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Ce substitut d’Ozempic à moins de 20 € fait fureur sur TikTok, mais un nutritionniste tempère l’euphorie

Publié par Cassandre le 10 Août 2026 à 9:05
Verre d'eau avec poudre de psyllium en train de se dissoudre

Sur TikTok et Instagram, une poudre grisâtre à mélanger dans un verre d’eau fait le buzz. Son surnom : l’Ozempic naturel. La promesse est alléchante — coupe-faim, ventre plat, perte de poids express, le tout pour moins de 20 euros. Mais derrière l’engouement viral, un nutritionniste belge livre une analyse bien plus nuancée sur ce que ce complément peut vraiment faire à votre corps.

Le nouveau chouchou des réseaux sociaux qui veut détrôner l’Ozempic

Depuis que l’Ozempic et le Mounjaro ont explosé en popularité pour la perte de poids, les réseaux sociaux regorgent d’alternatives « naturelles » censées imiter leurs effets. Le dernier venu s’appelle le psyllium, aussi appelé plantain des Indes ou psyllium blond. C’est une fibre extraite de la plante Plantago ovata, vendue en poudre ou en capsules chez Farmaline, Kruidvat ou Medi-Market, et même en version brute dans les magasins bio.

Au contact de l’eau, cette poudre se transforme en une substance gélatineuse qui ralentit l’absorption des sucres et du cholestérol dans les intestins. Un mécanisme réel, mais que les vidéos virales transforment allègrement en formule magique. Le tarif, entre 10 et 30 euros le pot, tranche radicalement avec le prix des médicaments sous ordonnance, ce qui explique en grande partie l’engouement.

Reste une question centrale : ce produit accessible tient-il vraiment ses promesses, ou s’agit-il d’un nouvel exemple de fausse bonne idée propulsée par l’algorithme ? La réponse, apportée par un spécialiste hospitalier, casse une partie du mythe tout en révélant un atout insoupçonné.

Ce que révèle vraiment la science derrière cette poudre virale

Interrogé par nos confrères de 7sur7 et HLN, Michaël Sels, nutritionniste à l’hôpital universitaire d’Anvers, est clair : le psyllium n’a rien d’un miracle comparable à l’Ozempic. Mais il n’est pas non plus inutile, loin de là. « L’an dernier, j’avais déjà prédit que les fibres allaient devenir les nouvelles protéines », explique-t-il. Le constat est frappant : seule une infime partie de la population atteint les 30 grammes de fibres recommandés par jour.

Le mécanisme du psyllium repose sur la stimulation naturelle du GLP-1, cette hormone de satiété que l’organisme produit lui-même. « Lorsque nous consommons du psyllium, les fibres stimulent la production de notre propre GLP-1 », détaille le spécialiste. Problème : l’effet n’a rien de comparable à une injection d’Ozempic, qui délivre une dose massive et durable de cette hormone.

Là où le psyllium surprend, c’est sur le cholestérol. Chez les personnes consommant 10 grammes par jour pendant huit semaines, le taux peut baisser d’environ 12 mg/dl, un chiffre non négligeable quand on sait qu’un taux normal se situe sous 190 mg/dl.

Il agit aussi sur la glycémie et nourrit le microbiote intestinal, base d’une bonne digestion. Mais avant de foncer acheter le premier pot venu, un détail change tout dans la façon de l’utiliser, et il concerne votre transit.

Pot de poudre de fibres alimentaires sur un comptoir

L’erreur qui transforme ce complément en cauchemar digestif

Voici le revers de la médaille que peu de vidéos virales mentionnent : le psyllium peut aggraver sérieusement la constipation s’il est mal consommé. La raison est purement mécanique. « Les fibres ont besoin d’eau. Elles absorbent d’énormes quantités de liquide », rappelle Michaël Sels, qui compare l’effet à des flocons d’avoine gorgés de lait jusqu’à former une bouillie épaisse.

Dans l’intestin, le même phénomène se produit. Sans hydratation suffisante, la poudre capte toute l’eau disponible dans le tube digestif et forme une masse compacte, aggravant justement le problème que l’on cherchait à résoudre. La solution est simple mais non négociable : augmenter les doses très progressivement, en commençant par 5 grammes, et accompagner systématiquement chaque prise d’un grand verre d’eau.

Autre vérité qui dégonfle le mythe : il est possible d’obtenir les mêmes bénéfices sans complément, simplement via l’alimentation. « On les retrouve principalement dans les parties les plus fermes des fruits et des légumes », conclut le nutritionniste. Miser sur des légumes à deux repas par jour et privilégier les versions complètes du pain, des pâtes ou du riz suffit déjà à combler une bonne partie du déficit en fibres, sans passer par la case poudre à 30 euros.

Le psyllium n’est donc ni une arnaque ni un remède magique : c’est un allié discret pour le cholestérol et la satiété, à condition de le manier avec méthode. La vraie révolution minceur, elle, continue de passer par l’assiette plutôt que par le shaker. Et si le prochain trend viral était simplement de remanger des légumes ?

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