.

Un signal utile, mais jamais suffisant à lui seul

La professeure Victoria Tzortziou Brown, du Royal College of GPs, tempère toutefois l’enthousiasme : « Les changements d’odeur corporelle ou d’haleine peuvent donner un indice clinique intéressant, mais ils ne suffisent jamais à diagnostiquer une maladie à eux seuls. »

« L’odorat n’est qu’un petit élément d’une évaluation clinique bien plus large. Le diagnostic repose sur les symptômes, les antécédents, l’examen physique et, si besoin, des analyses complémentaires », précise-t-elle.

Le conseil d’Alice, lui, tient en une phrase : « Au lieu de masquer cette mauvaise odeur, j’aurais dû la prendre au sérieux, car c’était un signal d’alarme fort indiquant que j’étais malade. Si j’avais su plus tôt, j’aurais peut-être poussé pour un diagnostic plus rapide. »

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