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Cette expérience de 1991 en Arizona a vu l’oxygène de 8 habitants chuter de 21% à 14% sans explication

Publié par Cassandre le 21 Sep 2026 à 10:45
Dôme de verre géant isolé dans le désert d'Arizona

Imaginez vivre deux ans entiers derrière une paroi de verre, sans qu’un seul souffle d’air extérieur ne rentre. C’est exactement ce qu’ont vécu huit personnes dans le désert de l’Arizona à partir de 1991. Très vite, un phénomène inexplicable s’est installé : leur oxygène a commencé à disparaître, sans que personne ne comprenne pourquoi.

Un dôme scellé au cœur du désert de Sonora

Le 26 septembre 1991, huit « biosphériens », parmi lesquels le médecin Roy Walford et Jane Poynter, pénètrent dans une structure baptisée Biosphere 2. La porte se referme derrière eux pour deux ans, sans aucun flux d’air, d’eau ou de nourriture venant de l’extérieur.

L’installation reproduit sous une même verrière cinq écosystèmes : une forêt tropicale, un océan avec récif corallien, une mangrove, une savane et un désert. À cela s’ajoute une zone agricole où l’équipage cultive lui-même 83 % de sa nourriture, un peu comme un huis clos scientifique plus radical que ce qu’a vécu cet homme disparu pendant 63 jours dans une grotte.

Le but affiché ? Vérifier si des humains peuvent survivre en autarcie totale dans un système entièrement fermé. Mais dès les premiers mois, le taux d’oxygène commence à chuter, lentement, inexorablement, passant de 21 % à 14,5 % — un déclin qui rappelle certains effets observés sur le cerveau des astronautes lors de longs séjours confinés.

La chasse à l’oxygène disparu

En 1993, le niveau tombe à 14,2 %, l’équivalent de vivre à 13 400 pieds d’altitude. Les huit occupants souffrent de fatigue chronique, d’essoufflement, d’apnées du sommeil. Grimper un escalier devient une épreuve, et certaines phrases restent inachevées, faute de souffle.

Le plus troublant, c’est que personne ne sait où passe cet oxygène. Dans un système clos, la matière ne devrait pas s’évaporer : elle doit forcément se retrouver quelque part. Pourtant les mesures de dioxyde de carbone ne grimpent pas au rythme attendu, un peu comme le mystère non résolu des 12 262 mètres du puits de Kola soviétique.

La réponse viendra d’une étude publiée en 1994 dans la revue Eos, Transactions American Geophysical Union. Les chercheurs y démontrent que la perte d’oxygène est causée par la respiration microbienne d’une matière organique excessive dans les sols, un mécanisme presque aussi discret que celui des champignons noirs de Tchernobyl.

Personne essoufflée dans une serre végétale fermée

Le béton avait tout absorbé

Comme dans d’autres mystères scientifiques non résolus sur le coup, la cause de la fuite d’oxygène se cachait littéralement sous les pieds et dans les murs des biosphériens. Le sol de la forêt tropicale et de la savane, anormalement riche en matière organique, faisait travailler des microbes à un rythme abnormal, consommant énormément d’oxygène.

Le second mécanisme se logeait dans le béton de la structure, qui contient de l’hydroxyde de calcium. Au lieu d’être absorbé par les plantes, l’excès de CO2 réagissait avec ce composé pour former du carbonate de calcium et de l’eau — un processus appelé carbonatation.

Résultat : environ 750 kilomoles de CO2 ont été piégées dans les murs, comme aspirées par la pierre elle-même, un phénomène presque aussi étrange que celui vécu par des souris ayant passé 37 jours dans l’espace.

Face à la dégradation des conditions de vie, les responsables cèdent finalement en janvier 1993 et pompent de l’oxygène pur depuis l’extérieur. L’effet est immédiat : après des mois de léthargie, les biosphériens se remettent à courir et à rire. Le 26 septembre 1993, les quatre hommes et les quatre femmes émergent enfin, amaigris, ayant perdu en moyenne 16 % de leur poids corporel.

Trente-cinq ans plus tard, le dôme tient toujours debout dans le désert de l’Arizona, désormais exploité par l’université locale comme centre de recherche environnementale. Une leçon reste gravée dans son béton : même l’écosystème le plus minutieusement conçu peut cacher une fuite que personne n’avait vue venir. Et vous, auriez-vous tenu deux ans derrière ce verre ?

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