Pleine Lune du 26 octobre : le test du pouce tendu révèle ce que vos yeux vous cachent depuis toujours

Vous l’avez déjà vue, énorme, orange, posée sur les toits comme un ballon géant. Votre cerveau jure qu’elle a grossi. Il vous ment, et un simple pouce suffit à le prouver. Cette pleine Lune du Chasseur arrive juste après le passage à l’heure d’hiver, et elle cache deux surprises : une illusion de taille et une couleur, elle, bien réelle.
Pleine Lune du Chasseur : un rendez-vous calé à 5 h 12, mais pas pour les raisons qu’on croit
La phase exacte de la pleine Lune tombe le lundi 26 octobre à 4 h 12 UTC, soit 5 h 12 à Paris, selon le calendrier astronomique de la NASA. À cette heure-là, elle est haute dans le ciel et s’apprête à filer derrière l’horizon ouest. Pas franchement idéal pour l’admirer.
Le bon créneau ? Le dimanche 25 octobre au soir, quand elle se lève à l’est juste après le coucher du Soleil. À Paris, elle apparaît vers 17 h 20 et se couche le lendemain à 7 h 56. De quoi sortir sans courir.
Autre subtilité de calendrier : cette Lune arrive juste après le passage à l’heure d’hiver. Dans la nuit de samedi à dimanche, à 3 h il était 2 h, et c’est la date la plus précoce possible selon les règles européennes harmonisées depuis 1998. Un cas qui ne s’était pas produit depuis 2020, et qu’il faudra attendre 2037 pour revivre.
Au passage, le projet européen voté en 2019 pour supprimer ce changement d’heure reste sans suite concrète, comme le rappelle l’histoire de ce vote européen oublié. Côté tradition populaire, on l’appelle la Lune du Chasseur, celle qui suit la Lune des Moissons. Mais le vrai tour de magie se joue au bout de votre bras.
Le geste du pouce : la Lune ne grossit jamais d’un millimètre
Le test est d’une simplicité désarmante. Tendez le bras et cachez la Lune basse sur l’horizon avec votre pouce. Elle disparaît entièrement, non ?
Refaites exactement le même geste quelques heures plus tard, quand elle est montée haut dans le ciel. Résultat identique : votre pouce la masque toujours aussi bien. La Lune n’a pas gonflé.
Ce que votre cerveau prend pour une taille gigantesque est une illusion lunaire, une illusion de perception bien connue. Les mesures photographiques le confirment : avec les mêmes réglages de zoom, la Lune garde une largeur parfaitement identique, qu’elle soit basse ou haute. Rien que l’on ne puisse vérifier chez soi, comme on comprend enfin pourquoi les étoiles scintillent quand les planètes restent sages.
Le coupable ? La comparaison avec le paysage : arbres, immeubles, lignes d’horizon faussent notre estimation de la distance, donc de la taille. Sans repère, le cerveau n’a plus aucune raison de se tromper. Seul détail réel : près de l’horizon, elle peut paraître légèrement aplatie verticalement, car l’atmosphère agit comme une lentille très faible. Alors, tout est-il faux dans ce qu’on voit ? Pas du tout.

Cette teinte orangée, elle, n’a rien d’une illusion
Les Lunes qui rougissent dans le ciel fascinent depuis toujours, mais ici, pas besoin d’éclipse. Si la taille relève de l’illusion, la couleur est un phénomène physique parfaitement réel et mesurable.
Quand la Lune est basse, sa lumière traverse une épaisseur d’atmosphère bien plus grande qu’au zénith. Ce long trajet filtre les longueurs d’onde bleues, tandis que les rouges et les orangés passent plus facilement jusqu’à nos yeux. D’où cette teinte dorée, parfois franchement orangée. Pas de filtre, pas de retouche : c’est le même principe que nos couchers de soleil.
Pour en profiter, visez le dimanche soir vers l’est, dès que le Soleil disparaît à l’ouest. L’erreur fréquente est d’attendre la nuit noire. La fenêtre la plus belle s’ouvre au crépuscule, quand le ciel garde un peu de lumière et que le contraste avec la Lune orangée devient saisissant.
Et si vous préférez la voir à son sommet, avant l’aube, rien ne vous empêche de vous souvenir que votre horloge interne digère mal ce décalage. Une sortie lumineuse du soir est alors une bonne idée.
Cinq minutes, un bras tendu, un pouce : voilà de quoi démasquer votre propre cerveau et savourer une couleur bien réelle. Une petite marche nocturne après une journée de télétravail, et une leçon d’astronomie gratuite en prime. Et si l’horloge vous intrigue autant que le ciel, l’écart de 56 microsecondes par jour qui force les experts à inventer l’heure de la Lune a de quoi vous retourner la tête.