Selon ces scientifiques britanniques, Yellowstone pourrait faire jusqu’à 1,3 milliard de morts

Il dort sous le parc national le plus célèbre des États-Unis, et personne n’a jamais vu ce qu’il est capable de faire. Le supervolcan de Yellowstone fascine et inquiète les scientifiques depuis des décennies. Cette fois, des chercheurs britanniques ont poussé l’exercice plus loin que jamais : ils ont imaginé, mois par mois, ce qui se passerait vraiment si la caldeira se réveillait. Le résultat donne froid dans le dos.
Un monstre géologique sous surveillance permanente
La caldeira de Yellowstone s’étend sur près de 30 sur 45 miles, quelque part entre le Wyoming, le Montana et l’Idaho.
C’est l’un des volcans les plus étudiés de la planète, et pour cause : il a déjà produit trois éruptions cataclysmiques en 2,1 millions d’années, la dernière remontant à 631 000 ans.
À chaque fois, le phénomène a rayé toute forme de vie sur des centaines de kilomètres et dispersé des cendres sur tout le continent nord-américain, un peu comme ces scénarios de fin du monde que les chercheurs adorent modéliser.
Pour comprendre l’ampleur d’un tel événement, Ilan Kelman, professeur spécialiste des catastrophes à l’University College de Londres, et Matthew Blackett, géographe à l’université de Coventry, ont analysé la manière dont d’autres pays ont géré des crises naturelles récentes.
Leur objectif : bâtir un scénario réaliste, publié dans The Conversation, qui suit heure après heure la pire hypothèse imaginable. Un exercice qui rappelle d’ailleurs d’autres bouleversements géologiques étudiés récemment, comme cette inversion de rotation observée en Espagne et au Portugal.
Le compte à rebours qui mène au chaos mondial
Le scénario commence un mois avant l’éruption : une hausse anormale des séismes fait passer l’alerte de « normale » à « avancée ». Trois semaines plus tard, les secousses deviennent plus superficielles et les geysers s’affolent. Une semaine avant le drame, les scientifiques estiment à 85-92% la probabilité d’une éruption imminente, et déclenchent l’évacuation de 200 000 habitants dans un rayon de 100 kilomètres.
Le jour J, du magma s’infiltre dans le système hydrothermal, projetant vapeur brûlante, boue et roches à des kilomètres d’altitude. Puis c’est l’explosion : une colonne de cendres monte à 31 miles, soit environ 50 kilomètres, dans l’atmosphère. Les coulées pyroclastiques tuent jusqu’à 1 000 personnes sur le coup et ravagent les terres agricoles de huit États américains, un chaos qui évoque ces études alarmantes sur l’avenir de l’humanité.
En quelques jours, la ville de Billings, dans le Montana, croule sous près d’un mètre de cendres. Les réseaux d’électricité, d’eau et de téléphonie lâchent les uns après les autres.
Deux semaines plus tard, les routes, les aéroports et les fermes sont paralysés dans toute l’Amérique du Nord, tandis que les États-Unis, le Canada et le Mexique déclarent l’état d’urgence, un effondrement systémique comparable à celui décrit dans cette étude sur l’autodestruction de nos sociétés.

Le bilan vertigineux d’une catastrophe planétaire
Comme souvent avec les grandes énigmes de notre planète, c’est dans la durée que le pire se joue vraiment. Entre quatre et six mois après l’éruption, les hôpitaux saturent sous les problèmes respiratoires liés aux cendres, pendant que l’agriculture nord-américaine s’effondre. Les prix alimentaires mondiaux explosent, une crise bancaire éclate, et l’économie planétaire bascule en récession.
Dix ans plus tard, l’humanité aurait adopté un mode de vie beaucoup plus agraire, la chasse remplaçant l’élevage industriel. Famines et migrations massives deviendraient la norme. Selon les auteurs de l’étude, ce scénario extrême entraînerait entre 0,7 et 1,3 milliard de morts prématurées à l’échelle mondiale, un chiffre qui rappelle certaines découvertes scientifiques hors normes qui s’enchaînent en 2026.
Mais il existe une note d’espoir : dans le passé, aucune éruption de Yellowstone n’a mis fin à l’humanité, ni même approché ce résultat. Et surtout, rien n’indique une catastrophe imminente. Les trois précédentes éruptions se sont produites en moyenne tous les 725 000 ans, ce qui laisserait théoriquement encore 100 000 ans devant nous. Les experts de l’USGS eux-mêmes tempèrent ce calcul, jugé « sans grande signification » puisqu’il repose sur seulement deux intervalles connus.
Alors, cauchemar lointain ou menace bien réelle ? Les volcans, rappellent les chercheurs, ne suivent aucun calendrier prévisible. Yellowstone continuera d’être surveillé de très près, éruption ou pas.