Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Santé

Elle croyait avoir mal aux transports en voiture : Theo Burrell est morte à 38 ans d’un cancer du cerveau

Publié par Cassandre le 18 Juil 2026 à 21:30
Elle croyait avoir mal aux transports en voiture : Theo Burrell est morte à 38 ans d'un cancer du cerveau

Un mal des transports en voiture, un peu de fatigue, des migraines qu’on met sur le compte du stress. Rien d’alarmant, en apparence. C’est pourtant par ces signes discrets que tout a commencé pour Theo Burrell, experte en antiquités et visage familier de l’émission britannique Antiques Roadshow.

Elle est morte le 9 juillet dernier, à seulement 38 ans, des suites d’un glioblastome, la forme la plus agressive de cancer du cerveau. Son histoire rappelle à quel point ce type de tumeur peut se cacher derrière des symptômes que personne n’associerait spontanément à un cancer.

Un Noël qui bascule sans prévenir

C’était en décembre 2021. Theo Burrell, alors âgée de 35 ans, fait un long trajet en voiture pour les fêtes. Et pour la première fois de sa vie, elle est malade en chemin.

« C’était étrange, je n’avais jamais eu le mal des transports », confiera-t-elle plus tard à l’association Glioblastoma Research. À l’époque, elle souffre aussi de migraines violentes et de troubles de la vision. Son fils Jonah, alors âgé d’un an, venait de commencer la crèche : elle pense avoir attrapé un virus.

Il faudra attendre l’été 2022 pour que les choses s’accélèrent vraiment. Après un passage aux urgences de l’hôpital royal d’Édimbourg pour des migraines devenues insupportables, un scanner est enfin réalisé.

Le verdict tombe : un glioblastome, l’un des cancers du cerveau les plus redoutés. Les chirurgiens parviennent à retirer 90 % de la tumeur, suivi de radiothérapie et de chimiothérapie. Un protocole lourd, pour un pronostic qui reste sombre : sans traitement, l’espérance de vie moyenne tourne autour de 12 à 18 mois, et seuls 5 à 10 % des patients survivent au-delà de cinq ans.

Le symptôme que presque personne ne relie à un cancer du cerveau

La vision double fait partie des signes les plus fréquents du glioblastome. Elle survient quand la tumeur comprime les nerfs qui contrôlent les mouvements des yeux, ou lorsque la pression intracrânienne augmente à cause du gonflement.

Autre symptôme méconnu : l’incontinence urinaire soudaine. Selon les chiffres publiés par Glioblastoma Research, près de 40 % des patients y sont confrontés. Une tumeur proche de la moelle épinière peut en effet perturber les nerfs qui gèrent la vessie.

Un signal qui, isolé, ressemble à un simple souci urinaire banal. Associé à d’autres troubles, il mérite pourtant des examens approfondis sans attendre.

Quand la maladresse cache un tout autre problème

Phil Edmondson, chauffeur poids lourd de 39 ans, a d’abord cru à de la simple fatigue. Il se met à perdre la sensation dans sa main droite, laisse tomber des objets plus souvent qu’avant.

« Ça a commencé par des objets qui lui échappaient plus que d’habitude. Puis des fourmillements. On pensait que c’était à cause de la conduite toute la journée », raconte sa femme Natalie au Daily Mail. Son médecin traitant finit par le référer pour un scanner : verdict, moins de 18 mois à vivre.

Homme regardant sa main droite avec inquiétude

Aujourd’hui, il ne peut plus conduire ni travailler. Même préparer un sandwich ou remplir un biberon devient un défi. « On ne réalise pas à quel point on utilise sa main dominante tant qu’on ne peut plus », confie Natalie. Ce type de faiblesse touche le cortex moteur, la zone du cerveau qui pilote nos mouvements, et peut se traduire par une perte de coordination d’un seul côté du corps.

