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Sortie dans le vide spatial : ce que le corps de Sophie Adenot a vraiment traversé

Publié par Cassandre le 19 Août 2026 à 14:30

Sophie Adenot vient de passer plusieurs heures suspendue dans le vide, à des centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes. On a tous vu les images : le scaphandre blanc, la Terre en fond, le geste lent et précis. Mais sous la combinaison, qu’est-ce qui se passe vraiment dans le corps d’un astronaute pendant une sortie extravéhiculaire ?

Spoiler : c’est beaucoup moins glamour qu’on l’imagine, et beaucoup plus violent pour l’organisme. Douleurs, démangeaisons impossibles à gratter, écarts de température ahurissants, gestion de l’envie d’uriner en pleine sortie… Le corps humain n’est clairement pas fait pour ça. Voici ce qui se cache derrière chaque sortie extravéhiculaire.

Respirer de l’oxygène pur, un rituel qui dure des heures

Avant même d’ouvrir le sas, l’astronaute doit passer par une étape obligatoire et fastidieuse : la « pré-oxygénation ». Pendant plusieurs heures, il respire de l’oxygène pur pour éliminer l’azote dissous dans son sang.

Sans cette précaution, le passage de la pression cabine à la pression beaucoup plus basse de la combinaison provoquerait des bulles d’azote dans le sang. C’est exactement le même phénomène que celui qui touche les plongeurs en cas de remontée trop rapide : l’accident de décompression.

Résultat, avant même de sortir, l’astronaute a déjà passé un long moment allongé, masque sur le visage, à respirer un air totalement différent de celui qu’on connaît. Un détail qui rappelle à quel point cette sortie dans le vide spatial ne s’improvise jamais.

Astronaute respirant de l'oxygène pur avant une sortie spatiale

La combinaison, une bulle sous pression qui pèse une tonne

Une fois dans le scaphandre, le corps évolue dans une bulle pressurisée à environ un tiers de la pression atmosphérique terrestre. C’est suffisant pour respirer normalement, mais ça change tout le rapport au mouvement.

La combinaison elle-même pèse plus de 100 kilos sur Terre. En apesanteur, ce poids disparaît, mais la rigidité reste : chaque geste demande un effort musculaire disproportionné, un peu comme serrer le poing dans un gant de boxe surgonflé pendant des heures.

Les astronautes ressortent souvent avec les mains meurtries, les ongles fragilisés, parfois même décollés à force de frotter contre le gant. Un prix physique que peu de gens soupçonnent derrière l’image léchée des sorties spatiales.

Entre soleil et ombre, un choc thermique permanent

C’est sans doute l’aspect le plus extrême et le moins connu. À chaque passage entre la lumière directe du Soleil et l’ombre de la Terre, la température extérieure de la combinaison peut varier de plus de 250 degrés Celsius.

Côté soleil, la surface peut grimper à 120°C. Côté ombre, elle chute à -100°C. Un cycle qui se répète toutes les 45 minutes environ, le temps que la station effectue sa révolution autour de la Terre.

Le système de refroidissement interne du scaphandre, un réseau de tubes remplis d’eau qui circule contre la peau, doit s’adapter en permanence. Sans lui, le corps ne survivrait tout simplement pas à ces écarts.

Astronaute dans le vide spatial entre soleil et ombre extrême

Manger, boire, et gérer une démangeaison impossible à atteindre

Une sortie peut durer six à sept heures. Impossible de rentrer pour un encas. Dans le casque, un petit sachet de nourriture liquide ou une pâte à sucer est parfois disponible, ainsi qu’un tube d’eau accessible avec la bouche.

Mais le vrai casse-tête, c’est la démangeaison. Le nez qui gratte, une mouche imaginaire sur la joue : impossible de se gratter avec des gants aussi épais. Certains scaphandres intègrent une petite protubérance en mousse à l’intérieur du casque, contre laquelle l’astronaute peut frotter son nez.

Pour le reste, il faut apprendre à ignorer. Une compétence mentale presque plus importante que la compétence technique, quand on passe des heures enfermé dans une combinaison rigide.

Et pour l’envie d’uriner ? La solution n’a pas vraiment changé

Sujet tabou mais bien réel : impossible de sortir de la combinaison pendant sept heures. La solution reste la couche absorbante haute performance, une évolution directe des couches pour adultes, portée sous la combinaison.

Ce détail, aussi trivial soit-il, illustre bien à quel point l’exploration spatiale demande de renoncer à toute pudeur. Le corps humain, dans ce contexte, est ramené à ses besoins les plus basiques, loin de l’image héroïque qu’on projette souvent.

Le vide sous les pieds, une peur que personne n’évacue vraiment

Techniquement, un astronaute en sortie est toujours attaché à la station par un câble de sécurité. Mais psychologiquement, regarder ses pieds flotter au-dessus de 400 kilomètres de vide reste une expérience à part.

Certains décrivent une sensation de vertige inversé : pas la peur de tomber, puisqu’on ne tombe pas en apesanteur, mais un vertige plus abstrait, presque existentiel, face à l’immensité. D’autres racontent au contraire un calme absolu, presque méditatif.

Cette gestion du stress fait d’ailleurs partie de l’entraînement intensif que suivent les astronautes avant chaque mission, au même titre que la gestion des gestes du quotidien devenus complexes en apesanteur.

Astronaute agrippé à la station avec la Terre en arrière-plan

Le corps ne sort jamais indemne de l’expérience

Après une sortie, la fatigue est intense, presque comparable à celle d’un marathon. Les muscles ont travaillé en continu contre la résistance de la combinaison, le système cardiovasculaire a été sollicité en permanence.

À plus long terme, des études ont montré que le séjour prolongé en apesanteur modifie la répartition des fluides dans le corps, et même la structure du cerveau des astronautes après plusieurs mois de mission.

Autant dire que chaque sortie extravéhiculaire, aussi routinière qu’elle puisse paraître désormais, reste un défi physiologique majeur. Un rappel utile la prochaine fois qu’on verra une combinaison blanche flotter tranquillement devant un hublot.

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