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Selon des chercheurs, ce changement discret de l’odorat précède les tremblements de Parkinson

Publié par Cassandre le 16 Août 2026 à 20:31
Personne sentant une tasse de café avec air perplexe

Le café du matin ne sent plus aussi bon qu’avant. Votre parfum préféré vous laisse presque indifférent, comme si quelque chose s’était éteint en vous. La plupart des gens rangent ça dans la case fatigue, âge, ou stress passager.

Mais une équipe de chercheurs israéliens vient de démontrer que ce détail, en apparence anodin, pourrait révéler bien plus qu’un simple coup de fatigue. Leur étude pointe un lien insoupçonné avec la maladie de Parkinson, des années avant que les tremblements n’apparaissent. Et la mécanique derrière cette découverte est aussi simple qu’inattendue.

L’odorat, sentinelle oubliée du cerveau

Les neurologues le savent depuis longtemps : le système olfactif est l’un des premiers touchés par la maladie de Parkinson, parfois bien avant les premiers troubles moteurs. Le problème, c’est que les tests classiques se contentent de vérifier si une personne détecte, distingue ou nomme une odeur. Un score faible ne dit rien de la cause réelle.

Perte d’odorat liée à l’âge, séquelle d’une infection virale, simple rhume chronique : les raisons sont multiples, et Parkinson n’en est qu’une parmi d’autres. C’est cette zone grise que Michal Andelman-Gur, chercheuse au Weizmann Institute of Science, a voulu éclaircir.

Son constat de départ, confié à PsyPost : « les tests olfactifs peuvent nous dire que l’odorat de quelqu’un est altéré, mais pas pourquoi ». Une nuance qui change tout pour le dépistage précoce des maladies neurologiques. Détecter tôt, c’est aussi pouvoir agir tôt, avant que les symptômes moteurs ne s’installent durablement.

C’est là que son équipe a eu l’idée de creuser un aspect que personne n’avait vraiment exploré : pas seulement ce que l’on sent, mais comment on le ressent, et même comment on respire face à une odeur.

Cette piste, encore méconnue, pourrait devenir un futur outil de détection précoce des maladies silencieuses.

Un test qui révèle un profil olfactif très particulier

Pour vérifier son intuition, l’équipe a recruté 94 personnes : des malades de Parkinson, des témoins sains, et des personnes souffrant d’une perte d’odorat sans lien avec la maladie. Après un test olfactif classique, chaque participant devait noter le plaisir ressenti face à différentes odeurs. Un petit capteur nasal enregistrait en parallèle leur façon de renifler.

Le résultat, publié dans la revue npj Parkinson’s Disease, a surpris les chercheurs eux-mêmes. Face à une odeur agréable comme le citron, les patients Parkinson percevaient une intensité proche de celle des témoins sains. Mais le plaisir ressenti, lui, s’effondrait, comme chez les personnes ayant perdu l’odorat pour d’autres raisons.

« Ce qui me passionne particulièrement, c’est que cette approche s’appuie sur un comportement très simple et naturel, la façon dont nous reniflons, pour révéler des informations sur le cerveau », explique Michal Andelman-Gur. Un geste banal, répété des milliers de fois par jour, pourrait ainsi devenir un marqueur discret de santé neurologique à surveiller. Reste à comprendre le détail le plus troublant de l’étude, celui qui a le plus étonné la chercheuse elle-même.

Capteur nasal de recherche posé près d'un citron

Le détail qui change tout : renifler à l’envers

Normalement, notre nez fait un tri naturel et instinctif. On inspire plus longtemps face à une odeur agréable, on écourte spontanément le geste devant une odeur désagréable, comme une odeur fécale. C’est un réflexe universel, présent chez presque tout le monde depuis l’enfance.

Chez les personnes atteintes de Parkinson, ce réflexe disparaît presque entièrement. Pire : certains patients reniflaient plus longtemps face aux odeurs désagréables, un comportement totalement inversé par rapport à la norme. « Je ne m’attendais pas à ce que les patients atteints de maladie de Parkinson reniflent plus longtemps lorsqu’ils sentaient des odeurs désagréables », confie Michal Andelman-Gur, encore surprise par ses propres données.

En combinant ce schéma de reniflement inversé avec la perte de plaisir olfactif, l’équipe a réussi à classer correctement la grande majorité des participants entre Parkinson, autres troubles et témoins sains.

Une piste prometteuse, mais encore fragile : la cohorte reste petite, et les résultats devront être confirmés sur des groupes plus larges et plus diversifiés, comme le précise l’étude publiée dans npj Parkinson’s Disease.

Pour l’instant, ce n’est pas un outil d’auto-diagnostic, mais une avancée scientifique qui mérite d’être suivie de près.

Un simple geste du quotidien, aussi banal que respirer un parfum, pourrait donc en dire bien plus qu’on ne l’imaginait sur l’état du cerveau. La science n’en est qu’au début de cette piste olfactive, mais elle ouvre une fenêtre inédite sur un dépistage plus précoce. Et si, la prochaine fois que votre café vous semblait fade, vous y prêtiez un peu plus attention ?

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