Une fatigue si intense qu’elle a été confondue avec autre chose

La fatigue extrême revient dans presque tous les témoignages de patients atteints de glioblastome. Selon les experts du Brain Tumour Charity, elle s’explique par l’énergie colossale que l’organisme dépense pour tenter de combattre la tumeur.

« Le développement et la progression d’une tumeur, ainsi que la réponse du corps, impliquent une destruction cellulaire et une réparation des tissus qui consomment énormément d’énergie », expliquent leurs spécialistes. Résultat : le corps puise dans les réserves normalement dédiées au quotidien.

Jamie Brunt en a fait les frais. « Je n’arrivais plus à rester éveillé. Je dormais toute la nuit, je prenais un café et une cigarette, puis je me rendormais 20 minutes après », raconte-t-il. Son médecin soupçonne d’abord un taux de testostérone bas, puis une mauvaise alimentation. Deux ans plus tard, Jamie fait une crise en conduisant et se réveille dans une camionnette accidentée, couvert de sang.

Des bourdonnements d’oreille qui n’annonçaient rien de bon

Plus rare, mais bien réel : les acouphènes. Ce bourdonnement constant peut survenir quand la tumeur appuie sur le nerf auditif ou se développe dans la zone du cerveau qui traite les sons.

Certaines tumeurs, cancéreuses ou non, provoquent même de véritables hallucinations auditives lorsqu’elles touchent le lobe temporal, qui gère aussi le langage et la mémoire.

Glenn Lilley, 73 ans, a vécu des années avec des vertiges, des sifflements et une audition qui déclinait, sans qu’on ne s’en inquiète vraiment. À l’été 2021, elle s’effondre chez elle. Diagnostic : une tumeur si agressive que, sans opération, il ne lui restait peut-être que six mois à vivre.

Changements d’humeur, perte de sensations : des signaux qu’on n’imagine jamais liés au cerveau

Un symptôme surprend souvent l’entourage : les changements de comportement. Perte d’inhibitions, irritabilité soudaine, repli sur soi. La tumeur elle-même peut perturber le fonctionnement émotionnel, indépendamment du choc du diagnostic.

Shaun Turner, de l’île de Wight, a découvert une masse de la taille d’une orange dans son cerveau en 2014, après être devenu, selon ses propres mots, « très excité sexuellement et agressif ». Il perdait aussi progressivement la vue et l’odorat. « Normalement je suis quelqu’un de très calme et détendu, plein d’énergie. La tumeur m’a rendu constamment fatigué, très excité et agressif », raconte-t-il.

D’autres patients rapportent une perte de sensibilité au toucher : incapacité à distinguer le chaud du froid, à sentir une pression ou un contact léger. Des fourmillements peuvent aussi apparaître dans les membres, parfois causés par de mini-crises d’épilepsie dans le cerveau.

C’est ce qu’a vécu Lydia Carfrae-Brohaska, originaire de Wakefield : les picotements se sont propagés jusqu’aux jambes, avant qu’elle ne perde l’usage du côté gauche de son corps. En août 2018, le diagnostic tombe : un cancer, avec 12 à 18 mois d’espérance de vie.

Pourquoi ces signaux sont si souvent ignorés

Le point commun de tous ces témoignages ? Des symptômes qu’on associe d’abord à la fatigue, au stress ou à des soucis bénins. Pamela Cook, 65 ans, a d’abord été diagnostiquée à tort avec une dépression avant qu’un glioblastome ne soit finalement identifié, trop tard pour infléchir le cours de la maladie.

C’est bien là le piège du glioblastome : chaque symptôme, pris isolément, peut avoir mille explications anodines. Mais leur accumulation, ou leur aggravation rapide, doit alerter. Face à des maux de tête inhabituels, des troubles de la vision, une fatigue extrême ou des changements de personnalité qui persistent, consulter rapidement peut faire toute la différence.

Theo Burrell laisse derrière elle un fils, des proches bouleversés, et un message important : parfois, c’est le symptôme le plus anodin qui mérite le plus d’attention.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *