Tomates Auchan rappelées : un insecticide neurotoxique dépasse de 333 % la limite dans ce lot

La saison des tomates touche à sa fin, et vous avez peut-être envie d’en croquer encore quelques-unes. Mauvaise nouvelle si vous avez fait vos courses chez Auchan : un lot vient d’être rappelé. Un insecticide dont on a beaucoup parlé en 2025 s’y retrouverait à un niveau qui dépasse largement la limite, et un chiffre en particulier interpelle.
Tomates Auchan : l’alerte tombée un lundi de fin septembre
Fin septembre, les étals de tomates se vident peu à peu. Pourtant, beaucoup de foyers en rachètent encore un kilo pour les dernières salades de l’année. C’est précisément ce geste banal qui est visé par l’alerte du jour.
Selon Femme Actuelle, RappelConso, le site des alertes de produits dangereux, a publié un rappel important ce lundi 28 septembre 2026. Il concerne un lot de tomates vendues au kilo, au rayon libre-service fruits et légumes. Le motif : des résidus de pesticides au-delà des limites maximales autorisées.
Toutes les enseignes qui distribuent la marque Auchan en France seraient concernées, pas seulement les grandes surfaces du même nom. Si vous achetez vos fruits et légumes sous cette bannière, le réflexe est simple : regarder le numéro de lot figurant sur la fiche du rappel et le comparer à ce que vous avez chez vous.
Les rappels de tomates ne sont pas une nouveauté. On a déjà vu des tomates pelées Carrefour rappelées pour du Datura, avec des symptômes possibles en quelques heures. Cette fois, le danger est plus discret : rien ne se voit, rien ne se sent.
Reste à savoir quel produit est en cause, et de combien il dépasse la limite. Pour le comprendre, il faut d’abord regarder du côté d’une famille d’insecticides qui divise depuis des années.
Interdit en France depuis 2018, autorisé en Europe jusqu’en 2033 : la famille d’insecticides en cause
Les néonicotinoïdes sont des insecticides neurotoxiques. En agriculture, ils servent à éliminer les ravageurs des cultures : pucerons, cochenilles, chenilles. Ils agissent sur le système nerveux des insectes, d’où leur efficacité redoutable.
Leur statut réglementaire est un casse-tête. Une substance de cette famille est interdite en France depuis 2018, mais reste autorisée au niveau européen jusqu’à au moins 2033. Résultat : des traces peuvent légalement exister dans les aliments, tant qu’elles restent sous un plafond fixé par la réglementation.
Ce type d’alerte revient d’ailleurs régulièrement. Récemment encore, des fruits vendus chez Intermarché, Grand Frais et Fresh ont été rappelés face à un taux de pesticides jugé inquiétant. Le sujet n’a rien d’anecdotique.
Deux garde-fous encadrent ces résidus. La limite maximale de résidus, ou LMR, fixe le plafond toléré sur un aliment. La dose de référence aiguë, ou ARfD, définit la quantité maximale qu’un consommateur peut ingérer sans risque sur une courte durée.
Dans ce lot, aucun de ces deux seuils n’aurait été respecté. La substance en cause s’appelle l’acétamipride. Selon la source, elle atteindrait 333 % de la LMR, soit plus de trois fois la limite, tandis que l’ARfD, elle, serait dépassée à hauteur de 233 %.

Acétamipride : pourquoi ce nom revient dans le débat depuis la loi Duplomb
Les rappels alimentaires s’enchaînent, comme ce persil surgelé Thiriet contaminé par des E. coli. Mais celui-ci a une particularité : le pesticide cité a déjà fait la une, et pas dans les pages conso.
L’acétamipride a beaucoup été évoqué lors des débats sur la loi Duplomb en 2025. Le sujet avait alors cristallisé les tensions entre le monde agricole, les défenseurs de l’environnement et les scientifiques. On le retrouve ici dans une barquette de supermarché, ce qui change l’échelle du débat.
Ses effets sur la nature sont connus : il est très nocif pour la biodiversité, notamment pour les pollinisateurs. Pour l’humain, le tableau est moins net. Il existe des suspicions de neurotoxicité et de risques pour le développement ou la santé.
En 2025, la Ligue contre le cancer a indiqué dans un communiqué que des « études récentes » concluaient que l’acétamipride est « potentiellement cancérigène ». Le mot « potentiellement » compte : il n’y a pas de certitude établie.
C’est là que se situe le vrai nœud. Les études d’ampleur sont rares, et des scientifiques ainsi que des spécialistes de l’environnement réclament que le principe de précaution s’applique. Dans le doute, mieux vaut ne pas finir ce lot dans une salade.
Ce qu’il faut faire maintenant avec vos tomates, et ce qu’il reste à surveiller
La consigne est claire : si vous avez ces tomates chez vous, ne les consommez pas. Vous pouvez les rapporter au point de vente où vous les avez achetées pour vous faire rembourser. Pas besoin de justificatif compliqué, d’après la source.
Pour plus d’informations, le service consommateur est joignable au 03 59 30 59 30. Pensez aussi à jeter un œil à la fiche de rappel pour vérifier le numéro de lot avant de vous alarmer inutilement.
Le dossier dépasse la seule assiette. Les pollinisateurs sont les premières victimes de ces insecticides, ce qui explique pourquoi laisser vivre les pissenlits au jardin aide aussi les abeilles, et par ricochet les récoltes.
Reste à voir si ce rappel sera isolé. Les alertes sanitaires de grande ampleur s’enchaînent dans les rayons, comme avec ces lardons Herta rappelés pour salmonelle dans sept enseignes. Mieux vaut consulter RappelConso de temps en temps.
Quant au débat sur l’acétamipride, il n’est pas près de s’éteindre. Tant que les études seront peu nombreuses et que l’autorisation européenne court jusqu’en 2033, le sujet reviendra, probablement bien au-delà de cette seule barquette de tomates.
Un lot, un insecticide, 333 % de la limite : voilà de quoi regarder ses derniers achats de tomates d’un autre œil.
Et si l’on vous disait que le danger ne se cache pas toujours dans la chimie, ce qu’on a retrouvé dans des boîtes de sardines Carrefour et que l’étiquette ne mentionnait pas risque de vous surprendre.
Quant à votre café du matin, la toxine détectée dans un lot de café moulu mérite aussi un coup d’œil.