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Sa facture d’eau grimpe de 340 à 851 euros en un an alors qu’il consomme moins : sa colère devient virale

Publié par Ambre Détoit le 10 Juil 2026 à 12:42
Homme regardant sa facture d'eau avec stupeur

« Je dépense moins d’eau mais je paie beaucoup plus. » À Genlis, en Côte-d’Or, Michel Cornille n’en revient toujours pas de sa dernière facture d’eau. Sa consommation a pourtant baissé par rapport à l’année précédente. Ce qui l’attendait dans sa boîte aux lettres allait le laisser sans voix.

Une facture qui grimpe alors que la consommation baisse

Tout part d’un constat qui ne colle pas. Chez les Cornille, la consommation d’eau est passée de 112 m³ à 87 m³ en un an, une belle baisse qui aurait dû se traduire par une facture allégée. Sauf que c’est l’inverse qui s’est produit, et l’écart donne le vertige.

Avec l’ancien gestionnaire Suez, le foyer réglait 25 euros par mois, plus une régularisation annuelle d’une trentaine d’euros. Total : environ 340 euros par an, un montant stable auquel les habitants s’étaient habitués, un peu comme les riverains touchés par d’autres hausses de charges inattendues ailleurs en France.

Depuis le changement de délégataire, la donne a complètement changé. L’échéancier mensuel est passé à 31 euros, mais c’est surtout la ligne « régularisation » qui interpelle : 479,86 euros à elle seule. De quoi transformer une facture modeste en note salée, un peu comme ces changements administratifs qui tombent sans prévenir sur les foyers les plus attentifs à leur budget.

851 euros au total, et un sentiment d’avoir été mis devant le fait accompli

Le calcul final fait l’effet d’une gifle. Facture annuelle : 851,86 euros, contre 340 euros l’année précédente. Soit un montant multiplié par près de deux fois et demie, pour une consommation en baisse de près de 22%.

« On paie quasiment deux fois et demie plus cher pour une consommation qui a pourtant diminué. Je suis estomaqué », confie Michel Cornille à actu Dijon. Ce qui le révolte autant que le chiffre, c’est l’absence totale de concertation autour du changement de délégataire, désormais assuré par Veolia pour l’eau potable, sur le territoire de la Plaine Dijonnaise.

« On a découvert du jour au lendemain que Veolia reprenait le contrat. On n’a jamais eu notre mot à dire », regrette-t-il. Il dit avoir sollicité sa mairie, le syndicat Sinotiv’eau et des élus communautaires, sans obtenir de réponse satisfaisante sur le fond.

Seule proposition reçue : un échelonnement des paiements, alors que la vraie question reste sans réponse — pourquoi une telle hausse, et pourquoi ce choix précis. Un sentiment d’impuissance que partagent souvent les usagers confrontés à des décisions financières prises loin d’eux.

Compteur d'eau fixé sur un mur extérieur

Une pétition qui dépasse déjà les 340 signatures

Face aux nombreux témoignages similaires publiés sur un groupe Facebook consacré à Genlis, Michel Cornille a décidé de passer à l’action. Il a lancé une pétition citoyenne réclamant transparence et explications. En quelques jours seulement, elle a déjà recueilli plus de 340 signatures.

« Beaucoup de voisins me disent qu’ils ont eu la même surprise. Certains parlent de factures multipliées par quatre ou cinq », rapporte-t-il. Contacté, le maire de Genlis, Martial Mathiron, confirme s’être opposé au choix du nouveau délégataire. Il justifie la hausse par les investissements nécessaires pour moderniser un réseau vieillissant et réparer de nombreuses fuites, tout en reconnaissant un sérieux manque de communication auprès des usagers.

Le syndicat Sinotiv’eau, de son côté, explique que l’augmentation découle du renouvellement des délégations de service public entrées en vigueur au 1er janvier 2025. Les anciens contrats, vieux de plus de dix ans, ne correspondaient plus aux réalités économiques et techniques actuelles.

Le syndicat évoque des besoins d’investissement estimés à 50 millions d’euros sur dix ans, une partie du réseau datant des années 1960. Michel Cornille, lui, a payé sa facture contesté, en attendant des réponses claires.

« L’eau est un bien précieux, mais ce n’est pas de l’or non plus », résume-t-il, avant de préparer un dossier à transmettre aux élus et à Veolia.

Une facture d’eau ne devrait jamais transformer une baisse de consommation en mauvaise surprise financière. À Genlis, l’addition a un goût amer, et elle pourrait bien faire des émules dans d’autres communes où les contrats de délégation arrivent à échéance. Votre propre facture d’eau a-t-elle, elle aussi, pris un tournant inattendu ces derniers mois ?

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