Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Science

En Bulgarie, ce squelette recroquevillé dans une jarre romaine révèle une mort atroce vieille de 1 600 ans

Publié par Cassandre le 10 Sep 2026 à 10:17

Un squelette recroquevillé, deux couteaux en fer, une ceinture. Et une jarre en guise de dernier refuge. C’est ce qu’ont exhumé des archéologues en Bulgarie, sur le site d’une ancienne colonie romaine constamment assiégée. Ce que révèlent ces ossements sur les dernières minutes de cet homme dépasse tout ce que les chercheurs imaginaient.

En Bulgarie, ce squelette recroquevillé dans une jarre romaine révèle une mort atroce vieille de 1 600 ans

Une tourelle romaine transformée en tombeau improvisé

Le 10 août, une équipe d’archéologues a mis au jour ces restes humains dans une tourelle de Deultum, une ancienne colonie romaine aujourd’hui située en Bulgarie. Selon Live Science, la ville subissait des attaques répétées des armées huns et germaniques aux IVe et Ve siècles, peu avant la chute de l’Empire romain en 476.

Ce contexte de siège permanent n’est pas sans rappeler d’autres histoires de survie extrême face à l’adversité, à mille lieues des récits de survie plus récents mais tout aussi glaçants.

Le squelette gisait à l’intérieur d’un dolium, un immense récipient en céramique d’environ un mètre de large, habituellement utilisé pour stocker de la nourriture. Autour du corps : des murs noircis, des fragments de verre fondu et des os d’animaux domestiques calcinés. Autant de traces qui, mises bout à bout, dessinent un scénario de fin du monde miniature, à l’échelle d’une seule tourelle assiégée.

Recroquevillé, les genoux contre le menton, sans tenter de sortir

C’est la position même du corps qui frappe les chercheurs. Selon Lyudmil Vagalinski, archéologue à l’Académie bulgare des sciences et responsable des fouilles, l’homme s’était réfugié dans le pithos, accroupi, les genoux pressés contre le menton, le visage tourné vers le bas.

« Il n’a fait aucune tentative pour en sortir », a-t-il confié à des médias locaux. Une phrase glaçante qui suggère une mort silencieuse, presque résignée, loin du chaos qui ravageait la ville à l’extérieur.

D’après l’hypothèse des chercheurs, ce jeune homme, probablement étranger aux combats en cours, se serait caché là durant une invasion, armé de ses deux couteaux au cas où l’ennemi le retrouverait. Mais ce n’est pas une lame qui l’a tué.

La présence de cendres sous le squelette indique qu’il s’est enfermé dans la jarre alors qu’un incendie s’était déjà déclaré. L’homme se serait donc lentement asphyxié, prisonnier de son propre abri.

Couteau en fer et ossements dans une fouille

Une découverte si rare qu’elle change la lecture du site

Il est extraordinaire de retrouver des restes humains à l’intérieur même d’une ville romaine. À l’époque, la coutume imposait d’enterrer les morts hors des murailles, jamais en son cœur.

Pour Vagalinski, seules des « circonstances extraordinaires » pouvaient expliquer une telle sépulture improvisée : tremblements de terre, éruptions volcaniques, ou attaques ennemies comme celle qui a visiblement scellé le sort de cet homme il y a 1 600 ans.

Après l’invasion, les habitants de Deultum ont démoli les ruines de la tourelle et coulé un nouveau sol par-dessus. Sans le savoir, ils ont ainsi emmuré définitivement le corps sous leurs pieds pendant plus d’un millénaire et demi. Un peu comme ces lieux du quotidien qui finissent recouverts par le temps et l’oubli collectif, avant d’être redécouverts des siècles plus tard.

Les ossements ont depuis été transférés à Sofia, la capitale bulgare, où un anthropologue physique va les analyser en détail. L’objectif : éclairer davantage les circonstances exactes de cette mort qui, seize siècles plus tard, continue de fasciner les scientifiques.

Un homme seul, une jarre, et un feu qu’il n’a jamais vu venir : voilà tout ce qu’il reste d’une vie fauchée par la chute de Rome. Reste à savoir ce que les prochaines analyses de Sofia révéleront encore sur son identité.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *