Cette habitude du soir, banale pour des millions de plus de 50 ans, inquiète une étude sur 98 299 personnes

Vous vous glissez sous la couette, votre Smartphone à la main, en pensant ne regarder que deux ou trois vidéos avant de dormir. Cette habitude, devenue presque automatique pour des millions de personnes, mérite pourtant qu’on s’y arrête. Une vaste analyse scientifique publiée en 2025 établit un lien entre le visionnage intensif de vidéos courtes et des performances cognitives dégradées, un sujet particulièrement sensible après 50 ans.
Le cerveau après 50 ans, un terrain plus fragile qu’on ne le pense
Passé la cinquantaine, le cerveau continue d’évoluer. Certains changements d’attention ou de mémoire peuvent apparaître sans pour autant signaler une maladie. C’est justement dans cette période charnière qu’une habitude du soir mérite d’être surveillée de près.
Il s’agit de celle qui consiste à faire défiler des vidéos courtes, sur TikTok, Instagram Reels ou YouTube Shorts, pendant de longues minutes avant de fermer les yeux. Un geste anodin en apparence, mais qui répète chaque soir le même schéma d’attention fragmentée.
Le sommeil, justement, joue un rôle central dans l’entretien des capacités mentales. Or les habitudes du soir qui nuisent au sommeil sont souvent sous-estimées, alors qu’elles pèsent directement sur la qualité du repos nocturne. Reste à savoir ce que révèle précisément la science sur ce lien entre écrans et cognition.
Ce que révèle vraiment l’étude sur 98 299 personnes
La réponse vient d’une méta-analyse publiée en 2025 dans Psychological Bulletin. Menée par le chercheur Nguyen et son équipe, elle compile 71 études et pas moins de 98 299 participants.
Son constat : un usage plus important des vidéos courtes est associé à de moins bonnes performances cognitives, notamment sur deux fonctions précises, l’attention et le contrôle inhibiteur. Le contrôle inhibiteur, c’est cette capacité à résister à une distraction ou à un réflexe automatique.
TikTok, Reels ou Shorts reposent sur un principe simple : une nouvelle image arrive avant même qu’on ait eu le temps de s’attarder sur la précédente. Cette succession ininterrompue oblige l’attention à changer continuellement de cible, minute après minute.
L’association retrouvée par les chercheurs reste modérée, et l’étude ne prouve pas que le téléphone provoque, à lui seul, un déclin cognitif. Le problème identifié n’est donc pas de regarder occasionnellement une vidéo, mais bien l’usage intensif et difficile à interrompre, celui qui grignote la soirée entière sans qu’on s’en rende compte.

Le vrai coupable pourrait se cacher ailleurs : le sommeil
Le magazine Grazia rapporte que le danger se situe surtout dans la durée. Une vidéo en appelle une autre, puis une notification ou une recommandation prolonge encore la soirée, repoussant l’heure du coucher sans qu’on le décide vraiment.
Or le sommeil joue un rôle majeur dans les performances cognitives. Les recherches récentes sur le système glymphatique suggèrent que certains processus de nettoyage des protéines cérébrales sont favorisés pendant les phases de sommeil profond. Grignoter ce temps de récupération, même de quelques dizaines de minutes, n’est donc jamais anodin.
Le lien entre Smartphone, sommeil et cognition doit ainsi être considéré dans son ensemble, et pas seulement à travers le temps d’écran affiché en fin de journée.
C’est précisément cette réserve cognitive, développée notamment par le neurologue Yaakov Stern, qui est en jeu : la capacité du cerveau à mobiliser différentes stratégies pour mieux résister aux changements liés à l’âge. Elle n’est pas figée, elle se construit et s’entretient, ou au contraire s’érode, selon les habitudes quotidiennes.
Ce que vous pouvez changer dès ce soir
Le premier réflexe consiste à créer une frontière claire entre le moment où l’on consulte son téléphone et celui où l’on prépare son sommeil. Plutôt que de compter sur la seule volonté, il est possible de désactiver les notifications, de programmer un mode « Ne pas déranger » ou de laisser l’appareil hors de portée du lit.
Cette organisation est d’autant plus utile que le défilement sans fin ne fournit aucun véritable point d’arrêt naturel. Une demi-heure sans écran avant le coucher peut devenir un rituel simple, au même titre que la lecture ou une technique de relaxation avant de dormir.
Supprimer le Smartphone ne suffit pas toujours : il faut aussi donner au cerveau une autre occupation. Un livre, quelques pages d’un magazine, une conversation tranquille peuvent remplacer le réflexe de consulter des vidéos. Se réveiller fatigué malgré une nuit complète fait justement partie des conséquences possibles de ce scroll nocturne, un signal qui mérite d’être pris au sérieux plutôt que balayé d’un revers de main.
Des oublis occasionnels ou un nom qui échappe momentanément ne suffisent évidemment pas à conclure à un déclin cognitif. En revanche, des difficultés nouvelles, répétées et gênantes dans la vie quotidienne méritent un avis médical, sans que le téléphone devienne automatiquement le seul accusé. Parallèlement, une activité physique régulière, comme la marche selon les chercheurs d’Harvard, constitue une autre piste solide pour entretenir les fonctions cérébrales.
Le rituel du soir n’a donc rien d’anodin, et cette méta-analyse le rappelle sans détour : ce ne sont pas les écrans en eux-mêmes qui posent problème, mais la façon dont ils grignotent, soir après soir, le temps de sommeil et la capacité d’attention.
Et si vous pensiez que seul le téléphone perturbait vos nuits, ce que les variations de température font à votre sommeil pourrait bien vous surprendre autant. Reste aussi à savoir comment votre corps encaissera le prochain changement d’heure, un autre bouleversement du rythme qui approche à grands pas.